Géographie de la Bretagne/Quel aménagement du territoire ?

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Quel aménagement du territoire ? (1994)

Auteur : Pierre-Yves Le Rhun



Bretagne 2014 : desserrer les freins pour avancer vers une économie durable et ouverte sur le monde (2014)

Auteur : Pierre-Yves Le Rhun

La « Géographie et Aménagement de la Bretagne » de 1994 se termine par deux pages de synthèse sur une stratégie de développement susceptible d’assurer l’avenir de la région. Vingt ans plus tard, à la lecture des chapitres de « La Bretagne face à la mondialisation », on constate que des progrès ont été accomplis mais que, sur le chemin d’une économie compatible avec l’environnement naturel et humain, certains problèmes n’ont pas été résolus Il s’agit maintenant de cerner les traits dominants d’une Bretagne confrontée à la mondialisation, ses principaux atouts comme ses handicaps, dont le plus lourd est la faiblesse du pouvoir régional.


La valorisation de la production agricole toujours trop restreinte

Le gros de la production agricole intensive et des élevages industriels se situe encore dans le bas de gamme. La pollution qu’ils émettent a cependant commencé à refluer mais il faudrait un effort soutenu pendant une dizaine d’années pour que les activités agricoles et agro-alimentaires deviennent compatibles avec la vie dans les sols et les milieux aquatiques, avec la qualité de l’eau et de l’air, et avec la santé des consommateurs. Et c’est urgent !

En effet la dégradation de la santé publique dans les pays développés (obésité, diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires, allergies…) prend une telle ampleur que les gouvernements vont être amenés à intervenir pour que la chaîne de production alimentaire fournisse des aliments salubres et que cessent les campagnes publicitaires poussant à des consommations exagérées, notamment de produits laitiers. Les pays dont les producteurs sauront s’adapter aux modifications de la demande, gagneront des parts de marché. Le mouvement, déjà lancé avec les produits « Bio », devrait s’amplifier avec des produits « salubres » garantis réellement bons pour la santé de la population et pour la qualité des milieux naturels.


Quelques exemples d’autres défis à relever

La pollution diminue mais bien trop lentement par rapport aux régions agricoles du nord de l’Europe. Il faut arriver à passer à la vitesse supérieure. Les actions pour limiter la consommation électrique par une meilleure isolation des logements sont trop faibles, les chauffe-eau solaires peu fréquents. Le constat est plus positif pour la production d’énergies renouvelables, grâce surtout aux projets d’éoliennes en mer et peut-être d’hydroliennes. L’exploitation de la ressource en algues et micro-organismes des eaux littorales pourrait fournir de nombreux emplois d’après les spécialistes. Pour l’instant son exploitation reste marginale. L’ouverture à l’Europe et au monde nécessite de bonnes liaisons terrestres, maritimes et aériennes. Les modes de transport évoluent : le désenclavement est un chantier perpétuel. Il faut favoriser le cabotage inter-européen, les plate-formes plurimodales…


Les nouvelles industries naissent dans les plus grandes villes

On observe un dynamisme industriel lié à la recherche scientifique et à l’application de ses résultats principalement à Nantes et Rennes où se trouvent les équipes de chercheurs universitaires et des Grandes Ecoles d’ingénieurs. Dans ce voisinage favorable se créent ou s’implantent les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) et des entreprises innovantes sur d’autres créneaux. On peut se réjouir du dynamisme des deux métropoles régionales et de leur alliance qui devrait le conforter, car cet essor limite le départ de la Bretagne de jeunes diplômés. Cependant on pourrait s’inquiéter des faibles retombées sur les autres villes bretonnes. En fait rien n’empêche les entreprises, les villes et les Pays d’entrer dans les réseaux d’information scientifique en se groupant pour participer au financement des structures de recherche et développement. C’est déjà la stratégie de l’association « Produit en Bretagne » (4).


Les conditions internes et externes à remplir pour relever les défis

Pour une action à la mesure des problèmes à résoudre, le Conseil Régional devrait être en capacité de réaliser deux opérations majeures :

- l’élaboration d’un plan régional de développement d’une durée de 10 ans, ce qui est de l’ordre de la durée nécessaire pour mener à bien la dépollution des milieux naturels terrestres et marins. Ce plan facilitera la transition progressive du système productiviste actuel vers un système dont la finalité sera la production d’aliments salubres dans le cadre d’un environnement restauré. Cette voie est la seule possible. Elle est déjà empruntée par des pays comme le Danemark : il y a là des exemples à étudier.

- un grand emprunt régional défiscalisé fournirait les moyens d’intervenir efficacement pour réaliser le plan par des prêts et subventions. Actuellement l’épargne est abondante mais elle se place surtout dans les assurances-vie qui prêtent à l’Etat pour financer ses déficits. La défiscalisation permettrait d’inciter fortement les épargnants à investir une partie de leur épargne dans l’économie régionale sans prendre grand risque. (1)

Il est évident que l’appui de l’Etat à ces actions régionales est indispensable : la défiscalisation dépend de lui seul. L’Etat pourrait agir de deux façons :

- soit il décentralise en accordant aux régions françaises une autonomie comparable à celles de la plupart des régions européennes (2). Le discrédit du pouvoir central est tel qu’il n’est pas exclu qu’il procède à cette réforme pour se relancer. On se souvient des mesures (dont le Plan routier breton) accordées à la Bretagne en Mai 1968.

- soit il accorde à la Bretagne le « droit à l’expérimentation » prévu par la loi et que réclament les élus du Conseil Régional, assorti évidemment des ressources financières permettant d’exercer ce droit.


La Bretagne est l’une des régions les plus propices pour expérimenter l’autonomie

Pour s’en convaincre, il suffit de consulter le sondage d’opinion réalisé par l’Institut TMO-Régions dans les cinq départements de la Bretagne historique pour l’association Bretagne culture diversité (BCD) en décembre 2013 (Accès au sondage complet sur bcdiv.org). Les Bretons se caractérisent par leur faible xénophobie, leur peu d’attirance pour le Front National, et un fort désir d’ouverture sur le monde (à 71% contre 42% des Français). Pour eux l’Union Européenne est une chance à saisir et ils ont voté en ce sens lors des consultations sur l’Europe. Leur puissant attachement à la Bretagne va de pair avec leur attachement à la France.

D’autre part la Bretagne a démontré après la guerre 39-45 sa capacité à prendre en charge son avenir en rassemblant dans le CELIB (Comité d’études et de liaison des intérêts bretons) les élus de toutes tendances pour préparer un plan régional de relance économique. Cette action fut à l’origine d’un début de décentralisation régionale en France. Aujourd’hui la Bretagne est l’une des régions où la demande d’autonomie est la plus forte et l’Etat ne prendrait aucun risque réel en y répondant.


La mondialisation impose l’union des acteurs impliqués dans l’économie bretonne

Le découpage administratif régional a entraîné le détricotage de nombreux liens entre la Loire-Atlantique et la région Bretagne ainsi que la forte limitation des échanges d’informations par la télévision et la radio régionales, et par le quotidien Ouest-France, qui ont calqué leurs zones de diffusion sur les limites administratives. Voilà qu’aujourd’hui apparaît la nécessité de réunir les forces vives de la région pour exister sur le plan national et international, être considéré comme un partenaire et bénéficier éventuellement d’aide financière des pouvoirs publics. Il faut donc retricoter les liens et cette action est déjà engagée, par exemple : - l’alliance de Nantes et Rennes - le projet de regroupement des universités de Bretagne et des Pays de Loire - le pôle Mer de Bretagne s’élargit en avril 2014 aux Pays de Loire et à la Basse Normandie...


Les Bonnets Rouges : le grain de sable ?

En 2013, l’installation de portiques de l’éco-taxe sur les axes routiers a provoqué une violente réaction populaire. Le mouvement des Bonnets Rouges s’est structuré et une cinquantaine de comités locaux ont tenu des « Etats Généraux » le 8 mars 2014 à Morlaix et formulé 11 revendications (3). Cette contestation radicale a déjà obligé le gouvernement à suspendre la perception de l’éco-taxe sur l’ensemble du territoire français. Le pouvoir politique pourra-t-il refuser encore longtemps une vraie décentralisation ?


(1) Des précisions sur l’intérêt d’un emprunt défiscalisé tirées du livre du fiscaliste Pierre Lacombade et d’un article de Michel Duthoit.(cf. TIROIR)

(2) Des extraits d’un texte de Jean-Jack Queyranne.(cf. TIROIR)

(3) Les 11 revendications des Bonnets Rouges. (cf. TIROIR)

(4) Une analyse de « Produit en Bretagne » par Michel Nicolas et Pierre-Yves Le Rhun. (cf. TIROIR)



TIROIR : « Quel aménagement ? »

Documents consultables dans ce tiroir :


D’une épargne excessive vers un emprunt défiscalisé

Dans un Point de vue intitulé « Trop d’épargne nuit à la relance », (Ouest-France du 6 novembre 2012) Michel Duthoit, président de l’Association pour le développement des relations sociales (Adres), écrit: « …presque 4 000 milliards d’euros : c’est là le montant de l’épargne placée des Français ». Et plus loin : « …le budget public total annuel de la France, Sécurité sociale comprise, tourne autour des 800 milliards… Notre dette publique… culmine à 1 600 milliards d’euros. …Nous sommes co-détenteurs du record du monde de l’épargne avec un taux de 17% de revenus ainsi mis à l’écart ».

Michel Duthoit s’interroge : « …il est légitime de se garantir autant que possible mais n’y a-t-il pas, au regard de l’intérêt même de ceux qu’on veut protéger, à leur procurer plutôt de quoi travailler que de les assister ? » et il indique une solution : « Comment peut-on influer sur ce recours excessif à l’épargne ? …Une seule voie paraît possible : l’incitation financière… Pourquoi ne pas soulager au moins en partie l’impôt de ceux qui décaisseraient ? ».

Tout à fait d’accord avec cette proposition, en complétant ainsi la phrase : « …qui décaisseraient pour investir dans les entreprises et notamment dans un emprunt public destiné à soutenir la création d’emplois » .

Cette réflexion était déjà exprimée dans « Au nom des jeunes, plaidoyer pour l’emploi d’abord », un livre, édité en 1995 par la Pensée Universelle, du fiscaliste Pierre Lacombade dans lequel il soutenait qu’il fallait attirer l’argent placé dans des assurances-vie vers un grand emprunt national défiscalisé pour l’investir dans le développement économique. Hélas il prêchait chez les sourds.

Sur la base de ces réflexions d’économistes compétents, et sachant qu’en Bretagne aussi l’épargne est abondante, il serait donc rationnel et très opportun qu’un emprunt régional défiscalisé puisse être lancé par le Conseil Régional de Bretagne.


"Réformer l'Etat, c'est accorder l'autonomie régionale" (J.J. Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes)

Extraits d’un Point de vue publié dans Le Monde du 5 septembre 2005


Dans cet article J-J. Queyranne constate, avec exemples à l’appui, l’incapacité de l’État à se réformer : « Partout se dessine l’image d’une France où les capacités d’innovation, de créativité, de solidarité ne demandent qu’à s’exprimer. Mais elles se trouvent confrontées à une organisation et à une culture centralisées qui ne correspondent plus aux nécessités de notre époque ».

Il plaide pour une: « véritable régionalisation. Elle impose de faire sauter quatre verrous. D’abord, il faut pouvoir légiférer au niveau local. Le transfert de pouvoirs normatifs vers les régions est l’une des premières grandes évolutions dont nous avons besoin. Ils restent aujourd’hui la prérogative de l’État, alors que la diversité des situations justifierait, comme en Espagne ou en Italie, que l’élaboration de certaines lois ou règlements revienne au conseils régionaux… Il faut des budgets à la hauteur des besoins. Les finances locales constituent le deuxième point de blocage de l’action régionale. Aujourd’hui les régions ne perçoivent que 6% de la fiscalité locale et leurs budgets sont misérables. Partenaire de la Lombardie, de la Catalogne et du Bade-Wurtemberg au sein des « Quatre moteurs pour l’Europe », la région Rhône-Alpes dispose d’un budget très amputé par rapport à ses homologues : six fois moins que le budget lombard, huit fois moins que le catalan, dix fois moins qu’au Bade-Wurtemberg… La répartition des responsabilités pourrait aussi obéir à une logique plus fonctionnelle. Notre organisation fait exception par sa complexité… Il faut enfin moderniser les fonctionnements institutionnels. Des mesures s’imposent, propres à légitimer l’existence politique des régions. Comme un renforcement de la limitation du cumul des mandats… »

Et J-J. Queyranne de conclure ainsi :

« Face à la crise de l’État et de la démocratie représentative, la régionalisation est une alternative. Elle ne se réduit pas à des questions d’organisation de territoires ou de redistribution des compétences. Elle représente la forme moderne de la citoyenneté. Elle peut donner un nouveau souffle à l’action publique en ces temps de doutes et contribuer à faire bouger la France qui en a grand besoin ».

L’ensemble de ce texte est d’un fédéraliste convaincu, bien que l’expression « une France fédérale » ne soit pas employée. Rédigé en 2005, il reste pertinent en 2014 car la réforme de l’État reste à faire alors que le Parti Socialiste dispose maintenant du pouvoir d’« accorder l’autonomie régionale ».


États généraux des Bonnets Rouges

Morlaix, 8 mars 2014


Les onze revendications

A) Maintenir la gratuité des routes en Bretagne et supprimer définitivement l’éco-taxe.

B) Libérer les énergies et soutenir l’emploi par l’allègement des charges et des contraintes administratives.

C) En finir avec le dumping social et les distorsions de concurrence en Europe.

D) Relocaliser les décisions et les pouvoirs économiques en Bretagne.

E) Développer des infrastructures et des modes alternatifs de transport avec un rééquilibrage Ouest/Est.

F) Appropriation par les Bretons de la filière énergie et développement des énergies renouvelables.

G) Relocaliser la finance.

H) Officialiser la langue et la culture bretonnes.

I) Renforcer l’expérimentation, le dialogue, la transparence et le « vivre ensemble » en Bretagne.

J) Doter la Bretagne de ses propres médias audiovisuels et numériques.

K) Une Bretagne forte à cinq départements avec relocalisation des décisions politiques.

Ces revendications sont issues d’environ 15 000 « doléances » adressées aux organisateurs des États Généraux. Elles ne sont pas classées par ordre d’importance ou par thème et sont ici présentées dans une liste publiée dans la presse.

Une forte demande d’autonomie s’exprime à travers six revendications (D, F, G, H, J, K). C’est à l’évidence l’aspiration majeure qui caractérise un mouvement régionaliste, que l’on pourrait aussi qualifier de fédéraliste s’il concernait toute la France (3). On remarque que le verbe relocaliser revient plusieurs fois. L’association « Produit en Bretagne » a popularisé ce terme exprimant un lien causal entre l’acte d’acheter des produits fabriqués en Bretagne et le retour ou le maintien de l’emploi dans la région. Dans les revendications, il peut plus largement signifier décentralisation, en ne précisant pas au bénéfice de quel territoire, la Région, le Département ou le Pays.

Trois autres revendications sont présentes sur la liste :

1) La volonté de désenclavement qui persiste fort logiquement dans la Bretagne occidentale, qui supporte les frais de transport les plus élevés (A et E), 2) La demande d’avancées écologiques enracinées dans la région (E et F) mais des questions de fond comme la pollution ne sont pas abordées (pour ne pas diviser le mouvement ?). 3) Le soutien aux entreprises (B et C). Le dumping social vise ici les entreprises allemandes, notamment les abattoirs, qui emploient des travailleurs de l’Est avec des salaires de l’Est, d’où les distorsions de concurrence avec les abattoirs bretons.

Quant au « vivre ensemble » (I), c’est une aspiration qui ne concerne que les Bretons eux-mêmes et non une revendication adressée au pouvoir central.

Note :

Signalons un livre publié par les Éditions Dialogues en janvier 2014, « L’automne des Bonnets Rouges : de la colère au renouveau », rédigé par trois enseignants de l’Université de Bretagne Occidentale (Jacques Baguenard, professeur de droit constitutionnel et de sciences politiques, Erwann Charles et Hervé Thouement, maîtres de conférences en sciences économiques) et René Pérez, journaliste).

Dans Hebdo Bourse Plus du 24 janvier 2014, le professeur J. Baguenard déclare : « je considère qu’un système ne se modifie que par la dynamique de sa périphérie. Quand le premier ministre évoque la possibilité d’avoir une expérimentation durable par chaque et pour chaque région, on est en train de secouer le prêt-à-porter pour faire du sur-mesure. C’est évidemment la conséquence directe de la mobilisation en périphérie…Le défi des Bonnets Rouges, c’est qu’ils transforment leur exaspération en force de proposition en fédérant une sorte d’états généraux du renouveau pour la Bretagne ».



« Produit en Bretagne » : Analyse d’une puissante organisation innovante et spécifique

Par Michel Nicolas (politologue - Université Rennes 2) & Pierre-Yves Le Rhun (géographe - Université de Nantes)

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Les opérateurs économiques agités par la culture

Texte de Michel Nicolas in «Breizh, la Bretagne revendiquée, des années 1980 à nos jours» (extraits) Editions Skol Vreizh 2012. p 178 et ss.


Pendant longtemps la culture a été considérée comme n'entretenant que des liens très informels avec le développement économique. Une telle conception procédait du libéralisme comme du marxisme qui renvoyait la culture au rang de « superstructure ». C'est peu dire que ce schéma est désormais dépassé. La croissante prévalence de l'american way of life montre assez les liens que la culture entretient avec la puissance économique étasunienne (1), le phénomène jouant autant comme cause que comme effet. Il peut être observé à tous les échelons où s'inscrivent les politiques et les activités économiques : Union européenne, Etat ou échelons infra-étatiques. Les produits matériels sont associés à des représentations mentales, des identifications culturelles voire des fantasmes et des croyances. Ainsi naît l'image de marque, imprégnée non seulement de la qualité intrinsèque des produits, mais aussi de l'environnement culturel auquel ils sont associés. Comment en effet se désintéresser de la part d'identité culturelle enchâssée dans un produit marchand, déterminant un « marquage culturel » repérable tant par la population locale que par le marché extérieur ?

Il y a aussi une pertinence à chercher à évaluer en quoi une culture peut avoir pour effet de favoriser ou freiner le développement économique, et comment se réalise l'articulation entre un contexte socioculturel local et certains savoir-faire. Pendant longtemps l'application de certains archétypes à la Bretagne a eu pour effet d’opposer pérennisation de l'identité culturelle et développement économique, selon l’antonymie « tradition/modernité ». La situation est désormais totalement inversée.

La nature maritime de la Bretagne, son environnement, la facilité à la repérer sur une carte, la qualité d’une image très anciennement attestée, tout cela a favorisé son identification positive au sein du village planétaire. L'idée de connoter la qualité des produits bretons aux mérites allégués de la Bretagne n'est d'ailleurs pas nouvelle. Dès 1932, en effet, le projet est conçu par les Chambres de Commerce de créer la marque « Bretagne » pour faire face à une mévente de primeurs. A la Libération le mouvement breton se trouve à l'origine d'une initiative comparable. Il encourage l'achat de produits bretons dans la perspective de favoriser le développement ou, à tout le moins, assurer le maintien d'un marché intérieur : il s'agit alors d'accompagner la modernisation et le développement économique de la région. C'est ainsi que, dès l'après-guerre, certains amorcent une campagne sur le mot d'ordre « achetez breton ». Les premiers succès du CELIB sont pour le Mouvement Breton un encouragement à lancer une campagne plus ambitieuse en faveur des produits locaux. Dans le cadre de cette action, L'Avenir de la Bretagne rapporte en 1962 avoir mis en place 200 panneaux incitatifs.

Pourtant, malgré une conjoncture propice, le CELIB se trouvant à son apogée, la campagne est loin de produire les effets escomptés. Le CELIB confie le soin de perpétuer l'initiative au Comité Interprofessionnel de Propagande pour les Produits Bretons. La gamme proposée est très large, s'étendant aux conserves, salaisons, produits laitiers, biscuiteries et diverses productions artisanales (faïences, ébénisterie, tissage, broderie...) et même à une centaine de restaurants. La marque Bretagne privilégie la qualité, ce qui implique une sélection très stricte et des contrôles rigoureux. Malgré cela, le label « Bretagne qualité » tombe en désuétude à la fin des années 1960.

L'idée est reprise en décembre 1984 par l'association «made in Breizh » animée par Danièle Floc’hlay-Novello. Elle regroupe des entreprises aussi différentes que Brittany Ferries, les Constructions Modernes d'Armor, Hyperrallye ou la SICA de Saint-Pol-de-Léon. L'objectif est de « promouvoir les entreprises et les cultures en Bretagne (...), prendre en charge l'image d'une Bretagne conquérante et audacieuse ». Cette fois l'idée est plus clairement affirmée d'associer les produits à une image positive de la Bretagne. Mais le début de la décennie 1980 n'est guère porteur et l'entreprise tourne court.

Un peu plus tard la CRCI et l'institution régionale elle-même développent une campagne sur le thème « Bretagne tonique » et « Bretagne nouvelle vague », dans un contexte où la bonne image de la région continue à prospérer. En 1991 un sondage effectué par la SOFRES pour le Reader’s Digest révèle en effet que, au regard de toute une série de critères, la Bretagne occupe la première position au hit-parade des 22 régions. Il en ressort que 80% des personnes interrogées disent avoir « beaucoup » ou « assez de sympathie » pour les Bretons. (2)

En novembre 1993, enfin, une nouvelle association est lancée par bon nombre d'entreprises (notamment les groupes Even, Leclerc, Le Télégramme de Brest) et d'opérateurs économiques. Elle reprend l'idée de la marque Bretagne, dans l’idée de promouvoir les produits bretons en s'appuyant sur une sélection rigoureuse autour d’une exigence de qualité.

L’association naît officiellement en janvier 1995. Elle regroupe 30 membres issus des milieux industriels de l'agroalimentaire et des distributeurs sur les cinq départements bretons. Elle s'élargit par la suite à des sociétés de services et de biens culturels. Début 2012 elle compte 288 adhérents, dont 127 issus de l’agroalimentaire, représentant plus de 100 000 salariés et 3500 produits estampillés du logo représentant un phare en blanc, jaune et bleu. (3) Trois entreprises sur quatre sont des PME de moins de 250 salariés. Le tout représente un chiffre d’affaires de l’ordre de 15 milliards d’euros. Y sont associés aussi bien des industriels de l'agroalimentaire que des sociétés de distribution, des sociétés de services, des sociétés des biens d'équipement de la personne ou des sociétés de biens culturels : livres et presse, disques, films, festivals. On y trouve pêle-mêle Coop-Breizh, Les Editions du Télégramme, Les Editions Ouest-France, Keltia Musique, le Festival interceltique de Lorient, les Transmusicales de Rennes, ou le Festival des chants de marins de Paimpol.

La culture entre dans Produit en Bretagne dès 1998, quand Jean-Claude Simon, Président fondateur, demande à Jakez Bernard (Label productions) de créer un Collège Culture. Début 2008 l’association s’est dotée d’un logo spécifique « Culture et Création ». Elle lance le 13 novembre 2008 le premier catalogue culturel regroupant et valorisant ses produits. «En conciliant identité culturelle bretonne et développement économique, les maisons d'édition, de production et de diffusion bretonnes participent à la dynamisation de l'économie de notre région. Une action groupée dans ce secteur va permettre de mieux développer et de profiter de l’atout fabuleux dont bénéficie la Bretagne : son identité et sa vitalité culturelle» .(4)

Le 7 juin 2011 une nouvelle initiative est prise: créer une filiale baptisée «Bretagne Excellence» afin de commercialiser à l’international sous cette appellation une large gamme de produits de qualité.

En 1997 l'association conduit une étude sur l'image de la Bretagne. Il en ressort que «69% des Bretons accordent de l'importance à l'identité culturelle de leur région». (5) L'identification à la Bretagne à travers les produits locaux se révèle également très étroite, 73,6% des Bretons répondant positivement à la question : «A prix et qualité comparables, choisissez-vous le produit d'origine bretonne ?». Le but recherché est de déclencher et d'accompagner un mouvement de nature affective en faveur de la région, en réaction au phénomène de mondialisation. Selon une étude TMO réalisée en juin 2007, l’association est connue de 90 % de la population en Bretagne et de 21 % de celle d’Île-de-France. L’enquête menée en 2011 montre que « Produit en Bretagne » atteint dans la région un taux de 97% de notoriété, et de 49% en Île-de-France.

Le lancement de l'association Produit en Bretagne s'inscrit dans le cadre d'une plus vaste stratégie d'opérateurs économiques qui, par ailleurs, prennent l'initiative de créer l’Institut de Locarn, Cultures et stratégies internationales (6) inauguré en septembre 1994. Il affiche pour ambition de réunir les acteurs économiques les plus importants et les plus dynamiques, dans le cadre d'une plus vaste stratégie d'opérateurs économiques en vue de « concevoir et diffuser un nouveau modèle de développement qui ne soit pas fondé seulement sur l'économie et la finance mais repose aussi sur les réalités culturelles de la région » (7) .

L'image de la bretonnité a radicalement changé. Marquée d'une empreinte positive et articulée avec des perspectives d'avenir, elle se trouve désormais indissociablement liée à la modernité économique. Il n'est que d’observer la banalisation, sinon l'usage presque systématique, du drapeau breton, des hermines ou du triskell pour se convaincre que les enseignes marchandes intègrent le symbolisme breton ou celtique comme élément valorisant de l'activité commerciale.

Le milieu publicitaire n'est pas en reste, allant même jusqu’à faire usage de la langue bretonne, sinon comme outil de communication verbale, du moins comme support implicite du message, comme signe symbolique destiné à souligner une appartenance. Le conseil régional lui-même s’engage, puisque c’est avec son concours que le 28 janvier 2011 est lancée à Rennes une « marque de territoire », la première du genre dans une région. La « marque Bretagne » est conçue pour accroître l’attractivité de la Bretagne.


Notes :

  • Ainsi s'explique par exemple la vogue surprenante pour la fête de Halloween, encore totalement inconnue en France jusqu'au milieu des années 1990.
  • Sondage effectué du 24 au 28 mai 1991, selon la méthode des quotas, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes. Il n'est pas jusqu'à la commune léonarde de Plouguerneau (environ 6000 habitants) qui ne se voie décerner le «Prix de l'Europe pour 1990» : les villes ayant obtenu ce prix précédemment n'étaient rien moins que Turin, Strasbourg et Bordeaux.
  • « Pour intégrer le réseau, […] une commission évalue les demandes à l’aune du respect des valeurs de l’association : qualité de la production ou du service, respect d’engagements sociaux et environnementaux notamment. L’entreprise doit véritablement « produire en Bretagne ». Dans le textile, la barre est fixée à 100 % made in Breizh ». Interview de Jacques Bernard, président de l’association « Produit en Bretagne », Ouest-France, 6- 7 février 2010. Afin de tenir compte du fait que 70 % de ses adhérents sont des exportateurs, l’association a le projet de créer une filiale qui développerait une marque commune de vente à l’export.
  • Source : Baromètre d'image de la Bretagne. Bretagne, que dit-on de toi ? Association Produit en Bretagne. Étude réalisée par des étudiants de l’École Supérieure de Commerce de Brest, 1997.
  • Ibidem
  • Canton de Maël-Carhaix, Côtes-d'Armor. Au titre des think tanks en Bretagne, on peut citer aussi le « Club des 30 » ainsi que l'association des « Dîners celtiques », lesquels se déroulent à Paris.
  • Supplément à Enjeux du monde, septembre 1994.Eurorégions.Le modèle Locarn.



Puissance et stratégie de «Produit en Bretagne»

Texte inédit de Pierre-Yves Le Rhun, géographe



Une clé du succès : l’adhésion massive des grandes enseignes de vente

L’association crée en son sein un lien fort entre les adhérents producteurs et les adhérents commerçants, si bien que les produits bénéficiant du label PEB sont assurés d’une diffusion efficace auprès des consommateurs bretons grâce à l’impressionnant réseau commercial des supérettes, supermarchés et hypermarchés qui adhèrent à PEB (un millier de points de vente). L’étude de leur répartition spatiale se limitera aux hypermarchés en raison de leur poids dans le commerce de détail.

PEB Hypers enseignes.jpg


En 2011, on recense 196 hypermarchés sur les cinq départements, dont 189, soit 96%, sont adhérents à PEB. Il est évident que si le nombre des supermarchés est très voisin de celui des adhérents, leur répartition spatiale est quasiment identique. Or celle-ci se calque sur celle de la population puisque le commerce de détail recherche la proximité d’un gisement de clientèle. Dans cette logique, les hypermarchés se concentrent dans et autour des agglomérations et forment un anneau autour de la presqu’île en délaissant la Bretagne intérieure. C’est pourquoi aussi le département le plus peuplé, la Loire Atlantique, compte le plus d’hypermarchés (56) et le plus d’adhérents PEB (51). Si on leur ajoute ceux d’Ille et Vilaine, le total de 93 Hypermarchés représente 49% des adhérents PEB de Bretagne. Or la population des deux départements s’élève à 2 157 000 habitants, soit 50% de la population bretonne.

Michel Nicolas a souligné qu’une clé du succès de PEB réside dans le fort attachement des Bretons à leur région parce qu’il peut engendrer une préférence nette des consommateurs envers les produits bretons. Si la distribution spatiale des hypermarchés adhérents à PEB est aussi clairement liée au peuplement, on peut penser que, dans chacun des départements bretons, le niveau du sentiment d’appartenance est du même ordre.

PEB est une association d’origine finistérienne mais ce n’est pas décelable sur la carte car c’est toute la Bretagne qui est maintenant intégrée dans le réseau PEB. Par exemple le territoire de la communauté urbaine de Nantes compte 20 hypermarchés dont 18 adhèrent à PEB. Une telle démarche quasi unanime de la part d’acteurs économiques confirme que le comportement des Nantais vis-à-vis des produits bretons ne diffère pas de celui des autres consommateurs de Bretagne.

Surprenante et totalement inédite, l’entente règne entre les grandes enseignes lorsqu’il s’agit de promouvoir les productions bretonnes, tout en restant en concurrence directe au quotidien. Chaque année pour la Saint-Yves, un prospectus commercial (ci-après la couverture d’un dépliant de huit pages) présentant des produits labellisés PEB, est édité en commun par les grandes enseignes adhérant à PEB et distribué dans tous les foyers des cinq départements bretons. Ce genre d’action illustre la force de la liaison que le réseau PEB a instauré entre les industriels et les distributeurs, ce qui facilite les référencements de produits bretons auprès des grandes surfaces commerciales en Bretagne mais aussi au-delà, notamment en région parisienne.

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Une seconde clé: le renfort des banques

Sept banques sont membres de PEB: Caisse d’épargne, CIC, Crédit agricole de Bretagne, Crédit maritime Bretagne, Crédit mutuel de Bretagne, Groupama Bretagne et depuis 2013 la Banque Populaire Atlantique. Leur principal motif d’adhésion est la conviction que leur avenir passe par le maintien et si possible l’accroissement des emplois régionaux et elles se sentent donc en phase avec la démarche de PEB qui favorise la promotion d’entreprises ancrées dans le territoire. En retour les banques bénéficient de l’image positive de PEB. Leur adhésion les font paraître aux yeux de leurs clients comme solidaires d’une organisation travaillant de façon concrète à construire l’avenir de la Bretagne. On comprend dès lors que ces banques puissent, à l’occasion, dépasser leurs rivalités. En 2011 elles ont financé en commun une campagne sur Internet pour attirer l’attention des consommateurs sur les conséquences de leurs achats : en privilégiant les produits bretons, ils contribuent à « relocaliser » des emplois dans la région.


« Produit en Bretagne », acteur de l’aménagement du territoire

Dès sa création, l’association a exprimé sa volonté de promouvoir « un développement territorial durable et responsable » (dossier de presse 27 février 2009). Qu’en est-il sur le terrain ? Parmi les emplois créés dans les entreprises adhérentes il est difficile de quantifier ceux qui découlent de l’activité du réseau. Cependant personne ne doute d’un effet PEB car il existe bien une synergie interne entre producteurs, commerciaux et banques, mais elle est limitée par les lois du marché.

Certes les grandes surfaces de vente donnent aux produits labellisés PEB leur chance de rencontrer les consommateurs mais ils les retirent des rayons en cas de mévente. Cependant, quand le réseau PEB cherche à développer l’exportation vers les régions françaises et européennes, il dispose d’un atout : la présence dans ses rangs de grandes enseignes commerciales peut faciliter des opérations promotionnelles hors Bretagne.

De même les banques accordent des crédits aux entreprises bien gérées et susceptibles de se développer. La marque PEB est seulement un plus dans l’évaluation. En fait la synergie serait plutôt indirecte : l’appartenance au PEB inciterait les banques à favoriser le développement local en investissant de préférence l’épargne collectée en Bretagne dans le réseau des entreprises régionales. Il serait intéressant de disposer de données chiffrées sur ce point.

Une autre source de synergie découle de l’activité de nombreux groupes de travail qui réunissent les compétences existant au sein d’entreprises diverses sur un sujet donné comme le développement durable. Les échanges d’information font progresser des entreprises dans divers domaines et peuvent mener à des coopérations. PEB épaule aussi des créateurs d’entreprises innovantes dans son « incubateur » :19 entreprises créées de 2006 à 2011.

Pour autant, PEB ne fonctionne pas en cercle fermé. Pour plus d’efficacité, le réseau d’entreprises a établi des liens avec des laboratoires de recherche des universités et cinq grandes écoles régionales, mais aussi avec des cabinets juridiques dont un membre de PEB, Avoxa . Par ailleurs et en cohérence avec l’une de ses options essentielles, PEB est cofondateur de la chaire Développement Durable de l’Ecole des Mines de Nantes.

En stimulant l’économie régionale, le réseau PEB se comporte en acteur important de l’aménagement du territoire régional, un rôle précieux du fait de la quasi disparition d’une politique nationale et de la faiblesse des moyens du Conseil régional. En accordant son label à des créateurs de petites entreprises, souvent dispersées, PEB contribue à maintenir des emplois en zone rurale et dans les villes petites et moyennes et donc à limiter leur concentration sur Nantes et Rennes. Par sa démarche d’auto-organisation, Produit en Bretagne a réussi à créer le plus important réseau économique de Bretagne et le nombre de ses adhérents est en constante augmentation. Son rôle de moteur économique est reconnu par le Conseil régional de Bretagne et les conseils généraux des cinq départements bretons.


« Produit en Bretagne » dans le maquis des marques territoriales

Une organisation agissant à l’échelle d’une région, composée d’entreprises liées par un intérêt commun à long terme et partageant une vision globale des défis à relever dans la compétition mondiale, peut se définir comme une forme inusitée d’économie solidaire. Produit en Bretagne répond à cette définition mais d’autres marques territoriales existent en Europe.

Des marques se sont multipliées dans des régions européennes pour promouvoir des territoires face à la concurrence mondiale. Certaines sont des marques locales pour protéger le produit d’un terroir, dans l’esprit des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) dont bénéficient le cidre du Pays d’Auge en Normandie et celui de Cornouaille en Bretagne.

A l’échelle régionale apparaissent des marques créées pour promouvoir l’image d’une région et renforcer son attractivité. C’est le sens de la marque « Bretagne » initiée en 2011 par le Conseil Régional de Bretagne (les entreprises de Loire Atlantique peuvent en bénéficier également), ou la marque « Alsace » lancée en 2012.

Dans quelques régions françaises bénéficiant d’un sentiment d’appartenance suffisamment fort pour motiver les consommateurs, se sont créés des réseaux d’entreprises qui se dotent d’une marque régionale. En Normandie, « Gourmandie », créée en 2003 (une centaine d’entreprises fin 2011) vise à « la valorisation des produits de la région, la reconnaissance de l’appartenance à la Normandie et la fierté de l’origine normande ». Seuls les produits alimentaires sont concernés. Dans la région Nord-Pas de Calais cette orientation se retrouve dans « Saveurs en ‘Or », une marque créée en 2004 (189 entreprises fin 2011).

Certes « Produit en Bretagne » est également un réseau d’entreprises se dotant de ses propres critères de qualité et s’organisant à l’échelle d’une région. Sa spécificité n’est pas tellement dans son objectif mais plutôt dans son ouverture à tous les secteurs économiques, dans son implication dans une culture régionale vivante et dans son envergure.


Des perspectives de croissance pour un tracteur économique

Produit en Bretagne a manifestement gagné la confiance des consommateurs bretons, c’est un point capital. Un autre atout majeur réside dans la dynamique de coopération entre les entreprises adhérentes, ce qui laisse le champ libre à des initiatives multiples. Il est donc fort probable, sauf cas de crise économique sévère, que PEB va continuer à cumuler une croissance interne, par développement de la production des entreprises adhérentes, et une croissance externe par de nouvelles adhésions. Cette expansion peut se prolonger tant que l’appartenance au réseau apportera un plus pour les entreprises, notamment pour améliorer les modes de production et pour faciliter l’accès au marché.

Sur ce dernier point, la récente création d’une filiale Bretagne Excellence pour l’exportation, s’ajoute à la gamme des avantages que PEB apporte aux membres du réseau . Ses débuts sont encourageants : dès sa première année de fonctionnement en 2012, une cinquantaine de produits bretons ont été exportés.

La croissance génère la puissance. Produit en Bretagne est déjà une locomotive économique capable de créer un « incubateur » d’entreprises et de prendre d’autres initiatives déjà citées. Progressivement le réseau fait figure d’acteur régional de premier plan dans l’aménagement du territoire. Il pourrait sans doute lancer son propre fonds d’investissement avec le concours de ses adhérents et en particulier des banques. Grâce à son capital de confiance auprès du public, il pourrait inciter les épargnants à investir davantage dans la croissance des entreprises bretonnes.

Il est également évident que Produit en Bretagne, par le dynamisme de ses entreprises et le nombre de leurs salariés, sera de plus en plus un partenaire incontournable pour définir et appliquer une stratégie régionale de développement économique. Il pourrait également appuyer les démarches des élus bretons auprès du gouvernement sur de grands dossiers dont une décentralisation de l’Etat à la hauteur des attentes et la réunification administrative de la Bretagne. Sans prendre directement position sur cette question, le réseau PEB va dans ce sens en passant outre les limites administratives pour réaliser à son niveau l’unité économique de la Bretagne, comme en témoigne cet extrait du dossier de presse de l’assemblée générale de PEB tenue à Nantes le 27 février 2009 : « Depuis son origine, Produit en Bretagne accueille en son sein les entreprises de Loire-Atlantique. Les actions de Produit en Bretagne intègrent donc naturellement 5 départements bretons ».



Sources :

  • Le site www.produitenbretagne.com
  • Enquête auprès de responsables du réseau Produit en Bretagne et auprès d’entreprises adhérentes
  • Assistance à des Assemblées Générales et à un colloque sur la relocalisation
  • Presse régionale.



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