Géographie de la Bretagne/Les hommes et leurs espaces

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(→‎Une dĂ©mographie dynamique malgrĂ© des handicaps)
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= Une démographie dynamique malgré des handicaps =
 
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'''Auteur : Patrick D. Morvan''' Texte de 2015
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'''Auteur : Patrick D. Morvan''' (Texte de 2015)
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<p style="text-align: justify">La Bretagne historique, celle Ă  cinq dĂ©partements qui intĂšgre la Loire-Atlantique, compte aujourd’hui prĂšs de 4,6 millions d’habitants, soit une progression de 50% en un demi-siĂšcle. Un chiffre record.</p>
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La Bretagne historique, celle Ă  cinq dĂ©partements qui intĂšgre la Loire-Atlantique, compte aujourd’hui prĂšs de 4,6 millions d’habitants, soit une progression de 50% en un demi-siĂšcle. Un chiffre record.
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== Les mouvements naturels et migratoires ==
 
== Les mouvements naturels et migratoires ==
  
 
'''L'Ă©volution de 1982 Ă  2012'''
 
'''L'Ă©volution de 1982 Ă  2012'''
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<p style="text-align: justify">Au cours des 30 derniĂšres annĂ©es la population de la pĂ©ninsule s’est renforcĂ©e de prĂšs de 850 000 personnes (28 000 de plus en moyenne par an). Avec un taux de croissance annuel (proche de 0,8 %) supĂ©rieur Ă  celui de la France (0,5 %), le territoire apparaĂźt comme l’un des plus dynamiques de l’Hexagone. Il faut ajouter que le phĂ©nomĂšne s’accĂ©lĂšre avec le temps au point que, depuis 2006, le gain dĂ©mographique annuel est dĂ©sormais supĂ©rieur Ă  36 000. Le rythme de progression annuel augmente plus rapidement que la moyenne française.</p><p style="text-align: justify">La Loire-Atlantique est le premier dĂ©partement breton par sa population, attirant Ă  la fois des actifs sensibles au dynamisme Ă©conomique de la mĂ©tropole nantaise et des retraitĂ©s amoureux du littoral et de ses stations (Pornic, Le Croisic, La Baule
). Elle devance l’Ille-et-Vilaine et le FinistĂšre. En 1982, ce dernier Ă©tait le dĂ©partement le plus peuplĂ© de Bretagne aprĂšs la Loire-Atlantique. Il se situait alors devant l’Ille-et-Vilaine. La hiĂ©rarchie s’est modifiĂ©e au milieu des annĂ©es 1990 au point qu’aujourd’hui, ce dernier compte 100 000 personnes de plus que le FinistĂšre.</p>
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Au cours des 30 derniĂšres annĂ©es la population de la pĂ©ninsule s’est renforcĂ©e de prĂšs de 850 000 personnes (28 000 de plus en moyenne par an). Avec un taux de croissance annuel (proche de 0,8 %) supĂ©rieur Ă  celui de la France (0,5 %), le territoire apparaĂźt comme l’un des plus dynamiques de l’Hexagone. Il faut ajouter que le phĂ©nomĂšne s’accĂ©lĂšre avec le temps au point que, depuis 2006, le gain dĂ©mographique annuel est dĂ©sormais supĂ©rieur Ă  36 000. Le rythme de progression annuel augmente plus rapidement que la moyenne française. La Loire-Atlantique est le premier dĂ©partement breton par sa population, attirant Ă  la fois des actifs sensibles au dynamisme Ă©conomique de la mĂ©tropole nantaise et des retraitĂ©s amoureux du littoral et de ses stations (Pornic, Le Croisic, La Baule
). Elle devance l’Ille-et-Vilaine et le FinistĂšre. En 1982, ce dernier Ă©tait le dĂ©partement le plus peuplĂ© de Bretagne aprĂšs la Loire-Atlantique. Il se situait alors devant l’Ille-et-Vilaine. La hiĂ©rarchie s’est modifiĂ©e au milieu des annĂ©es 1990 au point qu’aujourd’hui, ce dernier compte 100 000 personnes de plus que le FinistĂšre.  
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[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]]
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<p style="text-align: justify">FIG 1 La composition par Ăąges montre quelques spĂ©cificitĂ©s au regard de la situation de l’Hexagone. Si les moins de 20 ans ont une reprĂ©sentation comparable Ă  celui de la France mĂ©tropolitaine, les 60 ans et plus sont, eux, surreprĂ©sentĂ©s (1,2 point de plus). L’écart est Ă©videmment le mĂȘme, mais en sens inverse, pour la catĂ©gorie intermĂ©diaire des 20 - 60 ans. </p><p style="text-align: justify">Des diffĂ©rences apparaissent aussi entre les dĂ©partements. Les plus fortes proportions de personnes ĂągĂ©es de 60 ans et plus se retrouvent dans les CĂŽtes d’Armor (30%, jusqu’à 33% dans l’arrondissement de Lannion) et dans certaines parties du FinistĂšre (30% dans celui de ChĂąteaulin par exemple) alors que leur part n’atteint pas 22% en Ille-et-Vilaine. Deux raisons expliquent les fortes proportions atteintes dans certains territoires : l’attrait du littoral pour les retraitĂ©s et le dĂ©part des jeunes vers des lieux plus porteurs d’emplois. En 30 ans ces tendances dĂ©jĂ  sensibles en 1982 se sont confirmĂ©es.</p>
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[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 1 La composition par Ăąges montre quelques spĂ©cificitĂ©s au regard de la situation de l’Hexagone. Si les moins de 20 ans ont une reprĂ©sentation comparable Ă  celui de la France mĂ©tropolitaine, les 60 ans et plus sont, eux, surreprĂ©sentĂ©s (1,2 point de plus). L’écart est Ă©videmment le mĂȘme, mais en sens inverse, pour la catĂ©gorie intermĂ©diaire des 20 - 60 ans. Des diffĂ©rences apparaissent aussi entre les dĂ©partements. Les plus fortes proportions de personnes ĂągĂ©es de 60 ans et plus se retrouvent dans les CĂŽtes d’Armor (30%, jusqu’à 33% dans l’arrondissement de Lannion) et dans certaines parties du FinistĂšre (30% dans celui de ChĂąteaulin par exemple) alors que leur part n’atteint pas 22% en Ille-et-Vilaine. Deux raisons expliquent les fortes proportions atteintes dans certains territoires : l’attrait du littoral pour les retraitĂ©s et le dĂ©part des jeunes vers des lieux plus porteurs d’emplois. En 30 ans ces tendances dĂ©jĂ  sensibles en 1982 se sont confirmĂ©es.
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[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 2
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 2
  
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 8
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 8
  
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<br/>'''Naissances et dĂ©cĂšs''' La croissance dĂ©mographique est pour une part assurĂ©e par les mouvements naturels. Quelques 53 000 petits Bretons naissent en moyenne chaque annĂ©e, un chiffre en lente mais continuelle diminution. Ce sont dans les dĂ©partements de Loire-Atlantique (17 000 naissances) et d’Ille-et-Vilaine (13 000) que ces arrivĂ©es sont les plus nombreuses. A l’opposĂ© elles ne sont que 6 000, environ, dans les CĂŽtes d’Armor. Le taux de natalitĂ© est de 11,5/‰, soit un point en dessous de la moyenne hexagonale. Cette situation ne caractĂ©rise cependant pas les deux dĂ©partements phares de la rĂ©gion. En Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine il est en effet (lĂ©gĂšrement) supĂ©rieur Ă  la moyenne nationale. La fĂ©conditĂ©, de son cĂŽtĂ©, reste Ă©levĂ©e (une tradition bretonne). Elle se situe Ă  2,04 enfants par femme contre 1,99 en France mĂ©tropolitaine.
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<br/>'''Naissances et dĂ©cĂšs'''  
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<p style="text-align: justify">La croissance dĂ©mographique est pour une part assurĂ©e par les mouvements naturels. Quelques 53 000 petits Bretons naissent en moyenne chaque annĂ©e, un chiffre en lente mais continuelle diminution. Ce sont dans les dĂ©partements de Loire-Atlantique (17 000 naissances) et d’Ille-et-Vilaine (13 000) que ces arrivĂ©es sont les plus nombreuses. A l’opposĂ© elles ne sont que 6 000, environ, dans les CĂŽtes d’Armor. </p><p style="text-align: justify">Le taux de natalitĂ© est de 11,5/‰, soit un point en dessous de la moyenne hexagonale. Cette situation ne caractĂ©rise cependant pas les deux dĂ©partements phares de la rĂ©gion. En Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine il est en effet (lĂ©gĂšrement) supĂ©rieur Ă  la moyenne nationale. La fĂ©conditĂ©, de son cĂŽtĂ©, reste Ă©levĂ©e (une tradition bretonne). Elle se situe Ă  2,04 enfants par femme contre 1,99 en France mĂ©tropolitaine.</p>
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 3
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 3
  
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Les dĂ©cĂšs touchent, quant Ă  eux, environ 43 000 personnes par an, dont plus de 10 000 en Loire-Atlantique et dans le FinistĂšre, les deux dĂ©partements oĂč ils sont les plus nombreux. Le taux de mortalitĂ© est Ă©levĂ©. A 9,5/‰ il est un point au-dessus de la moyenne française. C’est le rĂ©sultat du vieillissement plus rapide de la population qui est Ă  rapprocher de l’attrait qu’exerce la « douceur de vivre » bretonne sur un nombre important de retraitĂ©s. Comme, Ă  l’opposĂ©, les dĂ©parts de ceux qui ont vĂ©cu toute leur vie en Bretagne sont rĂ©duits, ce mouvement ne peut que s’accentuer. Il est encore amplifiĂ© par l’allongement de l’espĂ©rance de vie et par l'entrĂ©e des premiĂšres gĂ©nĂ©rations issues du baby-boom dans la catĂ©gorie des « anciens ». Dans la mĂȘme logique l'Ăąge moyen s’est dĂ©placĂ© de 38 Ă  41 ans de 1990 Ă  2009, soit un an de plus que la moyenne française. Le taux d’accroissement naturel, rĂ©sultat de l’excĂ©dent des naissances sur les dĂ©cĂšs, s’établissait de ce fait en 2012 Ă  moins de 0,3% soit plus d’un point en dessous du taux national. Par les seuls mouvements naturels la population bretonne s’accroĂźt donc aujourd’hui en moyenne de 10 000 personnes par an, une valeur qui diminue au fil des ans (il n’est d’ailleurs plus que de 9 119 en 2012). Le surplus des naissances sur les dĂ©cĂšs dĂ©passait par exemple les 20 000 par an entre 1954 et 1968. Il Ă©tait encore de 11 000 entre 1982 et 1990. En outre cette vitalitĂ© naturelle, si on peut l’appeler ainsi, ne doit pas faire illusion. Elle ne concerne que la Loire-Atlantique et l’Ille et Vilaine. Dans les trois autres dĂ©partements les dĂ©cĂšs font en effet jeu Ă©gal avec les naissances voire les dĂ©passent. C’est en CĂŽtes d’Armor que ce mouvement nĂ©gatif est le plus ancien et le plus marquĂ©.
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Les dĂ©cĂšs touchent, quant Ă  eux, environ 43 000 personnes par an, dont plus de 10 000 en Loire-Atlantique et dans le FinistĂšre, les deux dĂ©partements oĂč ils sont les plus nombreux.
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<p style="text-align: justify"> Le taux de mortalitĂ© est Ă©levĂ©. A 9,5/‰ il est un point au-dessus de la moyenne française. C’est le rĂ©sultat du vieillissement plus rapide de la population qui est Ă  rapprocher de l’attrait qu’exerce la « douceur de vivre » bretonne sur un nombre important de retraitĂ©s. Comme, Ă  l’opposĂ©, les dĂ©parts de ceux qui ont vĂ©cu toute leur vie en Bretagne sont rĂ©duits, ce mouvement ne peut que s’accentuer. Il est encore amplifiĂ© par l’allongement de l’espĂ©rance de vie et par l'entrĂ©e des premiĂšres gĂ©nĂ©rations issues du baby-boom dans la catĂ©gorie des « anciens ». Dans la mĂȘme logique l'Ăąge moyen s’est dĂ©placĂ© de 38 Ă  41 ans de 1990 Ă  2009, soit un an de plus que la moyenne française. </p><p style="text-align: justify">Le taux d’accroissement naturel, rĂ©sultat de l’excĂ©dent des naissances sur les dĂ©cĂšs, s’établissait de ce fait en 2012 Ă  moins de 0,3% soit plus d’un point en dessous du taux national. </p><p style="text-align: justify">Par les seuls mouvements naturels la population bretonne s’accroĂźt donc aujourd’hui en moyenne de 10 000 personnes par an, une valeur qui diminue au fil des ans (il n’est d’ailleurs plus que de 9 119 en 2012). Le surplus des naissances sur les dĂ©cĂšs dĂ©passait par exemple les 20 000 par an entre 1954 et 1968. Il Ă©tait encore de 11 000 entre 1982 et 1990. En outre cette vitalitĂ© naturelle, si on peut l’appeler ainsi, ne doit pas faire illusion. Elle ne concerne que la Loire-Atlantique et l’Ille et Vilaine. Dans les trois autres dĂ©partements les dĂ©cĂšs font en effet jeu Ă©gal avec les naissances voire les dĂ©passent. C’est en CĂŽtes d’Armor que ce mouvement nĂ©gatif est le plus ancien et le plus marquĂ©.</p>
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<br/>'''Les mouvements migratoires''' La dĂ©mographie bretonne, qui n’a plus aujourd’hui la possibilitĂ© de s’appuyer sur un mouvement naturel en perte de vitesse, compte dĂ©sormais pour assurer sa croissance sur son seul excĂ©dent migratoire, lequel approche 0,6 % par an (la moyenne française se situant Ă  0,1 %).
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<br/>'''Les mouvements migratoires'''  
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<p style="text-align: justify">La dĂ©mographie bretonne, qui n’a plus aujourd’hui la possibilitĂ© de s’appuyer sur un mouvement naturel en perte de vitesse, compte dĂ©sormais pour assurer sa croissance sur son seul excĂ©dent migratoire, lequel approche 0,6 % par an (la moyenne française se situant Ă  0,1 %).</p>
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 4
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 4
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<p style="text-align: justify">Le fait est rĂ©cent car pendant longtemps, et jusque vers la fin des annĂ©es 1960, la pĂ©ninsule a subi un exode qui l’a vidĂ©e de ses forces vives. On rappellera, en reprenant les chiffres de Loeiz Laurent et Guy Baudelle (dans le chapitre « Les hommes et leurs espaces » de la gĂ©ographie de 1994) que de 1954 Ă  1962 la terre armoricaine perdait annuellement 7 000 habitants par exode net et que de 1962 Ă  1968 elle n’en gagnait encore que 750 par an. C’est seulement Ă  partir de cette derniĂšre date que le dynamisme breton s’est fait sentir avec une hausse progressive et dĂ©sormais substantielle des arrivĂ©es : + 9 000 par an entre 1968 et 1975, + 11 000 entre 1975 et 1982, + 7 500 entre 1982 et 1990, + 15 000 de 1990 Ă  1999, + 25 000 aujourd’hui. Ce sont les CĂŽtes d’Armor et le Morbihan qui sont les grands bĂ©nĂ©ficiaires de cette situation (l’augmentation est de 0,8% par an depuis 2006 dans chacun de ces deux dĂ©partements), signe une nouvel fois de l’attrait du littoral pour certaines catĂ©gories de population (les retraitĂ©s en premier lieu).</p>
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Le fait est rĂ©cent car pendant longtemps, et jusque vers la fin des annĂ©es 1960, la pĂ©ninsule a subi un exode qui l’a vidĂ©e de ses forces vives. On rappellera, en reprenant les chiffres de Loeiz Laurent et Guy Baudelle (dans le chapitre « Les hommes et leurs espaces » de la gĂ©ographie de 1994) que de 1954 Ă  1962 la terre armoricaine perdait annuellement 7 000 habitants par exode net et que de 1962 Ă  1968 elle n’en gagnait encore que 750 par an. C’est seulement Ă  partir de cette derniĂšre date que le dynamisme breton s’est fait sentir avec une hausse progressive et dĂ©sormais substantielle des arrivĂ©es : + 9 000 par an entre 1968 et 1975, + 11 000 entre 1975 et 1982, + 7 500 entre 1982 et 1990, + 15 000 de 1990 Ă  1999, + 25 000 aujourd’hui. Ce sont les CĂŽtes d’Armor et le Morbihan qui sont les grands bĂ©nĂ©ficiaires de cette situation (l’augmentation est de 0,8% par an depuis 2006 dans chacun de ces deux dĂ©partements), signe une nouvel fois de l’attrait du littoral pour certaines catĂ©gories de population (les retraitĂ©s en premier lieu).
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<br/>'''L’espĂ©rance de vie'''  
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<p style="text-align: justify">En 2012, l’espĂ©rance de vie des Bretons, Ă  la naissance, Ă©tait de 81 ans, soit un peu moins (6 mois) que celle de l’ensemble des Français. Depuis 2000 elle a nĂ©anmoins progressĂ© dans la pĂ©ninsule d’un peu plus de 3 ans pour les hommes (passant de 74,4 ans Ă  77,7 ans) et de 2 ans pour les femmes (de 82,7 Ă  84,6). Cependant, comme le gain caractĂ©risant l’Hexagone est du mĂȘme ordre de grandeur, l’écart qui existait entre ce dernier et la terre armoricaine ne se rĂ©sorbe pas. C’est en Ille-et-Vilaine que l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance est la plus grande (dans ce dĂ©partement elle est mĂȘme supĂ©rieure de presque 6 mois Ă  la moyenne nationale) et dans le FinistĂšre qu’elle est la plus basse, surtout pour les hommes puisque l’écart par rapport Ă  la moyenne nationale est de plus de 2 ans.</p>
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<br/>'''L’espĂ©rance de vie''' En 2012, l’espĂ©rance de vie des Bretons, Ă  la naissance, Ă©tait de 81 ans, soit un peu moins (6 mois) que celle de l’ensemble des Français. Depuis 2000 elle a nĂ©anmoins progressĂ© dans la pĂ©ninsule d’un peu plus de 3 ans pour les hommes (passant de 74,4 ans Ă  77,7 ans) et de 2 ans pour les femmes (de 82,7 Ă  84,6). Cependant, comme le gain caractĂ©risant l’Hexagone est du mĂȘme ordre de grandeur, l’écart qui existait entre ce dernier et la terre armoricaine ne se rĂ©sorbe pas. C’est en Ille-et-Vilaine que l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance est la plus grande (dans ce dĂ©partement elle est mĂȘme supĂ©rieure de presque 6 mois Ă  la moyenne nationale) et dans le FinistĂšre qu’elle est la plus basse, surtout pour les hommes puisque l’écart par rapport Ă  la moyenne nationale est de plus de 2 ans.
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<br/>'''Les mĂ©nages'''  
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<p style="text-align: justify">Les mĂ©nages bretons comptent en moyenne 2,27 personnes (chiffres de 2011) soit une de moins qu’au niveau national. Leur taille baisse Ă©galement avec le temps (elle Ă©tait de plus de 3 en 1968). Dans le dĂ©tail la situation la plus frĂ©quente est celle reprĂ©sentĂ©e par des mĂ©nages qui ne sont constituĂ©s que d’une seule personne.</p>
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<br/>'''Les mĂ©nages''' Les mĂ©nages bretons comptent en moyenne 2,27 personnes (chiffres de 2011) soit une de moins qu’au niveau national. Leur taille baisse Ă©galement avec le temps (elle Ă©tait de plus de 3 en 1968). Dans le dĂ©tail la situation la plus frĂ©quente est celle reprĂ©sentĂ©e par des mĂ©nages qui ne sont constituĂ©s que d’une seule personne.
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[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 5
 
[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 5
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<p style="text-align: justify">Cette Ă©volution a plusieurs explications. Chez les jeunes adultes, la mise en couple est en partie retardĂ©e par le prolongement de la scolaritĂ© dans l’enseignement supĂ©rieur qui conduit souvent ceux qui sont concernĂ©s Ă  vivre en cĂ©libataires. Aux Ăąges intermĂ©diaires l’accroissement du nombre des sĂ©parations (divorces
) joue dans le mĂȘme sens. Enfin, au-delĂ , l’allongement de l’espĂ©rance de vie entraĂźne une augmentation notable du nombre de femmes ĂągĂ©es vivant seules. </p><p style="text-align: justify">La diminution plus rapide de la taille des mĂ©nages bretons par rapport Ă  la moyenne française rĂ©sulte d’abord du vieillissement plus prononcĂ© de la population, consĂ©quence une nouvelle fois du dĂ©sĂ©quilibre dĂ©mographique liĂ© Ă  l’attrait des retraitĂ©s pour la pĂ©ninsule. Entre 1968 et 2011, le nombre de personnes ĂągĂ©es de 75 ans ou plus a Ă©tĂ© multipliĂ© par plus de 3 en Bretagne contre 2,5 en France mĂ©tropolitaine. </p><p style="text-align: justify">Cette Ă©volution a une consĂ©quence immĂ©diate, celle d’accroĂźtre les besoins en logements et cela mĂȘme si la situation dĂ©mographique Ă©tait restĂ©e la mĂȘme. Ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas. De ce fait le nombre de rĂ©sidences principales a progressĂ© beaucoup plus que le nombre d’habitants. Entre 1968 et 2011, celui-lĂ  a presque doublĂ© alors que la population n’augmentait que d’un tiers. En consĂ©quence, sur cette pĂ©riode, plus de 450 000 rĂ©sidences principales supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour s’adapter Ă  la baisse de la taille des mĂ©nages. Ce chiffre reprĂ©sente environ la moitiĂ© de la hausse du nombre de rĂ©sidences principales entre ces deux dates, l’autre moitiĂ© Ă©tant liĂ©e Ă  l’augmentation de la population.</p>
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Cette Ă©volution a plusieurs explications. Chez les jeunes adultes, la mise en couple est en partie retardĂ©e par le prolongement de la scolaritĂ© dans l’enseignement supĂ©rieur qui conduit souvent ceux qui sont concernĂ©s Ă  vivre en cĂ©libataires. Aux Ăąges intermĂ©diaires l’accroissement du nombre des sĂ©parations (divorces
) joue dans le mĂȘme sens. Enfin, au-delĂ , l’allongement de l’espĂ©rance de vie entraĂźne une augmentation notable du nombre de femmes ĂągĂ©es vivant seules. La diminution plus rapide de la taille des mĂ©nages bretons par rapport Ă  la moyenne française rĂ©sulte d’abord du vieillissement plus prononcĂ© de la population, consĂ©quence une nouvelle fois du dĂ©sĂ©quilibre dĂ©mographique liĂ© Ă  l’attrait des retraitĂ©s pour la pĂ©ninsule. Entre 1968 et 2011, le nombre de personnes ĂągĂ©es de 75 ans ou plus a Ă©tĂ© multipliĂ© par plus de 3 en Bretagne contre 2,5 en France mĂ©tropolitaine. Cette Ă©volution a une consĂ©quence immĂ©diate, celle d’accroĂźtre les besoins en logements et cela mĂȘme si la situation dĂ©mographique Ă©tait restĂ©e la mĂȘme. Ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas. De ce fait le nombre de rĂ©sidences principales a progressĂ© beaucoup plus que le nombre d’habitants. Entre 1968 et 2011, celui-lĂ  a presque doublĂ© alors que la population n’augmentait que d’un tiers. En consĂ©quence, sur cette pĂ©riode, plus de 450 000 rĂ©sidences principales supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour s’adapter Ă  la baisse de la taille des mĂ©nages. Ce chiffre reprĂ©sente environ la moitiĂ© de la hausse du nombre de rĂ©sidences principales entre ces deux dates, l’autre moitiĂ© Ă©tant liĂ©e Ă  l’augmentation de la population.
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<br/>'''La population immigrĂ©e'''  
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<p style="text-align: justify">La Bretagne accueille plus de 140 000 immigrĂ©s (chiffres de 2011). Ces derniers reprĂ©sentent 3,1% de sa population, le plus faible taux parmi les rĂ©gions françaises (la moyenne en mĂ©tropole se situant Ă  8,4 %). Cette proportion croĂźt nĂ©anmoins rĂ©guliĂšrement depuis un demi-siĂšcle (elle Ă©tait de moins de 1 % en 1968 et 2 % en 1999). La population immigrĂ©e a par exemple augmentĂ© de prĂšs de 50 % entre 1999 et 2005. La Loire-Atlantique est le dĂ©partement qui en accueille le plus : 48 000, soit le tiers du total de ceux qui se sont installĂ©s dans la pĂ©ninsule. </p><p style="text-align: justify">Cette population est Ă  plus de 70% constituĂ©e de personnes en Ăąge d’activitĂ©, soit 13 points de plus que le chiffre caractĂ©risant la population totale bretonne. </p><p style="text-align: justify">40% d’entre eux viennent d’Europe et 36% d’Afrique (Maghreb et, de plus en plus, pays subsahariens). Si les immigrĂ©s d’origine africaine sont dominants en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique, ceux venus d’Europe s’imposent dans les trois autres dĂ©partements oĂč ils reprĂ©sentent par exemple 62% des immigrĂ©s dans les CĂŽtes d’Armor (moins de 30 % en revanche en Loire-Atlantique). Il est Ă  noter que prĂšs de 11% d’entre eux sont des Britanniques, un taux qui monte Ă  31% dans les CĂŽtes d’Armor (ils sont moins de 3% dans la France entiĂšre). Leur progression est particuliĂšrement importante depuis une quinzaine d’annĂ©es.</p>
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<br/>'''La population immigrĂ©e''' La Bretagne accueille plus de 140 000 immigrĂ©s (chiffres de 2011). Ces derniers reprĂ©sentent 3,1% de sa population, le plus faible taux parmi les rĂ©gions françaises (la moyenne en mĂ©tropole se situant Ă  8,4 %). Cette proportion croĂźt nĂ©anmoins rĂ©guliĂšrement depuis un demi-siĂšcle (elle Ă©tait de moins de 1 % en 1968 et 2 % en 1999). La population immigrĂ©e a par exemple augmentĂ© de prĂšs de 50 % entre 1999 et 2005. La Loire-Atlantique est le dĂ©partement qui en accueille le plus : 48 000, soit le tiers du total de ceux qui se sont installĂ©s dans la pĂ©ninsule. Cette population est Ă  plus de 70% constituĂ©e de personnes en Ăąge d’activitĂ©, soit 13 points de plus que le chiffre caractĂ©risant la population totale bretonne. 40% d’entre eux viennent d’Europe et 36% d’Afrique (Maghreb et, de plus en plus, pays subsahariens). Si les immigrĂ©s d’origine africaine sont dominants en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique, ceux venus d’Europe s’imposent dans les trois autres dĂ©partements oĂč ils reprĂ©sentent par exemple 62% des immigrĂ©s dans les CĂŽtes d’Armor (moins de 30 % en revanche en Loire-Atlantique). Il est Ă  noter que prĂšs de 11% d’entre eux sont des Britanniques, un taux qui monte Ă  31% dans les CĂŽtes d’Armor (ils sont moins de 3% dans la France entiĂšre). Leur progression est particuliĂšrement importante depuis une quinzaine d’annĂ©es.
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[[File:DĂ©mographie-tableau1.jpg|thumb|center|800px|alt=DĂ©mographie-tableau1.jpg]] FIG 6
 
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Ligne 204 : Ligne 197 :
 
Le dynamisme dĂ©mographique n’a pas profitĂ© Ă  toute la Bretagne. ConsĂ©quence d’un exode rural puissant et ancien, prĂšs de la moitiĂ© des communes ont toujours aujourd’hui moins d'habitants qu'en 1800 et un quart d’entre elles ont encore connu un dĂ©clin entre 1982 et 2011.
 
Le dynamisme dĂ©mographique n’a pas profitĂ© Ă  toute la Bretagne. ConsĂ©quence d’un exode rural puissant et ancien, prĂšs de la moitiĂ© des communes ont toujours aujourd’hui moins d'habitants qu'en 1800 et un quart d’entre elles ont encore connu un dĂ©clin entre 1982 et 2011.
  
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<br/>'''Un dĂ©veloppement dĂ©mographique territorialement inĂ©gal''' Les autres communes (1179 sur 1 491) ont connu une croissance qui a parfois Ă©tĂ© spectaculaire. Parthenay-de-Bretagne, dans la mĂ©tropole rennaise, a ainsi vu sa population passer en 30 ans de 391 Ă  1393 habitants, une augmentation de plus de 250%. D’une façon gĂ©nĂ©rale les plus fortes progressions s’observent Ă  l’est du territoire. 95 des 100 communes ayant connu les dĂ©veloppements dĂ©mographiques les plus puissants se situent en Loire-Atlantique, en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan tandis que 75 des 100 plus importants reculs concernent le FinistĂšre et les CĂŽtes d’Armor (en passant de 504 Ă  189 habitants l’üle de Sein a par exemple perdu 62% de ses effectifs). Une fracture s’est donc produite au fil du temps entre l’est et l’ouest, de part et d’autre d’une ligne reliant approximativement Saint-Brieuc Ă  Lorient. CĂŽtĂ© occidental, la croissance n’a Ă©tĂ© en trente ans que de 10% (110 000 habitants supplĂ©mentaires), cĂŽtĂ© oriental elle a atteint 28% (700 000 personnes en plus). Aujourd’hui la partie ouest ne reprĂ©sente plus que 29% de la population bretonne.
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<br/>'''Un dĂ©veloppement dĂ©mographique territorialement inĂ©gal'''  
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<p style="text-align: justify">Les autres communes (1179 sur 1 491) ont connu une croissance qui a parfois Ă©tĂ© spectaculaire. Parthenay-de-Bretagne, dans la mĂ©tropole rennaise, a ainsi vu sa population passer en 30 ans de 391 Ă  1393 habitants, une augmentation de plus de 250%. D’une façon gĂ©nĂ©rale les plus fortes progressions s’observent Ă  l’est du territoire. 95 des 100 communes ayant connu les dĂ©veloppements dĂ©mographiques les plus puissants se situent en Loire-Atlantique, en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan tandis que 75 des 100 plus importants reculs concernent le FinistĂšre et les CĂŽtes d’Armor (en passant de 504 Ă  189 habitants l’üle de Sein a par exemple perdu 62% de ses effectifs). </p><p style="text-align: justify">Une fracture s’est donc produite au fil du temps entre l’est et l’ouest, de part et d’autre d’une ligne reliant approximativement Saint-Brieuc Ă  Lorient. CĂŽtĂ© occidental, la croissance n’a Ă©tĂ© en trente ans que de 10% (110 000 habitants supplĂ©mentaires), cĂŽtĂ© oriental elle a atteint 28% (700 000 personnes en plus). Aujourd’hui la partie ouest ne reprĂ©sente plus que 29% de la population bretonne.</p><p style="text-align: justify"><br/>'''Le rĂŽle des grandes aires urbaines''' </p><p style="text-align: justify">Le dynamisme dĂ©mographique est essentiellement le fait des grandes «aires urbaines», ces entitĂ©s regroupant les populations et leurs activitĂ©s situĂ©es dans un rayon d’environ 40 kilomĂštres autour des villes-centres, oĂč la crise, jusqu’à une pĂ©riode rĂ©cente (avant 2011), avait moins dĂ©gradĂ© le marchĂ© de l’emploi. Celles de Nantes et de Rennes apparaissent particuliĂšrement dynamiques. Elles apportent en effet Ă  elles seules plus de la moitiĂ© des gains de population obtenus depuis 30 ans par la Bretagne. L’aire urbaine de Nantes a vu sa population augmenter de 1% par an au cours de cette pĂ©riode (soit un gain de 234 000 personnes), une Ă©volution qui lui permet aujourd’hui d’abriter 884 000 habitants, et qui pourrait se poursuivre dans les dĂ©cennies Ă  venir. L’aire urbaine de Rennes devrait connaĂźtre un rythme de croissance identique. </p><p style="text-align: justify">Plus largement, les cinq plus grandes aires urbaines de Bretagne (Nantes, Rennes, Brest, Lorient, Saint-Nazaire) accueillent un peu plus de 50% de la population de la pĂ©ninsule et sont Ă  l’origine de 70 % de son accroissement dĂ©mographique. </p><p style="text-align: justify">En leur sein, les communes des couronnes pĂ©riurbaines progressent davantage que les agglomĂ©rations et ces derniĂšres plus que les villes-centres : les nouveaux arrivants s’installent prioritairement dans les zones pĂ©riphĂ©riques, chassĂ©s par le prix de l’immobilier et par le manque de foncier pour construire ou acquĂ©rir de nouveaux logements. Ainsi les communes sous influence nantaise, comme Aigrefeuille-sur-Maine, Le GĂąvre, DreffĂ©ac, Gorges ou Cheix-en-Retz, ont vu leurs effectifs augmenter chaque annĂ©e de plus de 4,5 % entre 2006 et 2011. Sur le reste de la Bretagne « ''la population a Ă©galement augmentĂ© dans toutes les aires urbaines de taille plus petite mais offrant au moins 10 000 emplois, Ă  l’exception de Morlaix. Parmi celles accueillant moins de 10 000 emplois, la croissance a Ă©galement Ă©tĂ© au rendez-vous, mais de façon moindre'' » souligne Isabelle Baudequin, de l’Insee (cf. Octant magazine, n°56 –janvier 2014)</p>
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<br/>'''Le rĂŽle des grandes aires urbaines''' Le dynamisme dĂ©mographique est essentiellement le fait des grandes «aires urbaines», ces entitĂ©s regroupant les populations et leurs activitĂ©s situĂ©es dans un rayon d’environ 40 kilomĂštres autour des villes-centres, oĂč la crise, jusqu’à une pĂ©riode rĂ©cente (avant 2011), avait moins dĂ©gradĂ© le marchĂ© de l’emploi. Celles de Nantes et de Rennes apparaissent particuliĂšrement dynamiques. Elles apportent en effet Ă  elles seules plus de la moitiĂ© des gains de population obtenus depuis 30 ans par la Bretagne. L’aire urbaine de Nantes a vu sa population augmenter de 1% par an au cours de cette pĂ©riode (soit un gain de 234 000 personnes), une Ă©volution qui lui permet aujourd’hui d’abriter 884 000 habitants, et qui pourrait se poursuivre dans les dĂ©cennies Ă  venir. L’aire urbaine de Rennes devrait connaĂźtre un rythme de croissance identique. Plus largement, les cinq plus grandes aires urbaines de Bretagne (Nantes, Rennes, Brest, Lorient, Saint-Nazaire) accueillent un peu plus de 50% de la population de la pĂ©ninsule et sont Ă  l’origine de 70 % de son accroissement dĂ©mographique. En leur sein, les communes des couronnes pĂ©riurbaines progressent davantage que les agglomĂ©rations et ces derniĂšres plus que les villes-centres : les nouveaux arrivants s’installent prioritairement dans les zones pĂ©riphĂ©riques, chassĂ©s par le prix de l’immobilier et par le manque de foncier pour construire ou acquĂ©rir de nouveaux logements. Ainsi les communes sous influence nantaise, comme Aigrefeuille-sur-Maine, Le GĂąvre, DreffĂ©ac, Gorges ou Cheix-en-Retz, ont vu leurs effectifs augmenter chaque annĂ©e de plus de 4,5 % entre 2006 et 2011. Sur le reste de la Bretagne « ''la population a Ă©galement augmentĂ© dans toutes les aires urbaines de taille plus petite mais offrant au moins 10 000 emplois, Ă  l’exception de Morlaix. Parmi celles accueillant moins de 10 000 emplois, la croissance a Ă©galement Ă©tĂ© au rendez-vous, mais de façon moindre'' » souligne Isabelle Baudequin, de l’Insee (cf. Octant magazine, n°56 –janvier 2014)
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<br/>'''L’espace rural et le littoral'''  
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<p style="text-align: justify">Qu’en est-il sur le reste du territoire ? Au cours des trente derniĂšres annĂ©es, l’espace rural a certes perdu des habitants mais cette tendance a commencĂ© Ă  s’inverser en1999. Par ailleurs, au mĂȘme titre que la pĂ©riurbanisation, support d’un marchĂ© du travail moins dĂ©primĂ©, les grands axes de circulation (Rennes- Saint-Brieuc, Rennes- Saint-Malo, Lorient-Vannes, Vannes-Nantes
) ont favorisĂ© la vitalitĂ© dĂ©mographique des territoires qu’ils traversaient et la rĂ©partition de la population, une situation dont ont profitĂ© certaines communes rurales. </p><p style="text-align: justify">Le littoral, qui accueille un peu plus du tiers de la population bretonne, fait face quant Ă  lui Ă  un essoufflement. Sa croissance, qui Ă©tait dans les annĂ©es 80 de 0,4 % l’an, soit dĂ©jĂ  la moitiĂ© de celle caractĂ©risant les collectivitĂ©s de l’intĂ©rieur, est dĂ©sormais avec + 0,2% cinq fois plus faible. Certaines communes perdent mĂȘme des habitants comme c’est le cas, en Loire-Atlantique, au nord de la Loire, Ă  Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Piriac-sur-Mer ou Le Croisic. Nous avons lĂ  un effet direct de la crise Ă©conomique et de la flambĂ©e des prix de l’immobilier.</p>
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<br/>'''L’espace rural et le littoral''' Qu’en est-il sur le reste du territoire ? Au cours des trente derniĂšres annĂ©es, l’espace rural a certes perdu des habitants mais cette tendance a commencĂ© Ă  s’inverser en1999. Par ailleurs, au mĂȘme titre que la pĂ©riurbanisation, support d’un marchĂ© du travail moins dĂ©primĂ©, les grands axes de circulation (Rennes- Saint-Brieuc, Rennes- Saint-Malo, Lorient-Vannes, Vannes-Nantes
) ont favorisĂ© la vitalitĂ© dĂ©mographique des territoires qu’ils traversaient et la rĂ©partition de la population, une situation dont ont profitĂ© certaines communes rurales. Le littoral, qui accueille un peu plus du tiers de la population bretonne, fait face quant Ă  lui Ă  un essoufflement. Sa croissance, qui Ă©tait dans les annĂ©es 80 de 0,4 % l’an, soit dĂ©jĂ  la moitiĂ© de celle caractĂ©risant les collectivitĂ©s de l’intĂ©rieur, est dĂ©sormais avec + 0,2% cinq fois plus faible. Certaines communes perdent mĂȘme des habitants comme c’est le cas, en Loire-Atlantique, au nord de la Loire, Ă  Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Piriac-sur-Mer ou Le Croisic. Nous avons lĂ  un effet direct de la crise Ă©conomique et de la flambĂ©e des prix de l’immobilier.
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== Les défis à relever ==
 
== Les défis à relever ==
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<p style="text-align: justify">'''Le bouleversement des structures sociales''' </p><p style="text-align: justify">Cette Ă©volution dĂ©mographique soulĂšve d’autres questions. L’arrivĂ©e, chaque annĂ©e, de plus de 5 000 retraitĂ©s supplĂ©mentaires (diffĂ©rence entre entrĂ©es et sorties) bouleverse par exemple les structures sociales et sociologiques bretonnes. La moitiĂ© d’entre eux sont des Franciliens qui sont nĂ©anmoins pour beaucoup (plus d’un tiers) des Bretons ayant quittĂ© la pĂ©ninsule pour des raisons professionnelles. </p><p style="text-align: justify">Quoi qu’il en soit ces mouvements gĂ©nĂšrent des problĂšmes de transports publics ou d’accĂšs aux logements, principalement sur les cĂŽtes et dans les mĂ©tropoles de Rennes et de Nantes qui sont les premiĂšres destinations de ces nouveaux habitants. Sur le littoral cette situation, parce qu’elle a provoquĂ© l’augmentation dĂ©raisonnable du prix du foncier rappelĂ©e plus haut, fait que les jeunes locaux ont de plus en plus de mal Ă  se loger.</p>
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'''Le bouleversement des structures sociales''' Cette Ă©volution dĂ©mographique soulĂšve d’autres questions. L’arrivĂ©e, chaque annĂ©e, de plus de 5 000 retraitĂ©s supplĂ©mentaires (diffĂ©rence entre entrĂ©es et sorties) bouleverse par exemple les structures sociales et sociologiques bretonnes. La moitiĂ© d’entre eux sont des Franciliens qui sont nĂ©anmoins pour beaucoup (plus d’un tiers) des Bretons ayant quittĂ© la pĂ©ninsule pour des raisons professionnelles. Quoi qu’il en soit ces mouvements gĂ©nĂšrent des problĂšmes de transports publics ou d’accĂšs aux logements, principalement sur les cĂŽtes et dans les mĂ©tropoles de Rennes et de Nantes qui sont les premiĂšres destinations de ces nouveaux habitants. Sur le littoral cette situation, parce qu’elle a provoquĂ© l’augmentation dĂ©raisonnable du prix du foncier rappelĂ©e plus haut, fait que les jeunes locaux ont de plus en plus de mal Ă  se loger.
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<br/>'''Le vieillissement de la population'''  
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<p style="text-align: justify">Le phĂ©nomĂšne est d’autant plus prĂ©occupant qu’il ne peut que s’accentuer dans les prochaines annĂ©es (voir ci-dessous). Il doit conduire les Ă©lus territoriaux Ă  dĂ©finir des politiques capables d’offrir Ă  ce public un environnement adaptĂ© Ă  leurs besoins et Ă  leurs attentes avec la mise en place de prestations collectives, la recherche d’un accĂšs aisĂ© aux services de proximitĂ© et des choix d'urbanisme qui soient adaptĂ©s Ă  chaque cas de figure. </p><p style="text-align: justify">Ainsi il faudra, pour les personnes ĂągĂ©es qui resteront Ă  domicile, rĂ©flĂ©chir aux aides susceptibles de leur permettre d’adapter leurs logements, mais aussi dĂ©velopper et amĂ©liorer l’offre de services de proximitĂ©. </p><p style="text-align: justify">D’autres dĂ©mĂ©nageront pour aller s’installer lĂ  oĂč se trouvent des Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s et des structures hospitaliĂšres de haut niveau ou une complĂ©mentaritĂ© entre les interventions Ă  domicile et celles dans les structures d’accueil. L’exemple de l'Ille-et-Vilaine est Ă  cet Ă©gard rĂ©vĂ©lateur. Si le dĂ©partement attire peu de retraitĂ©s avant 75 ans, la tendance s'inverse au-delĂ . L'isolement, le veuvage et la dĂ©pendance sont les principales causes du dĂ©placement de personnes qui jusque lĂ  rĂ©sidaient le plus souvent dans des maisons individuelles gĂ©nĂ©ralement anciennes et/ou de trop grandes dimensions. Par ailleurs plus d'un tiers des 75 ans et plus vit en milieu rural et dans la mĂȘme proportion ne dispose d'aucun moyen de locomotion. </p><p style="text-align: justify">La derniĂšre catĂ©gorie, qui prendra de plus en plus d’importance, rĂ©unit ceux qui deviendront dĂ©pendants. Les pouvoirs publics devront Ă©tudier la façon de les prendre en charge sachant que la solidaritĂ© familiale a ses limites surtout lorsque certains de leurs soutiens atteignent eux-mĂȘmes, comme c’est dĂšs maintenant le cas, l'Ăąge de la retraite. Cela suppose d’une part l’existence de places suffisamment nombreuses en Ă©tablissements et d’autre part de renforcer l’offre d’habitats intermĂ©diaires (logements individualisĂ©s et autonomes offrant des services spĂ©cifiques). Il sera Ă©galement nĂ©cessaire d’assurer une coordination efficace entre les diffĂ©rents professionnels travaillant avec et autour de ces personnes. Des expĂ©riences originales sont d’ores et dĂ©jĂ  engagĂ©es. Brest, avec son projet « 'Aide par l'image aux personnes ĂągĂ©es' », utilise par exemple la tĂ©lĂ©vision comme support de communication et de services.</p>
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<br/>'''Le vieillissement de la population''' Le phĂ©nomĂšne est d’autant plus prĂ©occupant qu’il ne peut que s’accentuer dans les prochaines annĂ©es (voir ci-dessous). Il doit conduire les Ă©lus territoriaux Ă  dĂ©finir des politiques capables d’offrir Ă  ce public un environnement adaptĂ© Ă  leurs besoins et Ă  leurs attentes avec la mise en place de prestations collectives, la recherche d’un accĂšs aisĂ© aux services de proximitĂ© et des choix d'urbanisme qui soient adaptĂ©s Ă  chaque cas de figure. Ainsi il faudra, pour les personnes ĂągĂ©es qui resteront Ă  domicile, rĂ©flĂ©chir aux aides susceptibles de leur permettre d’adapter leurs logements, mais aussi dĂ©velopper et amĂ©liorer l’offre de services de proximitĂ©. D’autres dĂ©mĂ©nageront pour aller s’installer lĂ  oĂč se trouvent des Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s et des structures hospitaliĂšres de haut niveau ou une complĂ©mentaritĂ© entre les interventions Ă  domicile et celles dans les structures d’accueil. L’exemple de l'Ille-et-Vilaine est Ă  cet Ă©gard rĂ©vĂ©lateur. Si le dĂ©partement attire peu de retraitĂ©s avant 75 ans, la tendance s'inverse au-delĂ . L'isolement, le veuvage et la dĂ©pendance sont les principales causes du dĂ©placement de personnes qui jusque lĂ  rĂ©sidaient le plus souvent dans des maisons individuelles gĂ©nĂ©ralement anciennes et/ou de trop grandes dimensions. Par ailleurs plus d'un tiers des 75 ans et plus vit en milieu rural et dans la mĂȘme proportion ne dispose d'aucun moyen de locomotion. La derniĂšre catĂ©gorie, qui prendra de plus en plus d’importance, rĂ©unit ceux qui deviendront dĂ©pendants. Les pouvoirs publics devront Ă©tudier la façon de les prendre en charge sachant que la solidaritĂ© familiale a ses limites surtout lorsque certains de leurs soutiens atteignent eux-mĂȘmes, comme c’est dĂšs maintenant le cas, l'Ăąge de la retraite. Cela suppose d’une part l’existence de places suffisamment nombreuses en Ă©tablissements et d’autre part de renforcer l’offre d’habitats intermĂ©diaires (logements individualisĂ©s et autonomes offrant des services spĂ©cifiques). Il sera Ă©galement nĂ©cessaire d’assurer une coordination efficace entre les diffĂ©rents professionnels travaillant avec et autour de ces personnes. Des expĂ©riences originales sont d’ores et dĂ©jĂ  engagĂ©es. Brest, avec son projet « 'Aide par l'image aux personnes ĂągĂ©es' », utilise par exemple la tĂ©lĂ©vision comme support de communication et de services.
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<br/>'''Le dĂ©sĂ©quilibre qui s’accentue entre l’ouest et l’est'''
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<p style="text-align: justify"> L’autre dĂ©fi Ă  relever concerne l’inĂ©gale croissance dĂ©mographique qui oppose la partie occidentale de la Bretagne Ă  la partie orientale, avec d’un cĂŽtĂ© les territoires bien Ă©quipĂ©s en infrastructures, bĂ©nĂ©ficiant des attraits du littoral (essentiellement sud) ou des grandes agglomĂ©rations, et de l’autre un Kreizh Breizh (Centre-Bretagne) en situation de dĂ©peuplement. </p><p style="text-align: justify">Cette situation contribue Ă  dĂ©sorganiser, Ă  dĂ©sorienter la sociĂ©tĂ©. Comment en effet ne pas mettre sur le compte d’une certaine forme de dĂ©tresse psychologique et sociale, qui en serait la consĂ©quence, le fait que le risque de dĂ©cĂšs par cancer soit, Ă  l’ouest de la rĂ©gion, 10% plus grand qu’au niveau national (alors que ce risque est jusqu’à 23% moins fort Ă  l’est) ou que l’espĂ©rance de vie, ainsi que cela a Ă©tĂ© esquissĂ© prĂ©cĂ©demment, soit pour les hommes plus Ă©levĂ©e de deux ans ou presque en Ille-et-Vilaine (79,3 ans en 2011) ou en Loire-Atlantique (78,1) par rapport aux autres dĂ©partements (76,5 dans le FinistĂšre par exemple) ? Comment enfin ne pas s’interroger sur l’importance des suicides dans l’ouest breton ? Alors que le taux national se situe Ă  14,7 pour 100.000 habitants (un taux qui est dĂ©jĂ  l’un des plus importants d’Europe, presque trois fois plus Ă©levĂ© que celui de la Grande-Bretagne par exemple, oĂč il est de 5,7 pour 100 000 habitants), il atteint 26,9 dans le Morbihan, 26,4 dans le FinistĂšre et mĂȘme 29,6 dans les CĂŽtes d’Armor tandis qu’il ne dĂ©passe pas 22,1 en Ille-et-Vilaine et 18,1 en Loire-Atlantique. </p><p style="text-align: justify">Pour rĂ©duire cette fracture les espaces dĂ©laissĂ©s doivent devenir plus accessibles, plus vivants. MĂȘme si des moyens, importants d’ailleurs (plusieurs centaines de millions d’euros), sont d’ores et dĂ©jĂ  mis Ă  la disposition des « pays » par la RĂ©gion pour mener Ă  bien leurs projets d’amĂ©nagement, il reste encore aujourd’hui beaucoup Ă  faire pour que soient assurĂ©s un rĂ©Ă©quilibrage et une rĂ©elle solidaritĂ© entre les territoires.</p>
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<br/>'''Le dĂ©sĂ©quilibre qui s’accentue entre l’ouest et l’est''' L’autre dĂ©fi Ă  relever concerne l’inĂ©gale croissance dĂ©mographique qui oppose la partie occidentale de la Bretagne Ă  la partie orientale, avec d’un cĂŽtĂ© les territoires bien Ă©quipĂ©s en infrastructures, bĂ©nĂ©ficiant des attraits du littoral (essentiellement sud) ou des grandes agglomĂ©rations, et de l’autre un Kreizh Breizh (Centre-Bretagne) en situation de dĂ©peuplement. Cette situation contribue Ă  dĂ©sorganiser, Ă  dĂ©sorienter la sociĂ©tĂ©. Comment en effet ne pas mettre sur le compte d’une certaine forme de dĂ©tresse psychologique et sociale, qui en serait la consĂ©quence, le fait que le risque de dĂ©cĂšs par cancer soit, Ă  l’ouest de la rĂ©gion, 10% plus grand qu’au niveau national (alors que ce risque est jusqu’à 23% moins fort Ă  l’est) ou que l’espĂ©rance de vie, ainsi que cela a Ă©tĂ© esquissĂ© prĂ©cĂ©demment, soit pour les hommes plus Ă©levĂ©e de deux ans ou presque en Ille-et-Vilaine (79,3 ans en 2011) ou en Loire-Atlantique (78,1) par rapport aux autres dĂ©partements (76,5 dans le FinistĂšre par exemple) ? Comment enfin ne pas s’interroger sur l’importance des suicides dans l’ouest breton ? Alors que le taux national se situe Ă  14,7 pour 100.000 habitants (un taux qui est dĂ©jĂ  l’un des plus importants d’Europe, presque trois fois plus Ă©levĂ© que celui de la Grande-Bretagne par exemple, oĂč il est de 5,7 pour 100 000 habitants), il atteint 26,9 dans le Morbihan, 26,4 dans le FinistĂšre et mĂȘme 29,6 dans les CĂŽtes d’Armor tandis qu’il ne dĂ©passe pas 22,1 en Ille-et-Vilaine et 18,1 en Loire-Atlantique. Pour rĂ©duire cette fracture les espaces dĂ©laissĂ©s doivent devenir plus accessibles, plus vivants. MĂȘme si des moyens, importants d’ailleurs (plusieurs centaines de millions d’euros), sont d’ores et dĂ©jĂ  mis Ă  la disposition des « pays » par la RĂ©gion pour mener Ă  bien leurs projets d’amĂ©nagement, il reste encore aujourd’hui beaucoup Ă  faire pour que soient assurĂ©s un rĂ©Ă©quilibrage et une rĂ©elle solidaritĂ© entre les territoires.
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<br/>'''Prospective : la situation en 2030 et ses consĂ©quences'''  
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<p style="text-align: justify">Selon les travaux de l’INSEE la population de la Bretagne pourrait s’élever dans une quinzaine d’annĂ©es Ă  environ 5,2 millions d’habitants, ce qui signifierait un nouveau gain de plus de 650 000 personnes. La progression serait d’un peu plus de 0,7% par an, un taux supĂ©rieur Ă  ce que pourrait alors ĂȘtre la moyenne nationale (0,5%). Dans cette hypothĂšse la croissance dĂ©mographique bretonne serait quasi exclusivement due, surtout Ă  la fin de la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e, au solde migratoire. En 2030, et ''a fortiori'' au-delĂ , le solde naturel devrait en effet devenir proche de zĂ©ro puis se retrouver nĂ©gatif. Dans les dĂ©partements des CĂŽtes d’Armor, du FinistĂšre et du Morbihan, l’excĂ©dent de dĂ©cĂšs sur les naissances pourrait avoisiner les 0,3% par an, ce qui aurait pu laisser envisager un dĂ©clin si la promesse de mouvements migratoires positifs ne venait pas combler, plus que largement, ce dĂ©ficit. C’est donc bien par sa seule attractivitĂ© que la Bretagne devrait continuer d’assurer son dĂ©veloppement. </p><p style="text-align: justify">La structure par Ăąges pourrait elle aussi largement Ă©voluer en faisant apparaĂźtre dans les deux - trois dĂ©cennies Ă  venir une baisse Ă  la fois des moins de 20 ans et des 20-59 ans au profit des 60 ans et plus. Selon une Ă©tude de l’INSEE faisant rĂ©fĂ©rence Ă  2040 en Bretagne administrative, on constate que si, du fait de l'intĂ©rĂȘt de la pĂ©ninsule, la catĂ©gorie des moins de 20 ans a de grandes chances de progresser encore de 14 %, cette croissance pourrait apparaĂźtre bien dĂ©risoire Ă  cĂŽtĂ© de celle qui devrait caractĂ©riser les 60 ans et plus : les effectifs de ces derniers pourraient en effet augmenter de 76 %. Ils reprĂ©senteraient alors 33 % de la population (37% mĂȘme dans le Morbihan) soit 2 points de plus que la moyenne de la France mĂ©tropolitaine et 8 points au-dessus de la valeur actuelle. </p><p style="text-align: justify">Cette Ă©volution dĂ©mographique, si elle se confirme, risque d’accentuer certaines consĂ©quences nĂ©gatives dĂ©taillĂ©es prĂ©cĂ©demment. Les pouvoirs publics doivent d’ores et dĂ©jĂ  rĂ©flĂ©chir Ă  leur impact sur l’emploi, le logement, les Ă©quipements, les services, les dĂ©placements, la mixitĂ© sociale, l’équilibre intergĂ©nĂ©rationnel
 en ayant conscience que, mĂȘme si chaque dĂ©partement a et aura ses propres prĂ©occupations, le vieillissement restera une donnĂ©e commune Ă  toute la Bretagne. Une attention toute particuliĂšre devra ĂȘtre portĂ©e au littoral : sur celui de Loire-Atlantique par exemple, les 60 ans ou plus pourraient reprĂ©senter 40% de la population.</p>
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<br/>'''Prospective : la situation en 2030 et ses consĂ©quences''' Selon les travaux de l’INSEE la population de la Bretagne pourrait s’élever dans une quinzaine d’annĂ©es Ă  environ 5,2 millions d’habitants, ce qui signifierait un nouveau gain de plus de 650 000 personnes. La progression serait d’un peu plus de 0,7% par an, un taux supĂ©rieur Ă  ce que pourrait alors ĂȘtre la moyenne nationale (0,5%). Dans cette hypothĂšse la croissance dĂ©mographique bretonne serait quasi exclusivement due, surtout Ă  la fin de la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e, au solde migratoire. En 2030, et ''a fortiori'' au-delĂ , le solde naturel devrait en effet devenir proche de zĂ©ro puis se retrouver nĂ©gatif. Dans les dĂ©partements des CĂŽtes d’Armor, du FinistĂšre et du Morbihan, l’excĂ©dent de dĂ©cĂšs sur les naissances pourrait avoisiner les 0,3% par an, ce qui aurait pu laisser envisager un dĂ©clin si la promesse de mouvements migratoires positifs ne venait pas combler, plus que largement, ce dĂ©ficit. C’est donc bien par sa seule attractivitĂ© que la Bretagne devrait continuer d’assurer son dĂ©veloppement. La structure par Ăąges pourrait elle aussi largement Ă©voluer en faisant apparaĂźtre dans les deux - trois dĂ©cennies Ă  venir une baisse Ă  la fois des moins de 20 ans et des 20-59 ans au profit des 60 ans et plus. Selon une Ă©tude de l’INSEE faisant rĂ©fĂ©rence Ă  2040 en Bretagne administrative, on constate que si, du fait de l'intĂ©rĂȘt de la pĂ©ninsule, la catĂ©gorie des moins de 20 ans a de grandes chances de progresser encore de 14 %, cette croissance pourrait apparaĂźtre bien dĂ©risoire Ă  cĂŽtĂ© de celle qui devrait caractĂ©riser les 60 ans et plus : les effectifs de ces derniers pourraient en effet augmenter de 76 %. Ils reprĂ©senteraient alors 33 % de la population (37% mĂȘme dans le Morbihan) soit 2 points de plus que la moyenne de la France mĂ©tropolitaine et 8 points au-dessus de la valeur actuelle. Cette Ă©volution dĂ©mographique, si elle se confirme, risque d’accentuer certaines consĂ©quences nĂ©gatives dĂ©taillĂ©es prĂ©cĂ©demment. Les pouvoirs publics doivent d’ores et dĂ©jĂ  rĂ©flĂ©chir Ă  leur impact sur l’emploi, le logement, les Ă©quipements, les services, les dĂ©placements, la mixitĂ© sociale, l’équilibre intergĂ©nĂ©rationnel
 en ayant conscience que, mĂȘme si chaque dĂ©partement a et aura ses propres prĂ©occupations, le vieillissement restera une donnĂ©e commune Ă  toute la Bretagne. Une attention toute particuliĂšre devra ĂȘtre portĂ©e au littoral : sur celui de Loire-Atlantique par exemple, les 60 ans ou plus pourraient reprĂ©senter 40% de la population.
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Version du 9 février 2015 à 09:01

Sommaire

Les hommes et leurs espaces (1994)

Auteurs : Loeiz Laurent & Guy Baudelle



La démographie bretonne à l'aube du 21Úme siÚcle (2014)

Auteur : Loeiz Laurent

Comme tout animal qui se respecte, les hommes semblent libres de leurs dĂ©placements. Leur accumulation sur certains sites obĂ©it nĂ©anmoins Ă  des lois rigoureuses. L’abondance des ressources offertes par la nature n’est pas seule en cause. Les innovations techniques, le mode de gouvernance des États, les lois votĂ©es les plus diverses peuvent avoir un impact majeur. AprĂšs un recul sur les siĂšcles passĂ©s, nous passerons aux annĂ©es les plus rĂ©centes, posant la question de la diversitĂ© des stratĂ©gies de dĂ©veloppement et des moyens de maĂźtriser la rĂ©partition du peuplement.


Deux siĂšcles d’une Ă©volution contrastĂ©e

Par lettres patentes donnĂ©es Ă  Paris le 4 mars 1790, Louis XVI ordonnait la division de la France en 83 dĂ©partements, dont cinq en Bretagne, tous de mĂȘme superficie au sein de la province. Les CĂŽtes-du-Nord Ă©taient alors le dĂ©partement le plus peuplĂ©, la Loire-infĂ©rieure le moins peuplĂ©. RestĂ© Ă  peu prĂšs figĂ© depuis cette date, le nombre des communes tĂ©moigne de cette hiĂ©rarchie des populations. Mais les temps ont changĂ© ; l’ordre s’est inversĂ© ; en 1994, les CĂŽtes-d’Armor comptaient deux fois moins d’habitants que la Loire-Atlantique et l’écart n’a fait que croĂźtre depuis.

Deux faits sont Ă  l’origine de ce grand basculement. Au nord, la fin des activitĂ©s textiles. Le blocus continental, la disparition de la marine Ă  voile, la perte du marchĂ© amĂ©ricain, la concurrence du tissage industriel concentrĂ© prĂšs des bassins miniers ont eu raison de nos 100.000 mĂ©tiers Ă  tisser. Au sud, nĂ©e d’une dĂ©couverte nantaise, la conserverie a essaimĂ© sur la cĂŽte, entraĂźnant l’essor de la pĂȘche et de la culture des lĂ©gumes.

Alors que la construction navale dĂ©montrait la qualitĂ© de la main-d’Ɠuvre bretonne, le dĂ©veloppement industriel breton a longtemps butĂ© sur le prix de l’énergie. La Bretagne aurait pu disposer, grĂące au charbon gallois, de l’énergie la moins chĂšre de France, mais les droits de douane dissuasifs imposĂ©s par la Nation pour la dĂ©fense de ses sources d’énergie en ont dĂ©cidĂ© autrement. La Bretagne, observait le Nobel d’économie Maurice Allais, a portĂ© trop seule le poids d’une politique d’intĂ©rĂȘt national. Un traitement plus Ă©quitable lui aurait permis de s’industrialiser plus tĂŽt, rendant possible en juin 40 la constitution d’un « rĂ©duit breton Â». Mais on ne refait pas l’histoire


Le mieux est venu aprĂšs la guerre de l’électricitĂ©. Son transport Ă©tant onĂ©reux, son prix avait longtemps favorisĂ© la proximitĂ© des grands barrages. Mais tout a changĂ© avec l’arrivĂ©e du nuclĂ©aire. Le prix du courant devenait a priori uniforme. L’industrie pouvait dĂ©sormais s’implanter n’importe oĂč ; l’électricitĂ© suivrait. Le nuclĂ©aire s’installe Ă  Brennilis, l’automobile Ă  Rennes, l’électronique Ă  Lannion.

L’électricitĂ© Ă  un tarif abordable ne fut pas le seul beurre mis dans les Ă©pinards bretons. L’argent abondait. Ce furent d’abord les soldes des nombreux engagĂ©s en Indochine, leurs tombes entretenues par l’État restant dans le midi de la France. Ce fut aussi la prolongation de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans, entraĂźnant la nĂ©cessaire prise en charge des enseignants du privĂ© en 1959 (loi DebrĂ©). Les Bretons cessĂšrent de payer deux fois pour la formation de leurs enfants. Celle-ci Ă©tait souvent pour les agriculteurs le premier poste de dĂ©pense. Ils purent dĂ©sormais investir dans leurs exploitations.

La diminution de l’exode eut Ă©galement des consĂ©quences heureuses pour l’économie bretonne. La moitiĂ© des terres agricoles Ă©tant en faire valoir direct, ceux qui en hĂ©ritaient devaient payer des soultes Ă  leurs frĂšres et sƓurs. Compte tenu de la dimension des familles et des taux de dĂ©part, c’est prĂšs du sixiĂšme de la valeur des terres que chaque gĂ©nĂ©ration devait racheter Ă  des personnes ayant quittĂ© la rĂ©gion. Cela reprĂ©sentait des sommes considĂ©rables. Or les dĂ©parts nets de jeunes autour de 20 ans ont beaucoup perdu de leur importance entre 1954 et 1982 dans les quatre dĂ©partements bretons. Ils touchĂšrent 30, 20, 10, 8 et 12% des jeunes Bretons entre les recensements de 1954, 1962, 1968, 1975, 1982 et 1990. De plus, en nombre croissant, les exilĂ©s revenaient en Bretagne avec de jeunes enfants au moment de fonder un foyer. Le patrimoine breton restait au pays.

Peu aprĂšs la loi DebrĂ©, la rĂ©gionalisation du 4iĂšme Plan 1962-1965 engagĂ©e a posteriori pour satisfaire la demande bretonne d’une loi programme a Ă©galement rectifiĂ© bien des inĂ©galitĂ©s. Un mĂȘme effort d’équitĂ© a marquĂ© le Plan routier breton. La rĂ©gion avant 1968 pouvait s’estimer heureuse de recevoir 2,5% des crĂ©dits routiers nationaux de rase campagne pour 5% de la population. Avec son plan routier, la Bretagne passera pendant quelques annĂ©es Ă  6 ou 7% des crĂ©dits nationaux, ses quatre voies recevant malgrĂ© tout une sous-couche de moins que dans le reste du territoire.

Longtemps plus densĂ©ment peuplĂ©e que la moyenne nationale, la Bretagne est moins coĂ»teuse Ă  amĂ©nager. Son urbanisation Ă©quilibrĂ©e est source d’économie. Petites villes, petites entreprises, petits ports. Elle pourrait avoir aussi de petits impĂŽts



L’heure des mĂ©tropoles

Le graphique ci-dessous montre la part des dĂ©partements bretons dans la population française mĂ©tropolitaine entre 1962 et 2013. DopĂ©s par les mĂ©tropoles nantaise et rennaise, bĂ©nĂ©ficiant plus facilement du desserrement de la rĂ©gion parisienne, les dĂ©partements de Loire-Atlantique et Ille-et-Vilaine dĂ©collent. Les autres dĂ©partements bretons reculent par rapport Ă  l’ensemble de la France mĂ©tropolitaine, un lĂ©ger mieux se faisant sentir en fin de pĂ©riode pour le Morbihan et Ă  un moindre titre les CĂŽtes-d’Armor.

On notera le coup de frein enregistrĂ© dans les cinq dĂ©partements entre 1982 et 1990. Avec l’abandon des indicateurs de situation et des clĂ©s de rĂ©partition, l’effort passĂ© d’équitĂ© territoriale dĂ©serte le 8iĂšme Plan (1981-1985. CritiquĂ© Ă  Paris pour son projet de remplacer par quinze pays les cinq dĂ©partements bretons, le CĂ©lib se voit marginaliser par Ouest-Atlantique. En 1978, il a disparu. De nouvelles inquiĂ©tudes apparaissent, ciblant les banlieues. Minimal entre 1975 et 1982, l’exode des jeunes Bretons reprend de l’ampleur par la suite comme indiquĂ© plus haut.

Établi Ă  partir des populations 2006 et 2013 estimĂ©e, le tableau suivant distingue solde naturel et migrations. La plus forte croissance de l’est breton semble due Ă  l’excĂ©dent des naissances sur les dĂ©cĂšs autant qu’aux migrations. Il faut voir lĂ  les effets d’une forte fĂ©conditĂ©, certes, mais aussi d’un apport de jeunes mĂ©nages, contrairement Ă  l’ouest breton. Le fort taux d’immigration observĂ© dans les CĂŽtes-d’Armor et le Morbihan tient en effet surtout Ă  l’abondance des retraitĂ©s, consĂ©quence d’un important exode passĂ© – on revient au pays – et d’un littoral attractif.

La Bretagne ne doit pas devenir une vaste maison de retraite dĂ©noncent certains. Elle est en effet dĂ©jĂ  particuliĂšrement prisĂ©e des retraitĂ©s. « Un petit jardinet, un mĂ©decin Ă  proximitĂ©, des chemins pĂ©destres, une prise en charge par les pompes funĂšbres moins traumatisante pour le conjoint survivant qu’à Paris Â» m’expliquait un artisan de Belleville fuyant la grande citĂ©.

Nous pouvons dĂ©velopper ce courant. N’est-il pas Ă©tonnant de voir combien l’on dĂ©pense Ă  tous les niveaux pour faire venir des touristes quelques semaines par an quand les retraitĂ©s, pourtant Ă  demeure, ne sont l’objet d’aucun intĂ©rĂȘt ? Il faut seulement veiller Ă  ce que cela ne dĂ©stabilise pas les finances dĂ©partementales. En cas d’admission dans une maison de retraite, certains dĂ©partements du midi de la France demandent aux dĂ©partements d’origine de s’engager Ă  financer les sĂ©jours en cas de grande dĂ©pendance


Pas de prioritĂ© cependant pour les retraitĂ©s. Cette magnifique propriĂ©tĂ© dominant la vallĂ©e ou bordant la forĂȘt, y accueillerons-nous une colonie de vacances, une maison de retraite, un Ă©tablissement de thalassothĂ©rapie, un centre de recherche de niveau international ? Il faudra choisir. Les personnes nĂ©es Ă  l’étranger, Ă©trangĂšres ou naturalisĂ©es, sont Ă©galement de plus en plus nombreuses Ă  venir grossir la population bretonne ; une politique consciente d’étalement des minoritĂ©s visibles sur le territoire fait sentir lĂ  ses effets.


Des stratégies diversifiées

« Nantes et Rennes concentrent trop la croissance Â» dĂ©plore-t-on souvent. Mais le dĂ©veloppement de la Bretagne n’est pas une couverture Ă  tirer vers soi. Plusieurs partitions peuvent ĂȘtre jouĂ©es simultanĂ©ment. IndĂ©pendamment de ses atouts, qualitĂ© de la population, appareil Ă©ducatif, diversitĂ© des monuments et des paysages, ressources naturelles terrestres et maritimes, la Bretagne a trois atouts en main, l’un la tourne vers l’est, l’autre vers l’ouest, le dernier vers le nord et le sud. A chacun de choisir ses atouts.

L’accueil des activitĂ©s parisiennes souhaitant respirer plus librement constitue notre premier atout. Les 90 minutes qui vont bientĂŽt sĂ©parer Rennes et Nantes de la gare Montparnasse vont lui donner un fameux coup de fouet. Nous devons tirer de cet atout les fruits les meilleurs.

Le CĂ©lib avait jadis imaginĂ© une ville nouvelle sur la Rance au nord de Dinan. Si le tracĂ© de la voie ferroviaire Rennes-Dinan-Saint-Brieux initialement prĂ©vu sous le second Empire n’avait pas Ă©tĂ© refusĂ© par crainte des attaques d’un Ă©ventuel viaduc par les Anglais, les bords de la Rance auraient pu devenir un pĂŽle majeur d’attraction pour des activitĂ©s trouvant Ă  moins de deux heures de Paris un extraordinaire cadre de vie. Les bords de la Vilaine pourraient jouer ce mĂȘme atout.

Le second atout de la Bretagne, plus sensible Ă  l’ouest de la pĂ©ninsule, concerne sa position au cƓur des grandes routes maritimes. La vocation militaire de Brest a pu freiner l’expansion de son port, aujourd'hui incapable d’accueillir les navires ayant franchi le canal de Panama recreusĂ©. Faut-il se tourner vers un autre site ? L’affaire est importante. On ne dira jamais assez ce que notre agriculture, deux fois plus dense que la moyenne nationale, doit Ă  nos ports. Des esprits avisĂ©s prĂ©voyaient en 1970 la fin des volailles et du porc en Bretagne. L’aliment cĂ©rĂ©alier et les consommateurs Ă©taient dans le bassin parisien. En imposant Ă  L’Europe les importations de manioc et de soja libres de droits, l’AmĂ©rique en a dĂ©cidĂ© autrement. La proximitĂ© de la mer a permis Ă  notre bĂ©tail de pĂąturer les terres du monde entier. Nous pouvons mieux faire naturellement. Avons-nous fait le plein des activitĂ©s de sous-traitance susceptibles d’intĂ©resser les industriels de l’est amĂ©ricain ?

Le troisiĂšme atout de la Bretagne est sa position au cƓur de l’arc atlantique. AprĂšs le bassin parisien et le sillon rhodanien, cet axe est troisiĂšme pĂŽle français de dĂ©veloppement. Victime du tout Paris, il n’est irriguĂ© ni par le cabotage, ni par le fer. Seule l’autoroute des estuaires a rĂ©ussi Ă  s’imposer. Un saut n’est-il pas possible dans le ferroviaire ? Parions qu’aujourd'hui, en choisissant convenablement l’heure de dĂ©part, des cyclistes joignant en se relayant les dĂ©partements littoraux de Dunkerque Ă  Bayonne feraient mieux que la SNCF. Ne pourrait-on penser Ă  un aĂ©rotrain ? Bras droit de PlĂ©ven Ă  la rĂ©gion, Louis Ergan a pu dĂ©plorer jadis que le terre-plein central de nos quatre voies n’ait pas Ă©tĂ© conçu Ă  leur intention. Un aĂ©roport permettant pour partie Ă  l’arc atlantique d’échapper au passage obligĂ© par Roissy suppose un tel lien.


Maßtriser la répartition du peuplement

On aurait tort de voir dans les rĂšgles du marchĂ© les causes d’une concentration de la population jugĂ©e excessive. S’il y a des reproches Ă  faire, c’est bien plutĂŽt aux États, qui ont en main des cartes maĂźtresses inutilisĂ©es, et Ă  la nature mĂȘme des choses, comme nous allons le voir immĂ©diatement.

La rĂ©partition de la population n’est pas de ces phĂ©nomĂšnes spontanĂ©ment rĂ©gulĂ©s, tel le niveau d’un liquide dans des vases communicants. Tout dĂ©sĂ©quilibre tend Ă  s’y annuler de lui-mĂȘme. Cela vaut pour les quantitĂ©s Ă  produire et les prix. L’intervention Ă©tatique en ces domaines, comme l’a prouvĂ© l’aventure communiste, fait alors pis que mieux. La planification centrale des processus de production n’a pu y engendrer que pĂ©nuries incomprĂ©hensibles et immenses gaspillages.

D’autres phĂ©nomĂšnes par contre ne sont pas rĂ©gulĂ©s. Chez eux s’appliquerait plutĂŽt la loi des bulles de savon communicantes. Si deux bulles sont mises en communication, la plus petite, mĂȘme infinitĂ©simalement, se vide dans la plus grande. Tout dĂ©sĂ©quilibre ainsi va croissant. Or une telle loi joue en matiĂšre de rĂ©partition des richesses entre les individus comme en matiĂšre de rĂ©partition de la population sur un territoire. « A celui qui a l’on donnera ; Ă  celui qui n’a pas on enlĂšvera mĂȘme ce qu’il a Â» constatait la sagesse antique.

Que la croissance dĂ©mographique d’une commune ou d’un bassin d’emploi soit un processus non rĂ©gulĂ© est une Ă©vidence. Les mĂ©nages voulant s’éloigner des centres urbains choisissent de prĂ©fĂ©rence des communes peuplĂ©es de 500 Ă  5000 habitants, taille optimale Ă  leurs yeux. Ce faisant, ils dĂ©truisent cet optimum, ne cessant pas brutalement d’accourir si la commune dĂ©passe les 5000 habitants. Semblablement, ce sont les bassins d’emploi ou pays animĂ©s par des villes de 100.000 ou 200.000 habitants qui connaissent les taux de croissance les plus Ă©levĂ©s. LĂ  aussi cela dĂ©truira l’optimum et les villes, qu’il faut sans cesse rebĂątir sur place, perdent ainsi progressivement leur attrait.

Il nous faut cesser de dire, devant de tels processus, « C’est le sens de l’histoire, adorons-le Â». L’État et les autres collectivitĂ©s se doivent ici d’intervenir. L’on dispose Ă  cet effet de deux leviers majeurs : le dĂ©coupage territorial et la rĂ©partition des finances publiques.

CĂŽtĂ© dĂ©coupage, il n’est que de regarder en France les effets du dĂ©coupage dĂ©partemental dĂ©cidĂ© en 1789 pour s’en persuader. Depuis 1800, date de l’érection des arrondissements, ceux centrĂ©s sur une prĂ©fecture ont plus que doublĂ© leur population. Ceux centrĂ©s sur une sous-prĂ©fecture ont vu la leur divisĂ©e par deux. A population Ă©gale, les villes chefs-lieux de dĂ©partement attirent chaque annĂ©e presque deux fois plus de population que les autres villes. Qui veut maĂźtriser la rĂ©partition du peuplement sur un territoire ne peut se dĂ©sintĂ©resser des questions de dĂ©coupage. Le CĂ©lib, prĂŽnant en 1971 le remplacement des cinq dĂ©partements bretons par quinze pays, ne raisonnait pas autrement. Pour Ă©quilibrer l’attraction dominante des villes prĂ©fectures en leur dĂ©partement, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  proposer d’associer entre elles plusieurs sous-prĂ©fectures ou anciennes sous-prĂ©fectures. Ce fut le cas en TrĂ©gor avec Guingamp, Lannion et Paimpol, dans les Pays de Rance avec Dinan, Dinard et Saint-Malo, ou encore en Bretagne centrale avec Pontivy, LoudĂ©ac et PloĂ«rmel. Pour limiter la croissance de certaines villes, certains ont pu prĂ©coniser alors de glisser entre elles des pays encore en pointillĂ©, ChĂąteaulin entre Brest et Quimper, Auray-Quiberon entre Vannes et Lorient. Si « Le dĂ©coupage d’un grand Etat est Ă  lui seul une constitution Â», comme l’affirmait Thouret, rapporteur du projet, en 1789, le dĂ©coupage d’un grand Etat est aussi Ă  lui seul un amĂ©nagement du territoire. Cela vaut aussi pour le dĂ©coupage communal, levier qui devrait rester en totalitĂ© dans les mains des pays.

CĂŽtĂ© finances, les moyens Ă  la disposition des dĂ©cideurs sont tout aussi puissants. L’on peut considĂ©rer Ă  cet effet la façon dont la France et l’Italie ont pu prendre en compte les bilans migratoires dans leurs dotations aux rĂ©gions. L’Italie, dans une optique de rĂ©Ă©quilibrage, a choisi de donner plus par habitant aux rĂ©gions souffrant d’un bilan migratoire nĂ©gatif. La France, dans une optique de rĂ©ponse aux besoins prĂ©visibles d’équipement, a prĂ©fĂ©rĂ© donner plus aux rĂ©gions bĂ©nĂ©ficiant d’un bilan migratoire positif. On ne peut imaginer dĂ©marches plus opposĂ©es. Un État ne peut ĂȘtre neutre.

Mariant dĂ©coupages et moyens financiers, les modes de gouvernance s’avĂšrent fondamentaux. En tout territoire dotĂ© d’un budget, la population a tendance Ă  s’agglomĂ©rer en un point. Communes, dĂ©partements ou États suivent cette loi selon l’importance des budgets gĂ©rĂ©s aux diffĂ©rents niveaux. Les pays centralisĂ©s comme la France ou la GrĂšce vont voir la population de leur capitale exploser. Les pays fĂ©dĂ©raux comme l’Allemagne, la Suisse, les Indes ou les États-Unis auront au contraire une population mieux rĂ©partie.

PrĂ©cisons toutefois que l’explosion des capitales a une fin. Le bilan migratoire de l’Ile-de-France est aujourd'hui nĂ©gatif. Il y a bien rĂ©gulation de la population de la mĂ©tropole, mais au point de saturation. La ville cessera de croĂźtre non pas quand elle aura une taille optimale – elle attire au contraire un maximum de population – mais quand elle aura une taille maximale. Ceux qui la fuient dĂ©bordent alors ceux qui sont plus ou moins contraints de s’en rapprocher. Malheureusement, et pour prĂ©venir des mouvements sociaux, les États s’emploient Ă  grands frais Ă  repousser ce terme. C’est tout l’enjeu de Grand Paris et de la C8 crĂ©Ă©e en 2008, confĂ©rence des huit rĂ©gions du bassin parisien chargĂ©e de mobiliser un maximum de financements nationaux et europĂ©ens pour le Grand Paris.

DĂ©coupages et institutions politiques et financiĂšres, la puissance publique dispose de deux puissants leviers pour maĂźtriser la rĂ©partition du peuplement. Reste pourtant en tout cela un grand oubliĂ© : la durabilitĂ© de notre sociĂ©tĂ©, le bonheur des gĂ©nĂ©rations futures. Comment Ă©chapper Ă  cette autre fatalitĂ© qui veut que le sort d’un Terrien en l’an 2300 pĂšse autant Ă  nos yeux que celui de ce moucheron que nous venons d’écraser sur notre Ă©cran ? Comment bĂątir une Ă©cologie vraiment durable alors que tout s’emballe autour de nous. La vie est combustion. Finira-t-elle en cendres ? Saurons-nous un jour rĂ©guler nos progrĂšs ? Ceci est une autre histoire






Une démographie dynamique malgré des handicaps

Auteur : Patrick D. Morvan (Texte de 2015)

La Bretagne historique, celle Ă  cinq dĂ©partements qui intĂšgre la Loire-Atlantique, compte aujourd’hui prĂšs de 4,6 millions d’habitants, soit une progression de 50% en un demi-siĂšcle. Un chiffre record.

Les mouvements naturels et migratoires

L'Ă©volution de 1982 Ă  2012

Au cours des 30 derniĂšres annĂ©es la population de la pĂ©ninsule s’est renforcĂ©e de prĂšs de 850 000 personnes (28 000 de plus en moyenne par an). Avec un taux de croissance annuel (proche de 0,8 %) supĂ©rieur Ă  celui de la France (0,5 %), le territoire apparaĂźt comme l’un des plus dynamiques de l’Hexagone. Il faut ajouter que le phĂ©nomĂšne s’accĂ©lĂšre avec le temps au point que, depuis 2006, le gain dĂ©mographique annuel est dĂ©sormais supĂ©rieur Ă  36 000. Le rythme de progression annuel augmente plus rapidement que la moyenne française.

La Loire-Atlantique est le premier dĂ©partement breton par sa population, attirant Ă  la fois des actifs sensibles au dynamisme Ă©conomique de la mĂ©tropole nantaise et des retraitĂ©s amoureux du littoral et de ses stations (Pornic, Le Croisic, La Baule
). Elle devance l’Ille-et-Vilaine et le FinistĂšre. En 1982, ce dernier Ă©tait le dĂ©partement le plus peuplĂ© de Bretagne aprĂšs la Loire-Atlantique. Il se situait alors devant l’Ille-et-Vilaine. La hiĂ©rarchie s’est modifiĂ©e au milieu des annĂ©es 1990 au point qu’aujourd’hui, ce dernier compte 100 000 personnes de plus que le FinistĂšre.

FIG 1 La composition par Ăąges montre quelques spĂ©cificitĂ©s au regard de la situation de l’Hexagone. Si les moins de 20 ans ont une reprĂ©sentation comparable Ă  celui de la France mĂ©tropolitaine, les 60 ans et plus sont, eux, surreprĂ©sentĂ©s (1,2 point de plus). L’écart est Ă©videmment le mĂȘme, mais en sens inverse, pour la catĂ©gorie intermĂ©diaire des 20 - 60 ans.

Des diffĂ©rences apparaissent aussi entre les dĂ©partements. Les plus fortes proportions de personnes ĂągĂ©es de 60 ans et plus se retrouvent dans les CĂŽtes d’Armor (30%, jusqu’à 33% dans l’arrondissement de Lannion) et dans certaines parties du FinistĂšre (30% dans celui de ChĂąteaulin par exemple) alors que leur part n’atteint pas 22% en Ille-et-Vilaine. Deux raisons expliquent les fortes proportions atteintes dans certains territoires : l’attrait du littoral pour les retraitĂ©s et le dĂ©part des jeunes vers des lieux plus porteurs d’emplois. En 30 ans ces tendances dĂ©jĂ  sensibles en 1982 se sont confirmĂ©es.

FIG 2 FIG 8


Naissances et décÚs

La croissance dĂ©mographique est pour une part assurĂ©e par les mouvements naturels. Quelques 53 000 petits Bretons naissent en moyenne chaque annĂ©e, un chiffre en lente mais continuelle diminution. Ce sont dans les dĂ©partements de Loire-Atlantique (17 000 naissances) et d’Ille-et-Vilaine (13 000) que ces arrivĂ©es sont les plus nombreuses. A l’opposĂ© elles ne sont que 6 000, environ, dans les CĂŽtes d’Armor.

Le taux de natalitĂ© est de 11,5/‰, soit un point en dessous de la moyenne hexagonale. Cette situation ne caractĂ©rise cependant pas les deux dĂ©partements phares de la rĂ©gion. En Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine il est en effet (lĂ©gĂšrement) supĂ©rieur Ă  la moyenne nationale. La fĂ©conditĂ©, de son cĂŽtĂ©, reste Ă©levĂ©e (une tradition bretonne). Elle se situe Ă  2,04 enfants par femme contre 1,99 en France mĂ©tropolitaine.

FIG 3

Les dĂ©cĂšs touchent, quant Ă  eux, environ 43 000 personnes par an, dont plus de 10 000 en Loire-Atlantique et dans le FinistĂšre, les deux dĂ©partements oĂč ils sont les plus nombreux.

Le taux de mortalitĂ© est Ă©levĂ©. A 9,5/‰ il est un point au-dessus de la moyenne française. C’est le rĂ©sultat du vieillissement plus rapide de la population qui est Ă  rapprocher de l’attrait qu’exerce la « douceur de vivre Â» bretonne sur un nombre important de retraitĂ©s. Comme, Ă  l’opposĂ©, les dĂ©parts de ceux qui ont vĂ©cu toute leur vie en Bretagne sont rĂ©duits, ce mouvement ne peut que s’accentuer. Il est encore amplifiĂ© par l’allongement de l’espĂ©rance de vie et par l'entrĂ©e des premiĂšres gĂ©nĂ©rations issues du baby-boom dans la catĂ©gorie des « anciens Â». Dans la mĂȘme logique l'Ăąge moyen s’est dĂ©placĂ© de 38 Ă  41 ans de 1990 Ă  2009, soit un an de plus que la moyenne française.

Le taux d’accroissement naturel, rĂ©sultat de l’excĂ©dent des naissances sur les dĂ©cĂšs, s’établissait de ce fait en 2012 Ă  moins de 0,3% soit plus d’un point en dessous du taux national.

Par les seuls mouvements naturels la population bretonne s’accroĂźt donc aujourd’hui en moyenne de 10 000 personnes par an, une valeur qui diminue au fil des ans (il n’est d’ailleurs plus que de 9 119 en 2012). Le surplus des naissances sur les dĂ©cĂšs dĂ©passait par exemple les 20 000 par an entre 1954 et 1968. Il Ă©tait encore de 11 000 entre 1982 et 1990. En outre cette vitalitĂ© naturelle, si on peut l’appeler ainsi, ne doit pas faire illusion. Elle ne concerne que la Loire-Atlantique et l’Ille et Vilaine. Dans les trois autres dĂ©partements les dĂ©cĂšs font en effet jeu Ă©gal avec les naissances voire les dĂ©passent. C’est en CĂŽtes d’Armor que ce mouvement nĂ©gatif est le plus ancien et le plus marquĂ©.


Les mouvements migratoires

La dĂ©mographie bretonne, qui n’a plus aujourd’hui la possibilitĂ© de s’appuyer sur un mouvement naturel en perte de vitesse, compte dĂ©sormais pour assurer sa croissance sur son seul excĂ©dent migratoire, lequel approche 0,6 % par an (la moyenne française se situant Ă  0,1 %).

FIG 4

Le fait est rĂ©cent car pendant longtemps, et jusque vers la fin des annĂ©es 1960, la pĂ©ninsule a subi un exode qui l’a vidĂ©e de ses forces vives. On rappellera, en reprenant les chiffres de Loeiz Laurent et Guy Baudelle (dans le chapitre « Les hommes et leurs espaces Â» de la gĂ©ographie de 1994) que de 1954 Ă  1962 la terre armoricaine perdait annuellement 7 000 habitants par exode net et que de 1962 Ă  1968 elle n’en gagnait encore que 750 par an. C’est seulement Ă  partir de cette derniĂšre date que le dynamisme breton s’est fait sentir avec une hausse progressive et dĂ©sormais substantielle des arrivĂ©es : + 9 000 par an entre 1968 et 1975, + 11 000 entre 1975 et 1982, + 7 500 entre 1982 et 1990, + 15 000 de 1990 Ă  1999, + 25 000 aujourd’hui. Ce sont les CĂŽtes d’Armor et le Morbihan qui sont les grands bĂ©nĂ©ficiaires de cette situation (l’augmentation est de 0,8% par an depuis 2006 dans chacun de ces deux dĂ©partements), signe une nouvel fois de l’attrait du littoral pour certaines catĂ©gories de population (les retraitĂ©s en premier lieu).


L’espĂ©rance de vie

En 2012, l’espĂ©rance de vie des Bretons, Ă  la naissance, Ă©tait de 81 ans, soit un peu moins (6 mois) que celle de l’ensemble des Français. Depuis 2000 elle a nĂ©anmoins progressĂ© dans la pĂ©ninsule d’un peu plus de 3 ans pour les hommes (passant de 74,4 ans Ă  77,7 ans) et de 2 ans pour les femmes (de 82,7 Ă  84,6). Cependant, comme le gain caractĂ©risant l’Hexagone est du mĂȘme ordre de grandeur, l’écart qui existait entre ce dernier et la terre armoricaine ne se rĂ©sorbe pas. C’est en Ille-et-Vilaine que l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance est la plus grande (dans ce dĂ©partement elle est mĂȘme supĂ©rieure de presque 6 mois Ă  la moyenne nationale) et dans le FinistĂšre qu’elle est la plus basse, surtout pour les hommes puisque l’écart par rapport Ă  la moyenne nationale est de plus de 2 ans.


Les ménages

Les mĂ©nages bretons comptent en moyenne 2,27 personnes (chiffres de 2011) soit une de moins qu’au niveau national. Leur taille baisse Ă©galement avec le temps (elle Ă©tait de plus de 3 en 1968). Dans le dĂ©tail la situation la plus frĂ©quente est celle reprĂ©sentĂ©e par des mĂ©nages qui ne sont constituĂ©s que d’une seule personne.

FIG 5

Cette Ă©volution a plusieurs explications. Chez les jeunes adultes, la mise en couple est en partie retardĂ©e par le prolongement de la scolaritĂ© dans l’enseignement supĂ©rieur qui conduit souvent ceux qui sont concernĂ©s Ă  vivre en cĂ©libataires. Aux Ăąges intermĂ©diaires l’accroissement du nombre des sĂ©parations (divorces
) joue dans le mĂȘme sens. Enfin, au-delĂ , l’allongement de l’espĂ©rance de vie entraĂźne une augmentation notable du nombre de femmes ĂągĂ©es vivant seules.

La diminution plus rapide de la taille des mĂ©nages bretons par rapport Ă  la moyenne française rĂ©sulte d’abord du vieillissement plus prononcĂ© de la population, consĂ©quence une nouvelle fois du dĂ©sĂ©quilibre dĂ©mographique liĂ© Ă  l’attrait des retraitĂ©s pour la pĂ©ninsule. Entre 1968 et 2011, le nombre de personnes ĂągĂ©es de 75 ans ou plus a Ă©tĂ© multipliĂ© par plus de 3 en Bretagne contre 2,5 en France mĂ©tropolitaine.

Cette Ă©volution a une consĂ©quence immĂ©diate, celle d’accroĂźtre les besoins en logements et cela mĂȘme si la situation dĂ©mographique Ă©tait restĂ©e la mĂȘme. Ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas. De ce fait le nombre de rĂ©sidences principales a progressĂ© beaucoup plus que le nombre d’habitants. Entre 1968 et 2011, celui-lĂ  a presque doublĂ© alors que la population n’augmentait que d’un tiers. En consĂ©quence, sur cette pĂ©riode, plus de 450 000 rĂ©sidences principales supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour s’adapter Ă  la baisse de la taille des mĂ©nages. Ce chiffre reprĂ©sente environ la moitiĂ© de la hausse du nombre de rĂ©sidences principales entre ces deux dates, l’autre moitiĂ© Ă©tant liĂ©e Ă  l’augmentation de la population.


La population immigrée

La Bretagne accueille plus de 140 000 immigrĂ©s (chiffres de 2011). Ces derniers reprĂ©sentent 3,1% de sa population, le plus faible taux parmi les rĂ©gions françaises (la moyenne en mĂ©tropole se situant Ă  8,4 %). Cette proportion croĂźt nĂ©anmoins rĂ©guliĂšrement depuis un demi-siĂšcle (elle Ă©tait de moins de 1 % en 1968 et 2 % en 1999). La population immigrĂ©e a par exemple augmentĂ© de prĂšs de 50 % entre 1999 et 2005. La Loire-Atlantique est le dĂ©partement qui en accueille le plus : 48 000, soit le tiers du total de ceux qui se sont installĂ©s dans la pĂ©ninsule.

Cette population est Ă  plus de 70% constituĂ©e de personnes en Ăąge d’activitĂ©, soit 13 points de plus que le chiffre caractĂ©risant la population totale bretonne.

40% d’entre eux viennent d’Europe et 36% d’Afrique (Maghreb et, de plus en plus, pays subsahariens). Si les immigrĂ©s d’origine africaine sont dominants en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique, ceux venus d’Europe s’imposent dans les trois autres dĂ©partements oĂč ils reprĂ©sentent par exemple 62% des immigrĂ©s dans les CĂŽtes d’Armor (moins de 30 % en revanche en Loire-Atlantique). Il est Ă  noter que prĂšs de 11% d’entre eux sont des Britanniques, un taux qui monte Ă  31% dans les CĂŽtes d’Armor (ils sont moins de 3% dans la France entiĂšre). Leur progression est particuliĂšrement importante depuis une quinzaine d’annĂ©es.

FIG 6 FIG 7


La répartition sur le territoire

Le dynamisme dĂ©mographique n’a pas profitĂ© Ă  toute la Bretagne. ConsĂ©quence d’un exode rural puissant et ancien, prĂšs de la moitiĂ© des communes ont toujours aujourd’hui moins d'habitants qu'en 1800 et un quart d’entre elles ont encore connu un dĂ©clin entre 1982 et 2011.


Un développement démographique territorialement inégal

Les autres communes (1179 sur 1 491) ont connu une croissance qui a parfois Ă©tĂ© spectaculaire. Parthenay-de-Bretagne, dans la mĂ©tropole rennaise, a ainsi vu sa population passer en 30 ans de 391 Ă  1393 habitants, une augmentation de plus de 250%. D’une façon gĂ©nĂ©rale les plus fortes progressions s’observent Ă  l’est du territoire. 95 des 100 communes ayant connu les dĂ©veloppements dĂ©mographiques les plus puissants se situent en Loire-Atlantique, en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan tandis que 75 des 100 plus importants reculs concernent le FinistĂšre et les CĂŽtes d’Armor (en passant de 504 Ă  189 habitants l’üle de Sein a par exemple perdu 62% de ses effectifs).

Une fracture s’est donc produite au fil du temps entre l’est et l’ouest, de part et d’autre d’une ligne reliant approximativement Saint-Brieuc Ă  Lorient. CĂŽtĂ© occidental, la croissance n’a Ă©tĂ© en trente ans que de 10% (110 000 habitants supplĂ©mentaires), cĂŽtĂ© oriental elle a atteint 28% (700 000 personnes en plus). Aujourd’hui la partie ouest ne reprĂ©sente plus que 29% de la population bretonne.


Le rĂŽle des grandes aires urbaines

Le dynamisme dĂ©mographique est essentiellement le fait des grandes «aires urbaines», ces entitĂ©s regroupant les populations et leurs activitĂ©s situĂ©es dans un rayon d’environ 40 kilomĂštres autour des villes-centres, oĂč la crise, jusqu’à une pĂ©riode rĂ©cente (avant 2011), avait moins dĂ©gradĂ© le marchĂ© de l’emploi. Celles de Nantes et de Rennes apparaissent particuliĂšrement dynamiques. Elles apportent en effet Ă  elles seules plus de la moitiĂ© des gains de population obtenus depuis 30 ans par la Bretagne. L’aire urbaine de Nantes a vu sa population augmenter de 1% par an au cours de cette pĂ©riode (soit un gain de 234 000 personnes), une Ă©volution qui lui permet aujourd’hui d’abriter 884 000 habitants, et qui pourrait se poursuivre dans les dĂ©cennies Ă  venir. L’aire urbaine de Rennes devrait connaĂźtre un rythme de croissance identique.

Plus largement, les cinq plus grandes aires urbaines de Bretagne (Nantes, Rennes, Brest, Lorient, Saint-Nazaire) accueillent un peu plus de 50% de la population de la pĂ©ninsule et sont Ă  l’origine de 70 % de son accroissement dĂ©mographique.

En leur sein, les communes des couronnes pĂ©riurbaines progressent davantage que les agglomĂ©rations et ces derniĂšres plus que les villes-centres : les nouveaux arrivants s’installent prioritairement dans les zones pĂ©riphĂ©riques, chassĂ©s par le prix de l’immobilier et par le manque de foncier pour construire ou acquĂ©rir de nouveaux logements. Ainsi les communes sous influence nantaise, comme Aigrefeuille-sur-Maine, Le GĂąvre, DreffĂ©ac, Gorges ou Cheix-en-Retz, ont vu leurs effectifs augmenter chaque annĂ©e de plus de 4,5 % entre 2006 et 2011. Sur le reste de la Bretagne « la population a Ă©galement augmentĂ© dans toutes les aires urbaines de taille plus petite mais offrant au moins 10 000 emplois, Ă  l’exception de Morlaix. Parmi celles accueillant moins de 10 000 emplois, la croissance a Ă©galement Ă©tĂ© au rendez-vous, mais de façon moindre Â» souligne Isabelle Baudequin, de l’Insee (cf. Octant magazine, n°56 –janvier 2014)


L’espace rural et le littoral

Qu’en est-il sur le reste du territoire ? Au cours des trente derniĂšres annĂ©es, l’espace rural a certes perdu des habitants mais cette tendance a commencĂ© Ă  s’inverser en1999. Par ailleurs, au mĂȘme titre que la pĂ©riurbanisation, support d’un marchĂ© du travail moins dĂ©primĂ©, les grands axes de circulation (Rennes- Saint-Brieuc, Rennes- Saint-Malo, Lorient-Vannes, Vannes-Nantes
) ont favorisĂ© la vitalitĂ© dĂ©mographique des territoires qu’ils traversaient et la rĂ©partition de la population, une situation dont ont profitĂ© certaines communes rurales.

Le littoral, qui accueille un peu plus du tiers de la population bretonne, fait face quant Ă  lui Ă  un essoufflement. Sa croissance, qui Ă©tait dans les annĂ©es 80 de 0,4 % l’an, soit dĂ©jĂ  la moitiĂ© de celle caractĂ©risant les collectivitĂ©s de l’intĂ©rieur, est dĂ©sormais avec + 0,2% cinq fois plus faible. Certaines communes perdent mĂȘme des habitants comme c’est le cas, en Loire-Atlantique, au nord de la Loire, Ă  Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Piriac-sur-Mer ou Le Croisic. Nous avons lĂ  un effet direct de la crise Ă©conomique et de la flambĂ©e des prix de l’immobilier.


Les défis à relever

Le bouleversement des structures sociales

Cette Ă©volution dĂ©mographique soulĂšve d’autres questions. L’arrivĂ©e, chaque annĂ©e, de plus de 5 000 retraitĂ©s supplĂ©mentaires (diffĂ©rence entre entrĂ©es et sorties) bouleverse par exemple les structures sociales et sociologiques bretonnes. La moitiĂ© d’entre eux sont des Franciliens qui sont nĂ©anmoins pour beaucoup (plus d’un tiers) des Bretons ayant quittĂ© la pĂ©ninsule pour des raisons professionnelles.

Quoi qu’il en soit ces mouvements gĂ©nĂšrent des problĂšmes de transports publics ou d’accĂšs aux logements, principalement sur les cĂŽtes et dans les mĂ©tropoles de Rennes et de Nantes qui sont les premiĂšres destinations de ces nouveaux habitants. Sur le littoral cette situation, parce qu’elle a provoquĂ© l’augmentation dĂ©raisonnable du prix du foncier rappelĂ©e plus haut, fait que les jeunes locaux ont de plus en plus de mal Ă  se loger.


Le vieillissement de la population

Le phĂ©nomĂšne est d’autant plus prĂ©occupant qu’il ne peut que s’accentuer dans les prochaines annĂ©es (voir ci-dessous). Il doit conduire les Ă©lus territoriaux Ă  dĂ©finir des politiques capables d’offrir Ă  ce public un environnement adaptĂ© Ă  leurs besoins et Ă  leurs attentes avec la mise en place de prestations collectives, la recherche d’un accĂšs aisĂ© aux services de proximitĂ© et des choix d'urbanisme qui soient adaptĂ©s Ă  chaque cas de figure.

Ainsi il faudra, pour les personnes ĂągĂ©es qui resteront Ă  domicile, rĂ©flĂ©chir aux aides susceptibles de leur permettre d’adapter leurs logements, mais aussi dĂ©velopper et amĂ©liorer l’offre de services de proximitĂ©.

D’autres dĂ©mĂ©nageront pour aller s’installer lĂ  oĂč se trouvent des Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s et des structures hospitaliĂšres de haut niveau ou une complĂ©mentaritĂ© entre les interventions Ă  domicile et celles dans les structures d’accueil. L’exemple de l'Ille-et-Vilaine est Ă  cet Ă©gard rĂ©vĂ©lateur. Si le dĂ©partement attire peu de retraitĂ©s avant 75 ans, la tendance s'inverse au-delĂ . L'isolement, le veuvage et la dĂ©pendance sont les principales causes du dĂ©placement de personnes qui jusque lĂ  rĂ©sidaient le plus souvent dans des maisons individuelles gĂ©nĂ©ralement anciennes et/ou de trop grandes dimensions. Par ailleurs plus d'un tiers des 75 ans et plus vit en milieu rural et dans la mĂȘme proportion ne dispose d'aucun moyen de locomotion.

La derniĂšre catĂ©gorie, qui prendra de plus en plus d’importance, rĂ©unit ceux qui deviendront dĂ©pendants. Les pouvoirs publics devront Ă©tudier la façon de les prendre en charge sachant que la solidaritĂ© familiale a ses limites surtout lorsque certains de leurs soutiens atteignent eux-mĂȘmes, comme c’est dĂšs maintenant le cas, l'Ăąge de la retraite. Cela suppose d’une part l’existence de places suffisamment nombreuses en Ă©tablissements et d’autre part de renforcer l’offre d’habitats intermĂ©diaires (logements individualisĂ©s et autonomes offrant des services spĂ©cifiques). Il sera Ă©galement nĂ©cessaire d’assurer une coordination efficace entre les diffĂ©rents professionnels travaillant avec et autour de ces personnes. Des expĂ©riences originales sont d’ores et dĂ©jĂ  engagĂ©es. Brest, avec son projet « 'Aide par l'image aux personnes ĂągĂ©es' Â», utilise par exemple la tĂ©lĂ©vision comme support de communication et de services.


Le dĂ©sĂ©quilibre qui s’accentue entre l’ouest et l’est

L’autre dĂ©fi Ă  relever concerne l’inĂ©gale croissance dĂ©mographique qui oppose la partie occidentale de la Bretagne Ă  la partie orientale, avec d’un cĂŽtĂ© les territoires bien Ă©quipĂ©s en infrastructures, bĂ©nĂ©ficiant des attraits du littoral (essentiellement sud) ou des grandes agglomĂ©rations, et de l’autre un Kreizh Breizh (Centre-Bretagne) en situation de dĂ©peuplement.

Cette situation contribue Ă  dĂ©sorganiser, Ă  dĂ©sorienter la sociĂ©tĂ©. Comment en effet ne pas mettre sur le compte d’une certaine forme de dĂ©tresse psychologique et sociale, qui en serait la consĂ©quence, le fait que le risque de dĂ©cĂšs par cancer soit, Ă  l’ouest de la rĂ©gion, 10% plus grand qu’au niveau national (alors que ce risque est jusqu’à 23% moins fort Ă  l’est) ou que l’espĂ©rance de vie, ainsi que cela a Ă©tĂ© esquissĂ© prĂ©cĂ©demment, soit pour les hommes plus Ă©levĂ©e de deux ans ou presque en Ille-et-Vilaine (79,3 ans en 2011) ou en Loire-Atlantique (78,1) par rapport aux autres dĂ©partements (76,5 dans le FinistĂšre par exemple) ? Comment enfin ne pas s’interroger sur l’importance des suicides dans l’ouest breton ? Alors que le taux national se situe Ă  14,7 pour 100.000 habitants (un taux qui est dĂ©jĂ  l’un des plus importants d’Europe, presque trois fois plus Ă©levĂ© que celui de la Grande-Bretagne par exemple, oĂč il est de 5,7 pour 100 000 habitants), il atteint 26,9 dans le Morbihan, 26,4 dans le FinistĂšre et mĂȘme 29,6 dans les CĂŽtes d’Armor tandis qu’il ne dĂ©passe pas 22,1 en Ille-et-Vilaine et 18,1 en Loire-Atlantique.

Pour rĂ©duire cette fracture les espaces dĂ©laissĂ©s doivent devenir plus accessibles, plus vivants. MĂȘme si des moyens, importants d’ailleurs (plusieurs centaines de millions d’euros), sont d’ores et dĂ©jĂ  mis Ă  la disposition des « pays Â» par la RĂ©gion pour mener Ă  bien leurs projets d’amĂ©nagement, il reste encore aujourd’hui beaucoup Ă  faire pour que soient assurĂ©s un rĂ©Ă©quilibrage et une rĂ©elle solidaritĂ© entre les territoires.


Prospective : la situation en 2030 et ses consĂ©quences

Selon les travaux de l’INSEE la population de la Bretagne pourrait s’élever dans une quinzaine d’annĂ©es Ă  environ 5,2 millions d’habitants, ce qui signifierait un nouveau gain de plus de 650 000 personnes. La progression serait d’un peu plus de 0,7% par an, un taux supĂ©rieur Ă  ce que pourrait alors ĂȘtre la moyenne nationale (0,5%). Dans cette hypothĂšse la croissance dĂ©mographique bretonne serait quasi exclusivement due, surtout Ă  la fin de la pĂ©riode Ă©tudiĂ©e, au solde migratoire. En 2030, et a fortiori au-delĂ , le solde naturel devrait en effet devenir proche de zĂ©ro puis se retrouver nĂ©gatif. Dans les dĂ©partements des CĂŽtes d’Armor, du FinistĂšre et du Morbihan, l’excĂ©dent de dĂ©cĂšs sur les naissances pourrait avoisiner les 0,3% par an, ce qui aurait pu laisser envisager un dĂ©clin si la promesse de mouvements migratoires positifs ne venait pas combler, plus que largement, ce dĂ©ficit. C’est donc bien par sa seule attractivitĂ© que la Bretagne devrait continuer d’assurer son dĂ©veloppement.

La structure par Ăąges pourrait elle aussi largement Ă©voluer en faisant apparaĂźtre dans les deux - trois dĂ©cennies Ă  venir une baisse Ă  la fois des moins de 20 ans et des 20-59 ans au profit des 60 ans et plus. Selon une Ă©tude de l’INSEE faisant rĂ©fĂ©rence Ă  2040 en Bretagne administrative, on constate que si, du fait de l'intĂ©rĂȘt de la pĂ©ninsule, la catĂ©gorie des moins de 20 ans a de grandes chances de progresser encore de 14 %, cette croissance pourrait apparaĂźtre bien dĂ©risoire Ă  cĂŽtĂ© de celle qui devrait caractĂ©riser les 60 ans et plus : les effectifs de ces derniers pourraient en effet augmenter de 76 %. Ils reprĂ©senteraient alors 33 % de la population (37% mĂȘme dans le Morbihan) soit 2 points de plus que la moyenne de la France mĂ©tropolitaine et 8 points au-dessus de la valeur actuelle.

Cette Ă©volution dĂ©mographique, si elle se confirme, risque d’accentuer certaines consĂ©quences nĂ©gatives dĂ©taillĂ©es prĂ©cĂ©demment. Les pouvoirs publics doivent d’ores et dĂ©jĂ  rĂ©flĂ©chir Ă  leur impact sur l’emploi, le logement, les Ă©quipements, les services, les dĂ©placements, la mixitĂ© sociale, l’équilibre intergĂ©nĂ©rationnel
 en ayant conscience que, mĂȘme si chaque dĂ©partement a et aura ses propres prĂ©occupations, le vieillissement restera une donnĂ©e commune Ă  toute la Bretagne. Une attention toute particuliĂšre devra ĂȘtre portĂ©e au littoral : sur celui de Loire-Atlantique par exemple, les 60 ans ou plus pourraient reprĂ©senter 40% de la population.




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