Géographie de la Bretagne/Le commerce extérieur

De SkolVreizhWiki.
(Différences entre les versions)
Aller Ă  : Navigation, rechercher
Ligne 19 : Ligne 19 :
  
 
'''Texte de Pierre-Yves Le Rhun – 2015'''
 
'''Texte de Pierre-Yves Le Rhun – 2015'''
−
<p style="text-align: justify">C’est au travers des Ă©changes commerciaux internationaux que se fait la confrontation entre les Ă©conomies nationales. Certes les rĂ©gions ne sont pas tenues d’équilibrer leurs importations et exportations. Cependant le bilan de la balance commerciale d’un Etat dĂ©pend du dynamisme des entreprises de ses rĂ©gions et de leurs succĂšs sur les marchĂ©s internationaux. D’oĂč l’utilitĂ© de connaĂźtre l’évolution du marchĂ© mondial pour juger les performances d’une Bretagne confrontĂ©e Ă  la concurrence internationale.</p><p style="text-align: justify"></p>
+
<p style="text-align: justify">C’est au travers des Ă©changes commerciaux internationaux que se fait la confrontation entre les Ă©conomies nationales. Certes les rĂ©gions ne sont pas tenues d’équilibrer leurs importations et exportations. Cependant le bilan de la balance commerciale d’un Etat dĂ©pend du dynamisme des entreprises de ses rĂ©gions et de leurs succĂšs sur les marchĂ©s internationaux. D’oĂč l’utilitĂ© de connaĂźtre l’évolution du marchĂ© mondial pour juger les performances d’une Bretagne confrontĂ©e Ă  la concurrence internationale.</p>
−
== <span style="color:#000080">1991-2013 : la formidable croissance des Ă©changes internationaux de marchandises</span> ==
+
== 1991-2013 : la formidable croissance des Ă©changes internationaux de marchandises ==
−
<p style="text-align: justify">Alors que la croissance des Ă©changes internationaux Ă©tait dĂ©jĂ  bien lancĂ©e, la crĂ©ation de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 1995 a favorisĂ© l’ouverture encore plus grande des frontiĂšres. Le forte baisse des coĂ»ts des communications et des transports (surtout maritimes et par conteneurs) a permis aux multinationales des pays industrialisĂ©s de dĂ©localiser des fabrications vers les pays Ă©mergents (Chine, Inde, etc). Des entreprises moyennes, et mĂȘme des petites parfois, ont su Ă©galement tirer profit des nouvelles possibilitĂ©s pour exporter sur les marchĂ©s de l’Union EuropĂ©enne ou vers d’autres continents.</p><p style="text-align: justify">C’est ainsi que la valeur des exportations mondiales de marchandises passe de 3 485 Md$ (Milliards de dollars) en 1991 Ă  18 300 en 2013, soit une multiplication par 4,2 en 22 ans ! Autre exemple, les exportations mondiales de produits manufacturĂ©s, dont la valeur Ă©tait de 4 400 Md$ en l’an 2000, atteignaient en 2013 un montant de 11 800 Md$ : une croissance de 172% en 13 ans. Ce sont les Ă©changes de produits manufacturĂ©s qui constituent le moteur principal de la croissance prodigieuse du marchĂ© mondial : en 2013 leur valeur totale reprĂ©sentait 64,7% du commerce international des marchandises. L’essor des Ă©changes internationaux est trĂšs nettement supĂ©rieur Ă  la croissance de la production industrielle des principaux pays engagĂ©s dans le marchĂ© mondial. Quand une entreprise dĂ©localise la fabrication de piĂšces dĂ©tachĂ©es, cela gĂ©nĂšre des opĂ©rations de transport international, davantage de rentabilitĂ©, mais pas forcĂ©ment une augmentation de la production, sans compter que la dĂ©localisation peut se traduire par la rĂ©duction des emplois. En rĂ©sumĂ©, les Ă©conomies nationales, dont les frontiĂšres sont devenues poreuses, s’intĂšgrent de plus en plus dans un marchĂ© mondialisĂ©. Maintenant c’est Ă  cette Ă©chelle que la compĂ©titivitĂ© devient la garantie de survie des entreprises exportatrices mais aussi de celles qui subissent la concurrence internationale sur leur propre marchĂ© intĂ©rieur.</p><p style="text-align: justify"></p>
+
<p style="text-align: justify">Alors que la croissance des Ă©changes internationaux Ă©tait dĂ©jĂ  bien lancĂ©e, la crĂ©ation de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 1995 a favorisĂ© l’ouverture encore plus grande des frontiĂšres. Le forte baisse des coĂ»ts des communications et des transports (surtout maritimes et par conteneurs) a permis aux multinationales des pays industrialisĂ©s de dĂ©localiser des fabrications vers les pays Ă©mergents (Chine, Inde, etc). Des entreprises moyennes, et mĂȘme des petites parfois, ont su Ă©galement tirer profit des nouvelles possibilitĂ©s pour exporter sur les marchĂ©s de l’Union EuropĂ©enne ou vers d’autres continents.</p><p style="text-align: justify">C’est ainsi que la valeur des exportations mondiales de marchandises passe de 3 485 Md$ (Milliards de dollars) en 1991 Ă  18 300 en 2013, soit une multiplication par 4,2 en 22 ans ! Autre exemple, les exportations mondiales de produits manufacturĂ©s, dont la valeur Ă©tait de 4 400 Md$ en l’an 2000, atteignaient en 2013 un montant de 11 800 Md$ : une croissance de 172% en 13 ans. Ce sont les Ă©changes de produits manufacturĂ©s qui constituent le moteur principal de la croissance prodigieuse du marchĂ© mondial : en 2013 leur valeur totale reprĂ©sentait 64,7% du commerce international des marchandises. L’essor des Ă©changes internationaux est trĂšs nettement supĂ©rieur Ă  la croissance de la production industrielle des principaux pays engagĂ©s dans le marchĂ© mondial. Quand une entreprise dĂ©localise la fabrication de piĂšces dĂ©tachĂ©es, cela gĂ©nĂšre des opĂ©rations de transport international, davantage de rentabilitĂ©, mais pas forcĂ©ment une augmentation de la production, sans compter que la dĂ©localisation peut se traduire par la rĂ©duction des emplois. En rĂ©sumĂ©, les Ă©conomies nationales, dont les frontiĂšres sont devenues poreuses, s’intĂšgrent de plus en plus dans un marchĂ© mondialisĂ©. Maintenant c’est Ă  cette Ă©chelle que la compĂ©titivitĂ© devient la garantie de survie des entreprises exportatrices mais aussi de celles qui subissent la concurrence internationale sur leur propre marchĂ© intĂ©rieur.</p>
−
== <span style="color:#000080">La balance commerciale de la Bretagne en 1991 et 2013</span> ==
+
== La balance commerciale de la Bretagne en 1991 et 2013 ==
 
<p style="text-align: justify">Dans la ''Géographie & Aménagement de la Bretagne'' (1994), Michel Phlipponneau fournit les données de la balance commerciale de 1991 en milliards de Francs. Leur conversion en Euros permet de dresser le tableau suivant :</p>
 
<p style="text-align: justify">Dans la ''Géographie & Aménagement de la Bretagne'' (1994), Michel Phlipponneau fournit les données de la balance commerciale de 1991 en milliards de Francs. Leur conversion en Euros permet de dresser le tableau suivant :</p>
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-1.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-1.jpg]]<br/>
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-1.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-1.jpg]]<br/>
Ligne 31 : Ligne 31 :
  
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-3.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-3.jpg]]
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-3.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-3.jpg]]
−
<p style="text-align: justify"><br/>En 1991, 73% des exportations rĂ©gionales Ă©taient destinĂ©es Ă  des pays de l’Union EuropĂ©enne. En 2012, ce pourcentage est descendu Ă  61% : la rĂ©gion Bretagne s’ouvre davantage sur le marchĂ© mondial, mais il reste des progrĂšs Ă  faire. Par exemple les entreprises bretonnes exportent deux fois moins que la moyenne française vers les « BRIC » (BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine) qui sont de plus en plus importateurs (13% des importations mondiales selon l’OMC). On remarque que la Chine est devenue le second fournisseur de la rĂ©gion mais achĂšte trois fois moins de produits bretons. Un autre changement s’est opĂ©rĂ© dans la rĂ©partition des exportations vers les pays europĂ©ens. Alors qu’en 1991 l’Espagne Ă©tait le premier client, l’Allemagne est maintenant en tĂȘte (12,2 % de la totalitĂ© des exportations bretonnes) devant l’Espagne (8,6%) et l’Italie (8,3%). Comme elle est aussi le premier fournisseur, c’est vraiment le grand partenaire commercial de la Bretagne. Les filiĂšres exportatrices, dans un ordre d’importance dĂ©croissante, sont : l’agro-alimentaire, la biotechnologie/pharmacie, la santĂ©/Ă©quipements mĂ©dicaux, l’aĂ©ronautique, l’automobile et la construction navale. Les entreprises qui exportent le plus sont aussi celles qui sont actives sur le plan mondial et qui souvent possĂšdent des filiales Ă  l’étranger. Mais elles ne sont que 9% dans ce cas.</p><p style="text-align: justify"></p>
+
<p style="text-align: justify"><br/>En 1991, 73% des exportations rĂ©gionales Ă©taient destinĂ©es Ă  des pays de l’Union EuropĂ©enne. En 2012, ce pourcentage est descendu Ă  61% : la rĂ©gion Bretagne s’ouvre davantage sur le marchĂ© mondial, mais il reste des progrĂšs Ă  faire. Par exemple les entreprises bretonnes exportent deux fois moins que la moyenne française vers les « BRIC » (BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine) qui sont de plus en plus importateurs (13% des importations mondiales selon l’OMC). On remarque que la Chine est devenue le second fournisseur de la rĂ©gion mais achĂšte trois fois moins de produits bretons. Un autre changement s’est opĂ©rĂ© dans la rĂ©partition des exportations vers les pays europĂ©ens. Alors qu’en 1991 l’Espagne Ă©tait le premier client, l’Allemagne est maintenant en tĂȘte (12,2 % de la totalitĂ© des exportations bretonnes) devant l’Espagne (8,6%) et l’Italie (8,3%). Comme elle est aussi le premier fournisseur, c’est vraiment le grand partenaire commercial de la Bretagne. Les filiĂšres exportatrices, dans un ordre d’importance dĂ©croissante, sont : l’agro-alimentaire, la biotechnologie/pharmacie, la santĂ©/Ă©quipements mĂ©dicaux, l’aĂ©ronautique, l’automobile et la construction navale. Les entreprises qui exportent le plus sont aussi celles qui sont actives sur le plan mondial et qui souvent possĂšdent des filiales Ă  l’étranger. Mais elles ne sont que 9% dans ce cas.</p>
−
== <span style="color:#000080">La Loire Atlantique renforce ses échanges et conserve son originalité</span> ==
+
== La Loire Atlantique renforce ses échanges et conserve son originalité ==
  
 
Comme le soulignait en 1994 Michel Phlipponneau, les Ă©changes extĂ©rieurs de la Loire Atlantique diffĂšrent de ceux de la rĂ©gion Bretagne aussi bien par la nature des marchandises que par l’éventail des pays concernĂ©s comme l’indique le tableau suivant :
 
Comme le soulignait en 1994 Michel Phlipponneau, les Ă©changes extĂ©rieurs de la Loire Atlantique diffĂšrent de ceux de la rĂ©gion Bretagne aussi bien par la nature des marchandises que par l’éventail des pays concernĂ©s comme l’indique le tableau suivant :
  
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-4.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-4.jpg]]
 
<br/>[[File:Le commerce extérieur-tableau-4.jpg|thumb|center|800px|alt=Le commerce extérieur-tableau-4.jpg]]
−
<p style="text-align: justify"><br/>Comme en rĂ©gion Bretagne, les exportations se font Ă  60% vers les pays de l’UE. L’originalitĂ© principale est la prĂ©sence de Panama et de Malte sur cette liste. Il s’agit de ventes de bateaux Ă  des armateurs utilisant ces petits pays pour raisons fiscales. La livraison de grands navires par le chantier nazairien STX est intermittente, d’oĂč de fortes fluctuations annuelles dans ce type d’exportation.</p><p style="text-align: justify">Dans les importations, les livraisons de pĂ©trole et de gaz naturel de la Russie, de l’ AzerbaĂŻdjan et de NorvĂšge pĂšsent lourd. Surtout destinĂ©s Ă  la raffinerie de Donges et au terminal mĂ©thanier de Montoir de Bretagne, ces carburants sont distribuĂ©s dans l’Ouest par voie terrestre ou maritime. Les trois pays fournisseurs ne figurent pas sur la liste des meilleurs clients, d’oĂč un dĂ©sĂ©quilibre permanent de la balance commerciale de la Loire Atlantique. Il est aggravĂ© par le fait que les Ă©lĂ©ments d’Airbus construits Ă  Nantes et Ă  Saint-Nazaire sont expĂ©diĂ©s Ă  Toulouse (oĂč se fait le montage des avions) et en majeure partie incorporĂ©s dans les exportations de la rĂ©gion Midi-PyrĂ©nĂ©es
</p><p style="text-align: justify"></p>
+
<p style="text-align: justify"><br/>Comme en rĂ©gion Bretagne, les exportations se font Ă  60% vers les pays de l’UE. L’originalitĂ© principale est la prĂ©sence de Panama et de Malte sur cette liste. Il s’agit de ventes de bateaux Ă  des armateurs utilisant ces petits pays pour raisons fiscales. La livraison de grands navires par le chantier nazairien STX est intermittente, d’oĂč de fortes fluctuations annuelles dans ce type d’exportation.</p><p style="text-align: justify">Dans les importations, les livraisons de pĂ©trole et de gaz naturel de la Russie, de l’ AzerbaĂŻdjan et de NorvĂšge pĂšsent lourd. Surtout destinĂ©s Ă  la raffinerie de Donges et au terminal mĂ©thanier de Montoir de Bretagne, ces carburants sont distribuĂ©s dans l’Ouest par voie terrestre ou maritime. Les trois pays fournisseurs ne figurent pas sur la liste des meilleurs clients, d’oĂč un dĂ©sĂ©quilibre permanent de la balance commerciale de la Loire Atlantique. Il est aggravĂ© par le fait que les Ă©lĂ©ments d’Airbus construits Ă  Nantes et Ă  Saint-Nazaire sont expĂ©diĂ©s Ă  Toulouse (oĂč se fait le montage des avions) et en majeure partie incorporĂ©s dans les exportations de la rĂ©gion Midi-PyrĂ©nĂ©es
</p>
−
== <span style="color:#000080">Une organisation plus performante pour exporter davantage</span> ==
+
== Une organisation plus performante pour exporter davantage ==
 
<p style="text-align: justify">Certes le bilan des efforts pour conquĂ©rir des marchĂ©s extĂ©rieurs est loin d’ĂȘtre nĂ©gatif. Cependant il est certain que la Bretagne dispose d’un potentiel qui, s’il Ă©tait bien exploitĂ©, pourrait ouvrir d’autres dĂ©bouchĂ©s Ă  l’international. Cela d’abord dĂ©pend du dynamisme des entreprises. Plus de recherche pour une qualitĂ© supĂ©rieure, plus d’innovation, avec Ă©conomie d’énergie et moins de pollution, d’oĂč davantage de valeur ajoutĂ©e et de compĂ©titivitĂ©, on connaĂźt la formule qui permet d’étendre les chances de rĂ©ussite sur les marchĂ©s extĂ©rieurs. Mais il faut Ă©galement bien connaĂźtre ces marchĂ©s et choisir la stratĂ©gie la mieux adaptĂ©e aux spĂ©cificitĂ©s de chaque pays. C’est Ă  ce niveau qu’il est utile de disposer d’organisations crĂ©Ă©es dans le but d’aider les entrepreneurs Ă  prendre pied sur un marchĂ© en leur facilitant les dĂ©marches administratives et les rencontres avec les personnes susceptibles de devenir des partenaires commerciaux. C’est le rĂŽle des correspondants rĂ©sidant Ă  l’étranger et disposant de nombreux contacts dans les milieux Ă©conomiques.</p><p style="text-align: justify">La Mirceb (Mission rĂ©gionale du commerce extĂ©rieur breton) disposait en 1994 d’une quarantaine de correspondants, un effectif fort insuffisant pour couvrir les nouveaux marchĂ©s que la mondialisation rendait de plus en plus intĂ©ressants. En 2003 la Mirceb prend le nom « Bretagne International » financĂ©e Ă  80% par le Conseil RĂ©gional. Dans une logique de renforcement, Bretagne International fusionne en 2013 avec CCI International Bretagne. Il en rĂ©sulte une nouvelle organisation, la BCI (Bretagne Commerce International) qui dispose de plus de cent correspondants dans une centaine de pays. On peut espĂ©rer que ce regroupement des forces procure aux entreprises exportatrices une aide plus efficace et favorise davantage l’implantation en Bretagne de firmes Ă©trangĂšres. La BCI dispose d’un Observatoire RĂ©gional du Commerce International (ORCI), qui recueille et diffuse des donnĂ©es sur les entreprises exportatrices rĂ©gionales.</p><p style="text-align: justify">En Loire Atlantique, il existe Ă©galement une structure rĂ©gionale de soutien aux exportations dans le cadre des Pays de la Loire : la Direccte, Direction rĂ©gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Pays de la Loire). De son cĂŽtĂ© la CCI International offre ses services aux exportateurs. Les entreprises de Loire-Atlantique, dont certaines sont membres de Produit en Bretagne, devraient pouvoir profiter de l’image de la Bretagne en dĂ©pit de l’artificielle limite administrative rĂ©gionale. Souvent bien repĂ©rĂ©e Ă  l’étranger, notamment dans les pays anglophones sous le nom de « Brittany », la Bretagne est dotĂ©e d’une image beaucoup plus porteuse que celle des Pays de la Loire, rĂ©gion rĂ©cente peu connue en France ou confondue avec le Val de Loire, et strictement inconnue en Europe et dans le monde.</p>
 
<p style="text-align: justify">Certes le bilan des efforts pour conquĂ©rir des marchĂ©s extĂ©rieurs est loin d’ĂȘtre nĂ©gatif. Cependant il est certain que la Bretagne dispose d’un potentiel qui, s’il Ă©tait bien exploitĂ©, pourrait ouvrir d’autres dĂ©bouchĂ©s Ă  l’international. Cela d’abord dĂ©pend du dynamisme des entreprises. Plus de recherche pour une qualitĂ© supĂ©rieure, plus d’innovation, avec Ă©conomie d’énergie et moins de pollution, d’oĂč davantage de valeur ajoutĂ©e et de compĂ©titivitĂ©, on connaĂźt la formule qui permet d’étendre les chances de rĂ©ussite sur les marchĂ©s extĂ©rieurs. Mais il faut Ă©galement bien connaĂźtre ces marchĂ©s et choisir la stratĂ©gie la mieux adaptĂ©e aux spĂ©cificitĂ©s de chaque pays. C’est Ă  ce niveau qu’il est utile de disposer d’organisations crĂ©Ă©es dans le but d’aider les entrepreneurs Ă  prendre pied sur un marchĂ© en leur facilitant les dĂ©marches administratives et les rencontres avec les personnes susceptibles de devenir des partenaires commerciaux. C’est le rĂŽle des correspondants rĂ©sidant Ă  l’étranger et disposant de nombreux contacts dans les milieux Ă©conomiques.</p><p style="text-align: justify">La Mirceb (Mission rĂ©gionale du commerce extĂ©rieur breton) disposait en 1994 d’une quarantaine de correspondants, un effectif fort insuffisant pour couvrir les nouveaux marchĂ©s que la mondialisation rendait de plus en plus intĂ©ressants. En 2003 la Mirceb prend le nom « Bretagne International » financĂ©e Ă  80% par le Conseil RĂ©gional. Dans une logique de renforcement, Bretagne International fusionne en 2013 avec CCI International Bretagne. Il en rĂ©sulte une nouvelle organisation, la BCI (Bretagne Commerce International) qui dispose de plus de cent correspondants dans une centaine de pays. On peut espĂ©rer que ce regroupement des forces procure aux entreprises exportatrices une aide plus efficace et favorise davantage l’implantation en Bretagne de firmes Ă©trangĂšres. La BCI dispose d’un Observatoire RĂ©gional du Commerce International (ORCI), qui recueille et diffuse des donnĂ©es sur les entreprises exportatrices rĂ©gionales.</p><p style="text-align: justify">En Loire Atlantique, il existe Ă©galement une structure rĂ©gionale de soutien aux exportations dans le cadre des Pays de la Loire : la Direccte, Direction rĂ©gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Pays de la Loire). De son cĂŽtĂ© la CCI International offre ses services aux exportateurs. Les entreprises de Loire-Atlantique, dont certaines sont membres de Produit en Bretagne, devraient pouvoir profiter de l’image de la Bretagne en dĂ©pit de l’artificielle limite administrative rĂ©gionale. Souvent bien repĂ©rĂ©e Ă  l’étranger, notamment dans les pays anglophones sous le nom de « Brittany », la Bretagne est dotĂ©e d’une image beaucoup plus porteuse que celle des Pays de la Loire, rĂ©gion rĂ©cente peu connue en France ou confondue avec le Val de Loire, et strictement inconnue en Europe et dans le monde.</p>
 
'''Sources :'''
 
'''Sources :'''
Ligne 60 : Ligne 60 :
 
|}
 
|}
  
−
<br/>
+
 
 +
 
 +
'''Documents consultables dans ce tiroir :'''
 +
*[http://www.skolvreizh.com/skw/index.php?title=G%C3%A9ographie_de_la_Bretagne/Le_commerce_ext%C3%A9rieur&action=approve&oldid=1646#KRAMPOUZ.2C_une_PME_qui_exporte 3.1 KRAMPOUZ, une PME qui exporte]
 +
 
 +
 
  
 
== <span style="color:#000080">KRAMPOUZ, une PME qui exporte</span> ==
 
== <span style="color:#000080">KRAMPOUZ, une PME qui exporte</span> ==

Version du 5 octobre 2015 Ă  13:51

Sommaire

Le commerce extérieur (1994)

Auteur : Michel Phlipponneau



Le commerce extérieur

Texte de Pierre-Yves Le Rhun – 2015

C’est au travers des Ă©changes commerciaux internationaux que se fait la confrontation entre les Ă©conomies nationales. Certes les rĂ©gions ne sont pas tenues d’équilibrer leurs importations et exportations. Cependant le bilan de la balance commerciale d’un Etat dĂ©pend du dynamisme des entreprises de ses rĂ©gions et de leurs succĂšs sur les marchĂ©s internationaux. D’oĂč l’utilitĂ© de connaĂźtre l’évolution du marchĂ© mondial pour juger les performances d’une Bretagne confrontĂ©e Ă  la concurrence internationale.

1991-2013 : la formidable croissance des Ă©changes internationaux de marchandises

Alors que la croissance des Ă©changes internationaux Ă©tait dĂ©jĂ  bien lancĂ©e, la crĂ©ation de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 1995 a favorisĂ© l’ouverture encore plus grande des frontiĂšres. Le forte baisse des coĂ»ts des communications et des transports (surtout maritimes et par conteneurs) a permis aux multinationales des pays industrialisĂ©s de dĂ©localiser des fabrications vers les pays Ă©mergents (Chine, Inde, etc). Des entreprises moyennes, et mĂȘme des petites parfois, ont su Ă©galement tirer profit des nouvelles possibilitĂ©s pour exporter sur les marchĂ©s de l’Union EuropĂ©enne ou vers d’autres continents.

C’est ainsi que la valeur des exportations mondiales de marchandises passe de 3 485 Md$ (Milliards de dollars) en 1991 Ă  18 300 en 2013, soit une multiplication par 4,2 en 22 ans ! Autre exemple, les exportations mondiales de produits manufacturĂ©s, dont la valeur Ă©tait de 4 400 Md$ en l’an 2000, atteignaient en 2013 un montant de 11 800 Md$ : une croissance de 172% en 13 ans. Ce sont les Ă©changes de produits manufacturĂ©s qui constituent le moteur principal de la croissance prodigieuse du marchĂ© mondial : en 2013 leur valeur totale reprĂ©sentait 64,7% du commerce international des marchandises. L’essor des Ă©changes internationaux est trĂšs nettement supĂ©rieur Ă  la croissance de la production industrielle des principaux pays engagĂ©s dans le marchĂ© mondial. Quand une entreprise dĂ©localise la fabrication de piĂšces dĂ©tachĂ©es, cela gĂ©nĂšre des opĂ©rations de transport international, davantage de rentabilitĂ©, mais pas forcĂ©ment une augmentation de la production, sans compter que la dĂ©localisation peut se traduire par la rĂ©duction des emplois. En rĂ©sumĂ©, les Ă©conomies nationales, dont les frontiĂšres sont devenues poreuses, s’intĂšgrent de plus en plus dans un marchĂ© mondialisĂ©. Maintenant c’est Ă  cette Ă©chelle que la compĂ©titivitĂ© devient la garantie de survie des entreprises exportatrices mais aussi de celles qui subissent la concurrence internationale sur leur propre marchĂ© intĂ©rieur.

La balance commerciale de la Bretagne en 1991 et 2013

Dans la GĂ©ographie & AmĂ©nagement de la Bretagne (1994), Michel Phlipponneau fournit les donnĂ©es de la balance commerciale de 1991 en milliards de Francs. Leur conversion en Euros permet de dresser le tableau suivant :



Ce tableau met en lumiĂšre quatre faits majeurs : les Ă©changes extĂ©rieurs ont fortement augmentĂ©, les importations presque triplĂ© et les exportations plus que doublĂ©. Ceci signifie que la Bretagne n’est pas restĂ©e Ă  l’écart de l’évolution du marchĂ© mondial. cependant elle ne fait pas mieux en 2013 qu’en 1991 dans l’ensemble du commerce extĂ©rieur de la France. Son score Ă©volue entre 4 et 4,5 % alors que sa population reprĂ©sente 7,2 % de la population française. de plus, comme les importations ont augmentĂ© plus que les exportations, le dĂ©ficit de la balance commerciale s’est sensiblement creusĂ©. le poids de la Loire Atlantique a fortement augmentĂ© (colonne L-Atl/Bret). C’est de plus en plus la locomotive de l’économie bretonne et plus largement de l’ouest armoricain : en effet, les pourcentages en 2013 de la Loire Atlantique dans les Ă©changes de la rĂ©gion administrative des Pays de la Loire sont du mĂȘme ordre que ceux du tableau : 54,9 % des importations et 46% des exportations.



Les Ă©changes internationaux des dĂ©partements sont grosso modo proportionnels Ă  leur population. Le poids des industries de l’agglomĂ©ration rennaise fait que l’Ille et Vilaine rĂ©alise 42% des importations et 44% des exportations de la rĂ©gion Bretagne.

Les balances commerciales des 4 dĂ©partements sont proches de l’équilibre mais c’est assez factice : les importations de carburants provenant de la Basse-Loire sont comptabilisĂ©es dans la balance de la Loire-Atlantique. Si les dĂ©partements de la rĂ©gion Bretagne importaient directement leurs carburants, leurs balances seraient trĂšs nettement dĂ©ficitaires. Par ailleurs des Ă©changes internationaux rĂ©alisĂ©s par des entreprises dont le siĂšge social est Ă  Paris peuvent ĂȘtre attribuĂ©s Ă  l’Ile de France
.Mais cela ne reprĂ©sente pas des valeurs suffisamment importantes pour modifier profondĂ©ment la balance rĂ©gionale. Dans les exportations rĂ©gionales l’agroalimentaire demeure un poste clĂ© (en 2012 36,5% et mĂȘme 44% si on prend en compte les Ă©quipements industriels de ce secteur). De plus les exportations agroalimentaires dĂ©gagent chaque annĂ©e un excĂ©dent sur les importations d’environ un milliard d’euros. Puis viennent la chimie et les plastiques (17%), les matĂ©riels de transport (14%), les industries mĂ©caniques (10%) et 9% pour le secteur Ă©mergent des TIC (Techniques de l’Information et de la Communication).

Le tableau suivant localise les grands clients ou fournisseurs de la Bretagne et la valeur des Ă©changes : c’est la gĂ©ographie du commerce international de la rĂ©gion.



En 1991, 73% des exportations rĂ©gionales Ă©taient destinĂ©es Ă  des pays de l’Union EuropĂ©enne. En 2012, ce pourcentage est descendu Ă  61% : la rĂ©gion Bretagne s’ouvre davantage sur le marchĂ© mondial, mais il reste des progrĂšs Ă  faire. Par exemple les entreprises bretonnes exportent deux fois moins que la moyenne française vers les « BRIC Â» (BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine) qui sont de plus en plus importateurs (13% des importations mondiales selon l’OMC). On remarque que la Chine est devenue le second fournisseur de la rĂ©gion mais achĂšte trois fois moins de produits bretons. Un autre changement s’est opĂ©rĂ© dans la rĂ©partition des exportations vers les pays europĂ©ens. Alors qu’en 1991 l’Espagne Ă©tait le premier client, l’Allemagne est maintenant en tĂȘte (12,2 % de la totalitĂ© des exportations bretonnes) devant l’Espagne (8,6%) et l’Italie (8,3%). Comme elle est aussi le premier fournisseur, c’est vraiment le grand partenaire commercial de la Bretagne. Les filiĂšres exportatrices, dans un ordre d’importance dĂ©croissante, sont : l’agro-alimentaire, la biotechnologie/pharmacie, la santĂ©/Ă©quipements mĂ©dicaux, l’aĂ©ronautique, l’automobile et la construction navale. Les entreprises qui exportent le plus sont aussi celles qui sont actives sur le plan mondial et qui souvent possĂšdent des filiales Ă  l’étranger. Mais elles ne sont que 9% dans ce cas.

La Loire Atlantique renforce ses échanges et conserve son originalité

Comme le soulignait en 1994 Michel Phlipponneau, les Ă©changes extĂ©rieurs de la Loire Atlantique diffĂšrent de ceux de la rĂ©gion Bretagne aussi bien par la nature des marchandises que par l’éventail des pays concernĂ©s comme l’indique le tableau suivant :



Comme en rĂ©gion Bretagne, les exportations se font Ă  60% vers les pays de l’UE. L’originalitĂ© principale est la prĂ©sence de Panama et de Malte sur cette liste. Il s’agit de ventes de bateaux Ă  des armateurs utilisant ces petits pays pour raisons fiscales. La livraison de grands navires par le chantier nazairien STX est intermittente, d’oĂč de fortes fluctuations annuelles dans ce type d’exportation.

Dans les importations, les livraisons de pĂ©trole et de gaz naturel de la Russie, de l’ AzerbaĂŻdjan et de NorvĂšge pĂšsent lourd. Surtout destinĂ©s Ă  la raffinerie de Donges et au terminal mĂ©thanier de Montoir de Bretagne, ces carburants sont distribuĂ©s dans l’Ouest par voie terrestre ou maritime. Les trois pays fournisseurs ne figurent pas sur la liste des meilleurs clients, d’oĂč un dĂ©sĂ©quilibre permanent de la balance commerciale de la Loire Atlantique. Il est aggravĂ© par le fait que les Ă©lĂ©ments d’Airbus construits Ă  Nantes et Ă  Saint-Nazaire sont expĂ©diĂ©s Ă  Toulouse (oĂč se fait le montage des avions) et en majeure partie incorporĂ©s dans les exportations de la rĂ©gion Midi-PyrĂ©nĂ©es


Une organisation plus performante pour exporter davantage

Certes le bilan des efforts pour conquĂ©rir des marchĂ©s extĂ©rieurs est loin d’ĂȘtre nĂ©gatif. Cependant il est certain que la Bretagne dispose d’un potentiel qui, s’il Ă©tait bien exploitĂ©, pourrait ouvrir d’autres dĂ©bouchĂ©s Ă  l’international. Cela d’abord dĂ©pend du dynamisme des entreprises. Plus de recherche pour une qualitĂ© supĂ©rieure, plus d’innovation, avec Ă©conomie d’énergie et moins de pollution, d’oĂč davantage de valeur ajoutĂ©e et de compĂ©titivitĂ©, on connaĂźt la formule qui permet d’étendre les chances de rĂ©ussite sur les marchĂ©s extĂ©rieurs. Mais il faut Ă©galement bien connaĂźtre ces marchĂ©s et choisir la stratĂ©gie la mieux adaptĂ©e aux spĂ©cificitĂ©s de chaque pays. C’est Ă  ce niveau qu’il est utile de disposer d’organisations crĂ©Ă©es dans le but d’aider les entrepreneurs Ă  prendre pied sur un marchĂ© en leur facilitant les dĂ©marches administratives et les rencontres avec les personnes susceptibles de devenir des partenaires commerciaux. C’est le rĂŽle des correspondants rĂ©sidant Ă  l’étranger et disposant de nombreux contacts dans les milieux Ă©conomiques.

La Mirceb (Mission rĂ©gionale du commerce extĂ©rieur breton) disposait en 1994 d’une quarantaine de correspondants, un effectif fort insuffisant pour couvrir les nouveaux marchĂ©s que la mondialisation rendait de plus en plus intĂ©ressants. En 2003 la Mirceb prend le nom « Bretagne International Â» financĂ©e Ă  80% par le Conseil RĂ©gional. Dans une logique de renforcement, Bretagne International fusionne en 2013 avec CCI International Bretagne. Il en rĂ©sulte une nouvelle organisation, la BCI (Bretagne Commerce International) qui dispose de plus de cent correspondants dans une centaine de pays. On peut espĂ©rer que ce regroupement des forces procure aux entreprises exportatrices une aide plus efficace et favorise davantage l’implantation en Bretagne de firmes Ă©trangĂšres. La BCI dispose d’un Observatoire RĂ©gional du Commerce International (ORCI), qui recueille et diffuse des donnĂ©es sur les entreprises exportatrices rĂ©gionales.

En Loire Atlantique, il existe Ă©galement une structure rĂ©gionale de soutien aux exportations dans le cadre des Pays de la Loire : la Direccte, Direction rĂ©gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Pays de la Loire). De son cĂŽtĂ© la CCI International offre ses services aux exportateurs. Les entreprises de Loire-Atlantique, dont certaines sont membres de Produit en Bretagne, devraient pouvoir profiter de l’image de la Bretagne en dĂ©pit de l’artificielle limite administrative rĂ©gionale. Souvent bien repĂ©rĂ©e Ă  l’étranger, notamment dans les pays anglophones sous le nom de « Brittany Â», la Bretagne est dotĂ©e d’une image beaucoup plus porteuse que celle des Pays de la Loire, rĂ©gion rĂ©cente peu connue en France ou confondue avec le Val de Loire, et strictement inconnue en Europe et dans le monde.

Sources :

  • Douanes, Portail des statistiques du commerce extĂ©rieur
  • Direction rĂ©gionale du commerce extĂ©rieur de la Bretagne
  • Direction rĂ©gionale du commerce extĂ©rieur des Pays de la Loire
  • Direccte : Direction rĂ©gionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Pays de la Loire)
  • CCI International
  • Sur l’évolution du commerce international : site www.leconomiste.eu
  • Observatoire RĂ©gional du Commerce International (ORCI)



TIROIR : Le commerce extĂ©rieur


Documents consultables dans ce tiroir :


KRAMPOUZ, une PME qui exporte

Texte de Pierre-Yves Le Rhun


De la « billig Â» traditionnelle Ă  la « crĂȘpiĂšre Â» moderne

ElĂ©ments importants de l'alimentation populaire, la galette de blĂ© noir et la crĂȘpe de froment se cuisaient sur une « billig Â» (1), plaque de fonte circulaire posĂ©e dans l'Ăątre sur un trĂ©pied et chauffĂ©e de prĂ©fĂ©rence par des aiguilles de pin qui dĂ©gageaient un parfum de rĂ©sine.

La crĂȘpiĂšre devait Ă  la fois cuire sa galette et alimenter le foyer en disposant habilement le combustible pour obtenir un chauffage homogĂšne. Un travail rendu pĂ©nible par l'exposition Ă  la chaleur, voire Ă  la fumĂ©e, et par des courbatures quand l'Ăątre Ă©tait trop bas.

Le patrimoine culinaire le plus emblĂ©matique de la Bretagne risquait de disparaĂźtre si le mode de cuisson ne s'adaptait pas aux cuisines modernes et aux besoins des professionnels. L'Ă©tincelle vint trĂšs logiquement d'une femme de Landudec qui demanda Ă  son beau-frĂšre Ă©lectricien Ă  Pouldreuzic (2) de lui bricoler une billig moderne, d'un usage commode pour la crĂȘpiĂšre. C'est ainsi que Jean-Marie Bosser (3) rĂ©alisa en 1945 un appareil chauffĂ© au gaz qu'il eut le flair de proposer aux crĂȘperies du secteur : il avait senti qu'il y avait une clientĂšle pour son invention.



Krampouz conquiert le marché breton et l'ensemble de la France

Depuis 1945 la crĂȘpiĂšre Ă  gaz a constamment Ă©tĂ© perfectionnĂ©e pour rĂ©pondre aux exigences des professionnels qui sont surtout les crĂȘperies et la restauration rapide. Il a fallu assurer une tempĂ©rature homogĂšne en tous points de la plaque, maĂźtriser le niveau de la chaleur, garantir la robustesse des Ă©lĂ©ments et la sĂ©curitĂ© des utilisateurs. En mĂȘme temps la gamme des modĂšles s'Ă©largit et en 1971 est crĂ©Ă©e la crĂȘpiĂšre Ă©lectrique qui s'imposera comme la meilleure solution sans pour autant Ă©liminer les appareils au gaz.

J.M. Bosser assure efficacement la promotion de Krampouz (4) dans des foires-expositions et des salons professionnels, si bien que dans les annĂ©es 70, la PME dĂ©tient le quasi monopole du marchĂ© breton oĂč se rĂ©alise 30% du chiffre d'affaires. Le cadre rĂ©gional est donc largement dĂ©passĂ© puisque 70% des ventes se font sur l'ensemble de la France .



CEBIA4 HD.jpg

Cette crĂȘpiĂšre Ă  usage professionnel est proposĂ©e par Krampouz en trois diamĂštres (35,40,48cm) selon les normes europĂ©ennes, mais aussi en 40 cm selon des normes USA/Canada, exportation oblige. Selon le diamĂštre de la plaque, le poids varie de 15 Ă  25 kg, ce qui confĂšre Ă  ces crĂȘpiĂšres haut de gamme une soliditĂ© et une stabilitĂ© Ă  toute Ă©preuve. On notera aussi l'Ă©lĂ©gance sobre des lignes... (Photographie Krampouz)


A la conquĂȘte des marchĂ©s extĂ©rieurs

DĂšs 1980, Michel Bosser, fils et successeur du fondateur, frĂ©quente les salons professionnels de grandes villes europĂ©ennes oĂč il rencontre des « distributeurs Â». Ce sont des firmes commerciales qui connaissent trĂšs bien leurs marchĂ©s, disposent d'un rĂ©seau de vente, maĂźtrisent les opĂ©rations d'importation, et recherchent de nouveaux produits pour leur clientĂšle.

Ces contacts persuadent M. Bosser qu'il faut diversifier la gamme des produits pour mieux rĂ©pondre aux spĂ©cificitĂ©s des marchĂ©s Ă©trangers. Krampouz fabrique ainsi des plans de travail, des accessoires, tout l'assortiment nĂ©cessaire Ă  l'activitĂ© par exemple d'une crĂȘperie.

En 2001 la PME a l'opportunitĂ© de racheter une sociĂ©tĂ© belge de fabrication de gaufriers. C'est une premiĂšre grande opĂ©ration de diversification, tout en demeurant dans le domaine de compĂ©tence de Krampouz : la maĂźtrise de la cuisson de la pĂąte par contact direct.

En 2006 la PME est reprise par Serge Kergoat qui possĂšde une double expertise dans le commerce international et la gestion d'entreprise. Il donne un nouvel Ă©lan Ă  Krampouz en lançant la fabrication de planchas et de grils. En 2013 le chiffre d'affaires se monte Ă  12,3 millions d'euros, dont 30 % rĂ©alisĂ©s Ă  l'exportation dans 150 pays. La production est assurĂ©e par 50 salariĂ©s dont le nombre est en progression quasi constante.



La recette des succĂšs de Krampouz

Les appareils de cuisson par contact constituent un marchĂ© Ă©troit mais qui s'Ă©largit par le dĂ©veloppement de la restauration rapide. D'autre part l'utilisation familiale pour des grillades ou des crĂȘpes constitue un dĂ©bouchĂ© permanent.

Krampouz a misĂ© sur la qualitĂ© de ses produits. Robustes, rĂ©sistants Ă  un usage intensif, d'un entretien facile, et surtout trĂšs fiables, ses appareils bĂ©nĂ©ficient d'une excellente rĂ©putation. Cette image est renforcĂ©e par leur fabrication dans une rĂ©gion rĂ©putĂ©e pour ses crĂȘpes. Naturellement Krampouz est membre de l'association « Produit en Bretagne» . A l'Ă©chelle internationale la PME est bien connue de la diaspora bretonne et quand des Bretons ouvrent une crĂȘperie, les appareils de cuisson sont de Bretagne.

La stratégie de développement de la PME n'a jamais varié. Elle conjugue l'écoute des marchés, une forte présence dans les salons professionnels et l'innovation permanente des produits pour conserver son avance sur la concurrence. Les changements dans la direction de l'entreprise se sont opérés sans perturber les grandes orientations qui ont assuré son essor. C'est un facteur qui consolide la confiance des partenaires commerciaux dans l'avenir de Krampouz.


Sources : Dossier de presse de Krampouz et enquĂȘte directe


Notes :

(1) se prononce bilig

(2) commune du Pays Bigouden sur la Baie d'Audierne, connue comme le berceau du pĂątĂ© HĂ©naff et de Per-Jakez HĂ©lias, auteur du « Cheval d'orgueil Â»

(3) se prononce bossĂšre

(4) ce nom est un pluriel signifiant « CrĂȘpes Â»




Retour Ă  la Page d'accueil

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Affichages
Actions
Navigation
BoĂźte Ă  outils