Géographie de la Bretagne/Un littoral à protéger

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Version du 30 septembre 2015 Ă  13:46

Sommaire

Un littoral à protéger (1994)

Auteur : Yves Lebahy




Les mutations rĂ©centes de la politique littorale : de la protection Ă  la prĂ©servation (2014)

Auteur : Yves Lebahy


Si les annĂ©es 70/90 avaient orientĂ© leur action vers la protection du littoral pour rĂ©pondre aux atteintes qui le menaçaient, il en va tout autrement des annĂ©es 2000. Pressions accrues sur le littoral, problĂšmes et enjeux multipliĂ©s, Ă©volution des politiques ont conduit Ă  une rĂ©flexion plus complexe qui s’est traduite en Bretagne par l’élaboration de la « Charte des espaces cĂŽtiers bretons Â» de dĂ©cembre 2007 et sa mise en application en 2008. Toutefois de nombreuses questions restent en suspens


Un territoire sous pression :

PhĂ©nomĂšne amorcĂ© depuis les annĂ©es 60, le littoral de la rĂ©gion est l’objet d’un intĂ©rĂȘt croissant notamment Ă  partir des annĂ©es 1998/2000. A ces dates se conjuguent les effets d’un renforcement des flux d’immigration sur la rĂ©gion (attrait de la rĂ©gion au dĂ©triment d’autres destinations), ceux d’un accroissement du phĂ©nomĂšne de villĂ©giature (rĂ©sidences secondaires : 14% du parc immobilier rĂ©gional, situĂ©es pour les 2/3 sur le littoral) et en corrĂ©lation ceux d’un marchĂ© immobilier spĂ©culatif. Depuis, le phĂ©nomĂšne n’a guĂšre faibli, mĂȘme avec la crise dont les effets ne paraissent perceptibles sur le littoral que depuis 2011 avec un ralentissement de la spĂ©culation immobiliĂšre.

A l’instar des littoraux les plus touristiques de la planĂšte, les cĂŽtes de la Bretagne ont attirĂ© des populations nouvelles Ă  la recherche d’un cadre de vie plus attrayant. Sur les 35 000 habitants venus en 2010 dans la rĂ©gion, 57% se sont installĂ©s sur le littoral ou la zone rĂ©tro littorale lesquelles dĂ©sormais concentrent 80% de la population. PrĂšs d’un tiers de ces nouveaux venus a plus de 60 ans et intervient dans 57% des transactions immobiliĂšres. Ainsi, sur de nombreuses portions du littoral, une Ă©conomie de villĂ©giature s’est mise en place, reposant sur un habitat de rĂ©sidences secondaires et/ou de retraite (14% du parc de logements dont les 2/3 sur le littoral avec des taux de 75 Ă  80% sur certaines communes) qui densifie l’espace et l’artificialise, faisant actuellement de la Bretagne une des rĂ©gions françaises oĂč cette consommation s’accroĂźt le plus rapidement (plus de la moitiĂ© des 6500 ha de terres consommĂ©s chaque annĂ©e en RĂ©gion Bretagne). Cette orientation non maĂźtrisĂ©e gĂ©nĂšre un nombre croissant de problĂšmes.

Alors que le phĂ©nomĂšne s’intensifie, nous en mesurons chaque jour les effets pervers : spĂ©culation immobiliĂšre et fonciĂšre, appĂ©tit de constructions, urbanisation en nappe et dĂ©structurĂ©e, congestion des villes ports, artificialisation croissante des sols et dĂ©sir contradictoire de sanctuariser ces espaces au nom de la dĂ©fense d’un environnement idĂ©alisĂ© ; mais aussi, en corrĂ©lation, sĂ©grĂ©gation sociale et gĂ©nĂ©rationnelle et surtout Ă©viction progressive des activitĂ©s primaires et industrialo portuaires qui ont construit ce littoral, en ont dĂ©fini au fil des siĂšcles des cultures, une identitĂ© et un patrimoine particuliers.


De la protection Ă  la prĂ©servation :

Cette pression touristique croissante, cette densification littorale, l’attrait Ă©conomique rĂ©cent des ocĂ©ans qui multiplie les fonctions littorales, ont eu au moins trois incidences : une dĂ©gradation des paysages, des conflits d’usages, des dĂ©sordres environnementaux.

Le premier rĂ©flexe a Ă©tĂ© de protĂ©ger. Toutes les politiques publiques lancĂ©es depuis 1959, date de crĂ©ation des premiers « PĂ©rimĂštres sensibles Â», Ă  la loi Littoral (3 janvier 1986) et la loi sur l’eau (3 janvier 1992) sont allĂ©es dans ce sens. En dĂ©pit de sa nĂ©cessitĂ©, tout un arsenal de mesures de protection a montrĂ© ses limites et Ă©tĂ© parfois l’objet de vives critiques. C’est le cas de la loi Littoral dont les bienfaits pour le littoral breton sont pourtant Ă©vidents. En effet, la pression du phĂ©nomĂšne de villĂ©giature y est arrivĂ©e aprĂšs qu’elle soit entrĂ©e en application, empĂȘchant ainsi des atteintes lourdes Ă  ses rivages comme cela a pu ĂȘtre le cas ailleurs. Mais toutes ces mesures dĂ©cidĂ©es par l’Etat sont arrivĂ©es Ă  posteriori par rapport aux atteintes Ă  endiguer, se sont imposĂ©es aux populations et aux Ă©lus locaux, ont dissĂ©quĂ© l’espace le rendant illisible (une fonction = un pĂ©rimĂštre), sont devenus par leur multiplicitĂ© une jungle rĂ©glementaire difficile Ă  dĂ©crypter. Elles ont, par ailleurs, ignorĂ© la zone rĂ©tro littorale et l’espace marin aujourd’hui tout autant affectĂ©s, d’oĂč les nombreuses critiques formulĂ©es Ă  leur encontre.

Dans les annĂ©es 90, les politiques de protection avouant leurs limites, une sĂ©rie de rapports nationaux, europĂ©ens et internationaux ont alors prĂŽnĂ© une autre orientation des politiques littorales. (1) Peu Ă  peu, une nouvelle approche prenait forme substituant Ă  la notion de protection celle de prĂ©servation (prae servare = faire attention, Ă©pargner par anticipation). Celle-ci remplace peu Ă  peu les anciennes politiques imposĂ©es de l’Etat par une gouvernance participative reprĂ©sentant tous les acteurs, Ă©largissant le seul espace littoral terrestre Ă  une vision spatiale plus large, liant dans une interdĂ©pendance complexe les diffĂ©rents milieux naturels composant un littoral (la mer, l’estran, la cĂŽte, l’hinterland). C’est donc Ă  un nouveau « contrat social Â», global et durable, qu’invite, dans une vision stratĂ©gique d’amĂ©nagement Ă  long terme, cette nouvelle politique dite de Gestion intĂ©grĂ©e des zones cĂŽtiĂšres (GIZC). On la retrouve dans les orientations du « Grenelle de la Mer Â» dĂ©finies en 2009 aprĂšs de larges consultations des diffĂ©rents acteurs vivant sur ces espaces littoraux.

Renouant avec les rĂ©flexions prĂ©monitoires du SALBI de 1975 (SchĂ©ma d’AmĂ©nagement du Littoral Breton et des Iles), trĂšs en avance sur son temps, la RĂ©gion Bretagne s’est emparĂ©e de cette notion de GIZC, prĂ©sentant en dĂ©cembre 2007 sa « Charte des espaces cĂŽtiers Bretons Â» qui tente d’orienter aujourd’hui nombre de politiques littorales locales Ă  travers la mise en place d’une instance rĂ©gionale de concertation. La ConfĂ©rence rĂ©gionale de la mer et du Littoral regroupe en 5 collĂšges les diffĂ©rents acteurs concernĂ©s (membres de la ConfĂ©rence territoriale, collectivitĂ©s locales, Etat, organisations socio-professionnelles, associations, experts).

Ainsi en France, la Bretagne est dĂ©sormais devenue un exemple en matiĂšre de politique littorale. Reste toutefois Ă  sensibiliser la population, Ă  se doter localement des organes de gestion et des compĂ©tences nĂ©cessaires Ă  la mise en Ɠuvre de cette politique. Car celle-ci est complexe, suppose des pratiques de gouvernance bien diffĂ©rentes de celles en place ainsi qu’une relecture des espaces et du temps.


De la mer Ă  la terre :

Nous vivons donc actuellement une pĂ©riode de transition en matiĂšre de politique littorale. Certes les mesures anciennes de protection poursuivent leur rĂŽle : loi Littoral, propriĂ©tĂ©s du Conservatoire du littoral, OpĂ©rations Grand Site, SMVM, pĂ©rimĂštres Natura 2000 Ă  terre et en mer tissent leur toile en matiĂšre de protection. Mais peu Ă  peu la nature de leur action a changĂ©. Il ne s’agit plus de protĂ©ger, de « mettre sous cloche Â» ces espaces. Il faut au contraire les faire vivre, insĂ©rer leurs fonctions dans une approche globale, intĂ©grant les dynamiques environnementales, les activitĂ©s humaines et leurs Ă©volutions, les enjeux de demain. Ainsi le Conservatoire du littoral se prĂ©occupe depuis quelques annĂ©es de la mise en valeur agricole des terres qu’il possĂšde ; ainsi les ComitĂ©s des pĂȘches revendiquent la gestion des espaces Natura 2000 en mer pour prĂ©server la ressource et participent Ă  de nombreux projets de cantonnement Ă  travers les politiques Ă©oliennes et hydroliennes en mer (cas du secteur de Paimpol/ BrĂ©hat). Mais c’est une approche plus complexe des territoires qui apparaĂźt aujourd’hui nĂ©cessaire, considĂ©rant dorĂ©navant le gĂ©osystĂšme littoral dans son ensemble comme un espace unique (par gĂ©osystĂšme, concept paru en 1968, il faut entendre la combinaison des Ă©cosystĂšmes et des anthroposystĂšmes). Il y a en effet nĂ©cessitĂ© Ă  le considĂ©rer dans sa globalitĂ© pour mieux en maĂźtriser les interactions complexes, c'est-Ă -dire en intĂ©grant toutes les composantes de cet espace d’interfĂ©rence oĂč l’eau constitue le dĂ©nominateur commun et vital pour tous: la mer, la mer bordiĂšre si essentielle, ses Ăźles, l’estran, la cĂŽte, le littoral, la zone rĂ©tro littorale, l’hinterland rural.

Cela suppose un changement radical des reprĂ©sentations, impliquant la prise en compte des enjeux Ă  partir de la mer et non plus du continent. En prĂ©server son Ă©tat pour en assurer les Ă©quilibres (morphologiques, halieutiques) suppose, en effet, de remettre en cause nos pratiques de vie, essentiellement terrestres. Vaste projet supposant une rĂ©volution des comportements et des esprits. Il convient alors de gĂ©rer ce milieu d’interface en responsabilisant les populations qui y vivent et y travaillent, ce qui suppose une instance de gestion unique pour traiter tous Ă  la fois les problĂšmes et des territoires d’action adaptĂ©s et cohĂ©rents Ă  l’égard de cette politique.

Le concept de Pays maritime et cĂŽtier, apparu en 1999 et s’inscrivant dans la dĂ©marche de reconnaissance du Pays comme une structure de base du territoire breton serait sans doute le mieux Ă  mĂȘme de rĂ©pondre Ă  de tels objectifs, mais les orientations nationales, bien qu’en reconnaissant tout l’intĂ©rĂȘt, semblent dĂ©sormais tourner le dos Ă  ce mode d’autogestion responsable, solidaire et direct, parfaitement en adĂ©quation avec cette notion de GIZC.

Toutefois, Ă  travers les SMVM (SchĂ©mas de Mise en Valeur de la Mer) actuellement en place, les projets de Parcs Naturels RĂ©gionaux (un sur le golfe du Morbihan sur le point de se concrĂ©tiser aprĂšs de longues tentatives, d’autres Ă  l’étude en baies de Morlaix et du Mont Saint Michel), de Parcs marins (celui d’Iroise dĂ©jĂ  fonctionnel ; un second en attente sur le Mor Braz), c’est bien en ce sens qu’évolue la politique littorale aujourd’hui.

On peut regretter la lenteur de la mise en place de ces Aires Marines ProtĂ©gĂ©es (AMP), mais les dĂ©marches sont complexes et supposent de remettre en cause de nombreux intĂ©rĂȘts particuliers et les reprĂ©sentations. L’enjeu est pourtant essentiel car il dĂ©finit le « projet de vie Â» futur de nos sociĂ©tĂ©s littorales, voire de la rĂ©gion toute entiĂšre dans le cadre d’un « nouveau contrat social Â».

(1) ch. 17 de l’agenda 21 de la ConfĂ©rence de Rio en 1992 Ă©voquant la notion de « gestion intĂ©grĂ©e et de dĂ©veloppement durable des zones cĂŽtiĂšres Â» ; expĂ©rimentation lancĂ©e en 1995 par la CE de cette notion « d’AmĂ©nagement intĂ©grĂ© des zones cĂŽtiĂšres Â» ; 1er bilan d’application de la loi Littoral de fĂ©vrier 1999 ; recommandation du Parlement europĂ©en et du Conseil relative Ă  la mise en oeuvre d’une stratĂ©gie de gestion intĂ©grĂ©e des zones cĂŽtiĂšres de mai 2002 ; rapport d’aoĂ»t 2004 de la DATAR « pour un «dĂ©veloppement Ă©quilibrĂ© du littoral Â».



Bibliographie indicative :

  • EUZENES Pierre et LE FOLL François (rapporteurs), Pour une gestion concertĂ©e du littoral en Bretagne, Conseil Economique et Social RĂ©gion Bretagne, Juin 2004.
  • BOUYER Christine (sous la direction), Construire ensemble un dĂ©veloppement Ă©quilibrĂ© du littoral, Etude prospective DATAR, La documentation Française, 2004.
  • LEBAHY Yves et LE DELEZIR Ronan, Le littoral agressĂ© - Pour une politique volontariste de l’amĂ©nagement en Bretagne, Editions ApogĂ©e, Novembre 2006.
  • RĂ©gion Bretagne, La charte des espaces cĂŽtiers bretons, DĂ©cembre 2007. LE RHUN P.Y., LE SANN A., LEBAHY Y., LESCOAT J., MARIE G., OLLIVRO J., PERON F., TOCQUER P., Bretagne : un autre littoral, Ă©ditions ApogĂ©e, Janvier 2009.
  • GUYOMARC’H Jean Paul et LE FOLL François (rapporteurs), Milieux cĂŽtiers, ressources marines et sociĂ©tĂ©, Conseil Economique et Social RĂ©gion Bretagne, DĂ©cembre 2011.
  • MERCKELBAGH Alain, Et si le littoral allait jusqu’à la mer ! La politique du littoral sous la Ve RĂ©publique, Editions Quae, Mars 2009.


Ces informations cartographiques ne remettent nullement en cause l’existence des mesures de protection dĂ©crites dans la carte de 1993 (p.175). Au contraire, elles s’y superposent, Ă©largissant le spectre des moyens de protection et prĂ©servation, tant Ă  terre qu’en mer.



TIROIR : La protection du littoral

Les aires marines protégées (AMP)

Auteur : Yves Lebahy


La notion « d’aires marines protĂ©gĂ©es Â» existe depuis longtemps mais elle rĂ©apparaĂźt sous la forme d’un RĂ©seau dans la Directive Cadre StratĂ©gique pour le Milieu Marin (DCSMM) – 2008/56/CE - du Parlement europĂ©en et du Conseil du 17 Juin 2008.

Elle offre ainsi un cadre communautaire d’action permettant « aux Etats membres de prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour rĂ©aliser ou maintenir un bon Ă©tat Ă©cologique du milieu marin, au plus tard en 2020 Â», s’appliquant jusqu’à la limite des 200 milles. Elle a Ă©tĂ© reprise dans le Grenelle de la mer en tant que stratĂ©gie nationale.

« Une Aire Marine ProtĂ©gĂ©e est un espace dĂ©limitĂ© en mer, au sein duquel un objectif de protection de la nature Ă  long terme a Ă©tĂ© dĂ©fini et pour lequel un certain nombre de mesures de gestion sont mises en Ɠuvre telles que le suivi scientifique, le programme d’action, les bonnes pratiques , la rĂ©glementation, la surveillance, l’information au public. L’objectif n’est pas exclusif d’autres objectifs ». (1)

Aussi en certains cas, assiste-t-on Ă  une revendication des comitĂ©s des pĂȘches d’assumer cette responsabilitĂ© et d’assurer le suivi scientifique de ces aires avec l’aide de chercheurs. La survie des pĂȘches cĂŽtiĂšres en dĂ©pend en effet. Six catĂ©gories d’aires sont rĂ©pertoriĂ©es :

- les Parcs nationaux

- Les réserves naturelles régionales

- Le domaine public maritime affecté au Conservatoire du Littoral

- Les sites Natura 2000

- Les arrĂȘtĂ©s de protection de biotope

- Les Parcs Naturels Marins

A cela s’ajoutent : les cantonnements de pĂȘche, les Parc Naturels RĂ©gionaux avec territoire en mer, les rĂ©serves de la BiosphĂšre, les sites RAMSAR, etc.

La stratĂ©gie nationale prĂ©voit la constitution d’un rĂ©seau cohĂ©rent couvrant 10% des zones sous juridiction française d’ici 2012, 20% d’ici 2020, dĂ©veloppant ainsi la « Trame verte et bleue Â» proposĂ©e dans le Grenelle de l’environnement.


(1) Jean Paul GUYOMARC’H et François LE FOLL (rapporteurs), Milieux cĂŽtiers, ressources marines et sociĂ©tĂ©, CESR de Bretagne, DĂ©cembre 2011, p. 199.



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